Les autorisations indispensables pour piloter un drone agricole
- 1. Obtenir son attestation de télépilote
- 2. Enregistrer et déclarer son drone
- 3. Respecter les scénarios de vol de la DGAC
- 4. Souscrire une assurance responsabilité civile professionnelle
- 5. Démarches spécifiques à la pulvérisation aérienne
1. Le brevet de télépilote : socle de la réglementation
Pour tout vol dans un cadre professionnel, le pilote doit justifier d’un certificat théorique de télépilote, obtenu auprès de la DGAC. Cette obligation s’applique dès le moment où le drone dépasse 800 grammes ou si l’usage implique des vols hors vue, des survols de zones habitées ou de personnes, ou l’emploi de drones pour l’épandage aérien.
Le certificat, instauré par l’Arrêté du 18 mai 2018, atteste que le pilote maîtrise les règlements aériens, la sécurité, la météorologie et les principes élémentaires de navigation. Il se prépare par un examen écrit (QCM) disponible dans les centres agréés ou via des organismes privés (Ministère de la Transition écologique).
- Durée de validité : illimitée
- Accessible dès 16 ans
- Délivré après réussite à un examen théorique (ex. DGAC, France Compétences)
Depuis 2021, pour les vols effectués selon la réglementation européenne (catégories ouverte et spécifique), il est essentiel d’obtenir le certificat d’aptitude théorique européenne. Cela s’applique notamment pour la cartographie ou la télédétection, activités courantes en agriculture.
2. Enregistrement obligatoire du drone agricole
Tout drone utilisé dans le cadre professionnel et pesant 800 grammes ou plus doit être enregistré en ligne sur la plateforme officielle de la DGAC (AlphaTango). L’enregistrement produit un numéro d’identification à apposer visiblement sur l’appareil. En 2023, plus de 230 000 drones ont été enregistrés en France selon la DGAC.
- Renouvellement tous les 5 ans ou en cas de transfert de propriété
- Permet la traçabilité et la gestion responsable du parc de drones
En parallèle, le pilote doit déclarer auprès de la Préfecture toute activité de captation d’images aériennes ou de pulvérisation, notamment si elle est exercée « à façon » pour des tiers.
3. S’adapter aux scénarios de vol "professionnels"
La DGAC distingue plusieurs scénarios opérationnels (S1, S2, S3, S4), chacun lié aux contraintes de l’espace aérien et à la proximité de tiers. L’agriculture de précision, par exemple, relève fréquemment du scénario S2 :
- S1 : Vols en zones non peuplées, dans le champ de vision (VLOS), jusqu’à 200 m du pilote.
- S2 : Vols hors vue (BVLOS), en zones non peuplées, jusqu’à 1 km du télépilote.
- S3 : Zones peuplées, en vue directe, contraintes de sécurité très renforcées.
Chaque scénario exige que le pilote remplisse un Manuel d’Activité Particulière (MAP), document décrivant les procédures, la formation, la gestion des risques et le matériel utilisé. L’absence de MAP expose à des sanctions immédiates en cas de contrôle.
Pour certains vols agricoles spécifiques, comme l’épandage par drone, il peut être nécessaire d’obtenir une autorisation préfectorale ponctuelle ou d’adapter son MAP à ces opérations.
4. L’assurance : une sécurité incontournable
Piloter un drone professionnel implique de s’assurer contre les dommages potentiellement causés à un tiers. La loi impose une assurance Responsabilité Civile Professionnelle spécifique à l’usage du drone, couvrant :
- Les dommages corporels, matériels ou immatériels causés par l’appareil
- Les risques liés à la capture de données ou à l’épandage
Selon les assureurs spécialisés, le coût varie de 150 € à 500 € par an pour un usage agricole classique, mais cette couverture est essentielle en cas d’incident pendant le survol de parcelles de tiers ou de voisinage.
5. Pulvérisation aérienne : des exigences renforcées
L’utilisation de drones pour l’épandage de phytosanitaires ou d’engrais est soumise à une double réglementation, aérienne et phytosanitaire. En 2022, l’Anses (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire) souligne que la pulvérisation aérienne est interdite par défaut (Directive 2009/128/CE), mais des dérogations existent pour couvrir certains besoins précis.
- Dérogation préfectorale obligatoire : Délivrée au cas par cas, pour protéger les cultures ou opérer sur des surfaces spécifiques (zones inaccessibles, urgence sanitaire, etc.).
- Respect des produits autorisés : Seuls certains biocontrôles ou produits listés en dérogation peuvent être utilisés (source Anses).
- Respect de la réglementation ICPE : Certaines activités supportent la réglementation des Installations Classées pour la Protection de l’Environnement.
En 2022, près de 100 demandes de pulvérisation par drone ont été déposées à la DGAC, principalement pour le vignoble du Bordelais (Source : FranceAgriMer).
Enfin, des formations spécifiques à la manipulation des produits phytosanitaires et à la sécurité environnementale peuvent être exigées. L’assurance doit également couvrir la pulvérisation.