Sélection massale ou clonale de la vigne. Quelles différences ?

Sélection massale, clonale de la vigne

CR : J Cassagnes

Sélectionner, c’est choisir et multiplier une souche plutôt qu’une autre, parmi une variété.

En viticulture, la sélection dite « massale »

consiste à repérer sur ses parcelles les pieds portant les meilleurs fruits ou qui paraissent les plus intéressants, puis à prélever des fragments de sarment et les multiplier, pour ensuite les replanter. Elle est par exemple utilisée par les viticulteurs désireux de conserver le patrimoine viticole d’une très vieille vigne ou d’améliorer la qualité d’un cépage donné. Deux années environ sont nécessaires pour y parvenir.

Même si certains viticulteurs la pratiquent encore aujourd’hui, de façon « privée », cette méthode était surtout utilisée avant le développement dans les années 1970 de la sélection clonale. La sélection massale n’est en effet pas sans risque, vis-à-vis notamment de la transmission de maladies comme les viroses : enroulement ou flavescence dorée. Elle ne permet pas non plus d’atteindre de façon sûre tous les objectifs agronomiques et œnologiques souhaités. Pour ces raisons, la sélection clonale, effectuée par l’IFV, a alors pris le relais.

Sélection Clonale

Contrairement à la première technique, cette seconde méthode intègre tout un ensemble d’évaluations agronomiques, œnologiques et sanitaires, accompagnées de tests virologiques. La sélection clonale consiste, à partir d’une seule souche sélectionnée, à une reproduction à l’identique d’un individu dans le but d’obtenir des clones. Les clones commercialisés aujourd’hui et inscrits au catalogue Entav correspondent donc au plus haut niveau de qualité sanitaire et de précision agronomique et œnologique. La sélection clonale est donc une sélection massale « améliorée » et leur différence ne porte finalement pas sur le nombre mais sur le niveau de précision.

Mais à l’inverse de la sélection massale, elle présente l’inconvénient de conduire inéluctablement à la réduction de la diversité génétique, dans la mesure où toutes les souches ne répondant pas aux critères de sélection sont écartées dans le processus. Cette technique demeure aussi très longue à aboutir : il faut compter entre 10 à 15 ans entre le besoin exprimé et la commercialisation du clone, possible après inscription au catalogue Entav !

Pour les vignerons désireux de conserver le patrimoine génétique de leur domaine, sans pour autant prendre de risque sanitaire, certains pépiniéristes proposent désormais des prestations de sélection massale accompagnées des tests sanitaires.

La sélection clonale consiste à repérer sur une souche initiale de populations de vigne, des mutations intéressantes, puis à les conserver et les multiplier par simple bouturage. Dans ce cas, on a une conservation de l’identité variétale de la souche initiale. L’opération peut être répétée à l’infini. 

JC

Une réflexion au sujet de « Sélection massale ou clonale de la vigne. Quelles différences ? »

  1. La sélection clonale a, comme vous le précisez, l’inconvénient majeur de fortement réduire la diversité génétique. Cet argument peut s’avérer contre productif vis à vis des problèmes sanitaires. Si, à l’origine, la souche sélectionnée est bien garantie exempte de problème sanitaire, elle peut s’avérer génétiquement sensible à un futur problème. L’ensemble de la parcelle sera alors concernée par ce parasite, ce ravageur, cette sensibilité climatique…
    L’exemple est illustré par la sélection fruitière où 10 à 15 années sont nécessaires pour créer une nouvelle variété résistante et, au moment de sa commercialisation, les résistances sont contournées par une nouvelle souche… Beaucoup de travail pour peu de résultats, et on s’acharne en plus, avec toujours et irrémédiablement un train de retard sur la variabilité naturelle des ravageurs et parasites… Ces efforts là ne sont pas mis dans d’autres études peut être plus porteuses…
    De plus, en viticulture, la sélection clonale mène vers une grande homogénéité des vins (pour un terroir donné) à l’heure où la tendance va, me semble-t-il vers une meilleure valorisation de la typicité … Ne vaut il pas mieux travailler sur plus de variabilité, garante selon moi, d’une meilleure stabilité et d’une meilleure résilience face aux aléas ?

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