Stéphane Le Foll veut aider le Biocontrôle, mais pourquoi et comment ?

29-04-2014

grandes culturesEn concluant le forum du Biocontrôle tenu le 22 avril à la cité des sciences (Paris), Stéphane le Foll a réaffirmé sa volonté d’accompagner et d’aider « la mutation » vers l’agro-écologie. Il veut « ouvrir les esprits » et selon lui le biocontrôle est un outil de plus pour engager le processus vers la performance écologique et économique.

Qu’est-ce que le Biocontrôle ?

Le Biocontrôle est défini dans la loi d’avenir qui devrait sortir à la fin de la session parlementaire en juillet. C’est une nouveauté.

Voici la définition :

Le biocontrôle est l’ensemble des méthodes de protection des végétaux qui utilisent des mécanismes naturels. Il vise à la protection des plantes en privilégiant l’utilisation de mécanismes et d’interactions qui régissent les relations entre espèces dans le milieu naturel. Ainsi, le principe du bio-contrôle est fondé sur la gestion des équilibres des populations d’agresseurs plutôt que sur leur éradication.

Les produits de biocontrôle se classent en 4 familles :

  • Les macro-organismes auxiliaires,
  •  Les micro-organismes, qui regroupent les champignons, bactéries et virus utilisés pour protéger les cultures contre les ravageurs et les maladies ou stimuler la vitalité des plantes,
  • Les médiateurs chimiques qui comprennent les phéromones d’insectes et les kairomones,
  • Les substances naturelles utilisées comme produits de biocontrôle qui sont composées de substances présentes dans le milieu naturel et qui peuvent être d’origine végétale, animale ou minérale.

Cette classification n’est pas figée et peut être amenée à évoluer dans le temps.

Quelles mesures concrètes pour favoriser le Biocontrôle ?

Le ministère souhaite accélérer les délivrances d’Autorisation de Mise en Marché (Produit Phytopharmaceutique). Quand un produit dit « de synthèse » met presque 10 ans à arriver sur le marché, les produits de Biocontrôle devraient être évalués en 2-3 ans. D’autres mesures : pas de limitation pour la publicité, un statut particulier en tant que produit Phytopharmaceutique « Noduvert », pas d’agrément pour les utilisateurs…

Le système semble s’adapter au Biocontrôle, mais les produits de Biocontrôle peuvent aussi s’adapter à l’agriculture !

Ce n’est pas parce qu’ils sont « biocontrôles » que les produits sont automatiquement sans danger ou nécessairement vertueux. Ce n’est pas non plus parce qu’ils sont « Biocontrôles » qu’ils sont nécessairement moins efficaces, et plus cher. Ils doivent s’imposer aussi par leurs bénéfices pour l’agriculteur. C’est à ce titre que le Biocontrôle se développera durablement et qu’il gagnera sa crédibilité.

Ne faudrait-il pas réaffirmer les principes de l’expérimentation agronomique, aider les expérimentateurs  (distributeurs, instituts,…) et placer les agriculteurs au cœur du dispositif ? Dans ce cas, il faut certainement adapter les méthodes d’expérimentations, réfléchir sur des programmes et chercher des solutions globales (pas de produits !) pour répondre aux problématiques agronomiques.

Les agriculteurs ne freineront pas le changement si on leur propose des solutions performantes  (performances économiques et écologiques) ! D’autant que parfois ils doivent faire face à des impasses phytosanitaires (Nématodes, taupins sur certaines cultures, maladies du sol,….). Le processus a été engagé depuis longtemps par certains agriculteurs et M. HOCHE (légume de France) rappelle que  les producteurs de légumes utilisent des insectes depuis longtemps, avant même Ecophyto et le grenelle de l’environnement !

JMS

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