L’azote atmosphérique à disposition des céréales : rêve ou réalité ?

30-07-2016

trèfle Les céréales ne savent pas assimiler l’azote atmosphérique disponible à profusion dans l’air et pourtant l’azote est, en fertilisation, le premier élément nutritif apporté aux plantes cultivées. Les bactéries du genre Rhizobium, en symbiose avec les légumineuses, fixent l’azote atmosphérique. Mais existe-t-il des micro-organismes capables d’assimiler l’azote atmosphérique pour des céréales, de façon efficace ?

L’azote : élément majeur de la nutrition des céréales

L‘azote est le premier élément nutritif apporté aux plantes en terme de volume. Et même si l’azote atmosphérique est présent à plus de 70% dans l’air, les plantes sont incapables d’assimiler cette forme d’azote par les feuilles, à la différence du carbone atmosphérique (C02) que toutes les plantes fixent par la photosynthèse. C’est bête mais c’est comme ça !

Les plantes assimilent donc l’azote uniquement par les racines sous forme d’azote minéral issu de la décomposition (minéralisation) des matières organiques (déchets animaux ou végétaux) ou de la fertilisation (ammonitrate, solution azotés…).

L’homme a réussi à capter cet azote présent dans l’atmosphère sous forme de gaz N2 très stable. C’est le procédé Haber Bosh utilisé par les fabricants d’azote nitrique. Il faut en moyenne 3 tonnes de pétrole pour produire 1 tonne de nitrates. Existe-t-il une solution moins coûteuse énergétiquement et plus durable pour récupérer l’azote atmosphérique au profit des cultures ?

Les bactéries du genre Rhizobium fixent l’azote atmosphérique pour les légumineuses. Les rhizobiums vivent dans les racines en formant des nodosités, mais seulement chez les légumineuses. Sur le continent américain, il est coutume « d’inoculer » des semences de soja avec du rhizobium.

Les azotobacters : un atout pour l’agriculture durable ?

L’azotobacter, bactérie rhizosphérique (vivant dans la zone proche des racines) est un micro-organisme capable de fixer l’azote atmosphérique et de le restituer aux céréales mais à très faible dose.

Capter l’azote atmosphérique pour les céréales reste donc encore une quête.

Cela n’enlève en rien l’intérêt des azotobacters, ou autres bactéries du genre Azospirillum, capables de stimuler la croissance des racines par la synthèse de phytohormones. Ce sont de bons PGPR (Plant Growth Promoting Rhizobacteria).

La recherche poursuit toujours ce rêve de fournir comme nutriment aux céréales l’azote atmosphérique à partir de micro-organismes. Même si le discours est très intéressant, la réalité est toute autre. L’azotobacter stimule plus la croissance racinaire qu’elle ne fixe d’azote atmosphérique.

Alors attention aux produits miracles et aux vendeurs de rêves !

Avez-vous utilisé des produits à base d’azotobacter pour améliorer vos cultures ? Faites nous part de votre expérience en commentaire.

                                                                                              JMS

2 réflexions au sujet de « L’azote atmosphérique à disposition des céréales : rêve ou réalité ? »

  1. Peut on estimer aujourd’hui la quantité d’unité d’azote à l’hectare / par an, que pourrait fixer un azotobacter ?
    L’utilisation de bactérie du genre rhizobium en enrobage des semences de légumineuses est elle aussi, tout à fait intéressante. certains en ont ils déjà utilisées ?

  2. On peut lire que les bactéries du genre Rhizobium fixeraient 15 à 20 kg d’N par hectare, mais uniquement pour les légumineuses et en conditions favorables.
    Pour les azotobacters, difficile de donner des chiffres mais c’est très faible, comme expliqué, le bénéfice pour la plante est ailleurs, notamment dans la stimulation racinaires (meilleur « captage » de l’azote).