Comment les arbres créent-ils de la biodiversité ?
Des habitats multiples pour la faune
L’intégration d’arbres multiplie les strates végétales sur une même surface : racines profondes, litière au sol, canopée feuillue. Chaque niveau propose des refuges, lieux de nidification, ressources alimentaires (baies, insectes, nectar, lichens…) pour une foule d’espèces :
- Invertébrés du sol (vers de terre, coléoptères, champignons mycorhiziens)
- Oiseaux (rouge-gorge, pie-grièche, mésanges, chouette chevêche…)
- Mammifères auxiliaires (hérissons, chauves-souris, micro-mammifères chasseurs d’insectes)
- Pollinisateurs (abeilles sauvages, syrphes…)
Des études menées sur de grandes cultures céréalières équipées de bandes boisées montrent que la diversité d’oiseaux peut être multipliée par 2 à 3, et celle des papillons par 4, par rapport à des parcelles nues (AgroBioTech Gembloux, revue Agriculture, Ecosystems & Environment, 2018).
Corridors écologiques et trames vertes
Ces rangées d’arbres ou de haies font office d’autoroutes vertes, permettant aux espèces mobiles (insectes, amphibiens, mammifères) de circuler d’une zone naturelle à une autre. C’est crucial dans un contexte où le morcellement des habitats est une des causes majeures d’effondrement de la faune. Par exemple, un mésopredateur comme la fouine, ou un pollinisateur comme le bourdon, retrouve grâce à ces corridors la capacité de recoloniser le paysage agricole.
La politique de la "trame verte et bleue" en France, déclinée à l’échelle régionale, s’appuie sur la restauration d’une continuité écologique, dont l’agroforesterie est un pilier central (Ministère de la Transition Écologique).
Régulation naturelle des ennemis des cultures
Diversifier le paysage, c’est aussi attirer les régulateurs naturels des pucerons, charançons ou limaces. Les haies et les arbres hébergent des auxiliaires : coccinelles, syrphes, crisopes côté insectes ; mésanges et chauves-souris côté vertébrés. L’INRAE estime qu’une haie de 100 m peut héberger jusqu’à 1 200 insectes prédateurs différents en haute saison (Source : INRAE, 2020).
À l’échelle d’un territoire, cela peut réduire significativement le recours aux insecticides, offrant ainsi un bénéfice économique et environnemental direct.