Eco-épandage : un nouveau concept est né

21-01-2014

Elevage – Un nouveau concept est né : « l’éco-épandage »

labour-agriculture-nouvelleDes constructeurs d’épandeurs et de tonnes à lisiers – Pichon et Rolland pour ne pas les nommer – y travaillaient depuis trois ans… C’est désormais quasiment chose faite : le lancement d’une nouvelle certification française pour le matériel d’épandage à lisier et fumier, intitulée « éco-épandage ». Celle-ci a été développée en partenariat avec l’Irstea, la Chambre d’agriculture de Bretagne, Vetagro-sup mais aussi avec la participation d’entrepreneurs de travaux agricole, du réseau des Cuma, ou encore du syndicat Axema. Cette « éco-certification » permettra dorénavant à des constructeurs de garantir, pour un matériel neuf :

  • une meilleure qualité de son épandage, avec une dose constante et plus précise épandue, que ce soit à vitesse constante ou variable, ainsi qu’une répartition transversale et longitudinale plus régulière de la dose ;
  • une meilleure maîtrise vis-à-vis du tassement des sols.

Trois grands critères ont été retenus pour obtenir ce « sésame » :

  • la conformité réglementaire : respect du code de la route, des voies de circulation, de la directive machine…,
  • les performances agronomiques mesurées et vérifiées : épandage d’une dose constante, répartition uniformisée sur l’ensemble de la parcelle, à vitesse constante ou variable, ou encore respect des sols vis-à-vis du tassement avec une charge à l’essieu limitée,
  • l’ergonomie de fonctionnement de la machine

Le respect de ce cahier des charges permettrait in fine de mieux valoriser l’engrais de ferme, liquide et solide… Mais aussi de réduire les pertes d’azote. Concernant l’épandage liquide par exemple, les tonnes à buses seront en effet exclues de la certification au profit des tonnes avec rampes pendillards ou enfouisseurs. La perte d’azote avec le premier système atteindraient  60 à 80 %, celle avec une rampe pendillards 10 à 40 % et celle par enfouisseur de 5 à 10 %. Autre exemple : l’obligation pour les épandeurs et les tonnes, d’être équipés d’un DPA (dispositif proportionnel à l’avancement).

éco épandage

La tonne à lisier trois essieux 18500 litres du constructeur Pichon fait actuellement l’objet d’une obtention de certification « éco-épandage » (CR : Pichon)

Tous les points contenus dans le référentiel font l’objet de contrôles et de vérifications par des passages des matériels au banc d’essai et par des simulations par logiciel, à l’Irstea de Clermont-Ferrand… L’aboutissement étant une présentation de la machine en vue d’obtenir la certification, attribuée par un organisme de certification et d’inspection indépendant, « Aucert ».

Au total, 10 constructeurs ont pour le moment accepté d’intégrer cette démarche. Et pour 3 d’entre eux, une demande a déjà été déposée pour l’une de leur machine, qu’ils devraient normalement obtenir dès janvier 2014. Les premiers matériels estampillés « éco-épandage » seront donc disponibles très bientôt. Ceux des autres constructeurs participant au projet devraient quant à eux suivre dans le courant de l’année 2014.

Eco épandage logo

Les matériels d’épandage certifiés « éco-épandage » seront repérables grâce à un autocollant apposé sur le côté et à l’arrière de la machine, ainsi que par une plaque spécifique, qui comportera un numéro de certification 

Les fabricants ont aussi prévu le lancement en mars prochain d’un site internet, nommé « eco-epandage.com ». Il permettra de réexpliquer toute la démarche, d’informer des matériels certifiés disponibles sur le marché et de vérifier la bonne correspondance lors de l’achat d’une machine « certifiée ». Cette vérification pourra se faire à partir du numéro de certification qui sera inscrit sur la plaque « éco-épandage » accolée au matériel. Cette nouvelle « éco-certification » a été doublement primée aux salons de l’élevage « Space 2013 » et « Sommet de l’élevage », en octobre dernier.

JC

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