Si le sol fonctionnait comme un moteur de voiture… (1/3)

20-02-2017

L'humus dans la production du solL’humus,

« base essentielle de la fonction de la production des sols» se retrouve sous différentes formes dans le sol, selon l’état de décomposition de la matière organique : « on peut avoir dans un sol de la matière organique, d’origine animale ou végétale, très récente, comme des matières organiques âgées de plus de 7.000 ans ! », indique Olivier Cor, responsable agronomique chez Lallemand Plant Care. Cette transformation (ou minéralisation) de la matière organique « fraîche » jusqu’à l’humus, de couleur bien noire, s’appelle « la chaîne d’humification ».

« Sa dynamique dépend beaucoup de la façon de travailler les sols, de leur composition, du climat, de l’environnement – arbres, flore présents – ou encore de la couverture végétale, qui conditionne en grande partie la nature de la matière organique présente dans le sol », poursuit celui-ci. Ainsi par exemple, selon la composition initiale des végétaux en matière organique – « améliorante » (riche en azote) ou à décomposition difficile (acidifiante) – la vitesse d’humification sera plus ou moins rapide.

D’un point de vue biochimique, « tout tourne autour du cycle du carbone,

mobilisé par la plante, dégradé puis réintégré, raconte Olivier Cor. Dans un sol, le centre de vie, c’est le carbone…Tel un moteur, qui va bien tourner ou non selon les cas ! ». L’humification correspond en effet à une (*minéralisation : voir le 1er commentaire de cet article ) réorganisation des débris organiques sous l’action des micro-organismes : des champignons d’abord, qui cassent les solides chaînes carbonées, puis sous l’action des bactéries. L’obtention ‘in fine’ de l’humus, matière organique totalement dégradée, est pour sa part majoritairement composé d’acides humiques, noirs ou gris, et d’acides fulviques, molécules riches en carbone.

Ces nombreux micro-organismes vivants, impliqués dans ce processus, ont donc une importance majeure, impactant la dynamique et la vitesse de dégradation du carbone dans le sol. « Tous ces êtres vivants sont la vie du sol !, conclut l’agronome. Ils vont faire « tourner » plus ou moins vite ce ‘ moteur carbone’ ; la matière organique étant le réservoir… ». Gérer la matière organique, c’est donc gérer la richesse et la vie de son sol. Si vous ne leur donnez pas à manger en quantité suffisante et au moment où ils en ont besoin, le moteur calera !

JC

A lire prochainement : Mais au fait… L’humus, à quoi ça sert ? Réponse d’un agronome.

6 réflexions au sujet de « Si le sol fonctionnait comme un moteur de voiture… (1/3) »

  1. « L’humification correspond en effet à une minéralisation des débris organiques »
    lorsque je lis cela, j’ai comme une réaction épidermique!
    L’humification est un processus de réorganisation des matières organiques: un ensemble de réactions chimiques (catalysées par des enzymes) débutant à partie des matières organiques fraiches et aboutissant à la formation d’édifices moléculaires très complexes et de compositions très variables (communément appelés acides fulviques et humiques, mais dont on ne sait, au final, pas grand-chose).
    La minéralisation des matières organiques est presque le processus inverse! (d’où ma réaction un peu virulente). La minéralisation des MO fait intervenir une succession de réactions chimiques (hydrolise, dépolymérisation, oxydation…) qui, à partir de molécules complexes, organiques (cellulose, lignine etc), aboutissent à des molécules de plus en plus petites, inorganiques (dont le CO2 fait partie). La minéralisation est généralement productrice d’énergie pour les micro-organismes.

    Concernant un atome aussi important que le carbone la différence est donc extrême: l’humification aboutit au stockage du carbone dans des molécules complexes alors que la minéralisation dégrade les MO et entraine le rejet de grandes quantités de CO2 dans l’atmosphère.

    Petit point pour compliquer les choses: l’humification est un processus biologique (nécessite des enzymes), qui dit réaction biologique dit apport d’énergie, et je vous laisse deviner d’où vient l’énergie… de la minéralisation!

    C’est peut-être en ce sens que M. JC rapprochait les deux processus!

    @dusolauvin

    • En effet, cette précision nous paraît importante. Il ne faut pas confondre humification et minéralisation ! C’est un point qui nous a échappé, je l’avoue. D’ou l’importance de vos commentaires qui permettent de donner à ce blog une précision technique à laquelle nous tenons et à laquelle vous contribuez. Nous allons corriger et renvoyons à votre commentaire dans le corps de l’article.

  2. merci, j’apprécie beaucoup votre démarche et votre ouverture d’esprit, et même si je n’ai jamais eu l’occasion d’expérimenter vos produits sur le terrain, je trouve votre travail sur ce blog remarquable

    @dusolauvin

  3. Un livre très intéressant pourra donner beaucoup plus de détails sur les matières organiques aux personnes que cela intéresse:
    Les matières organiques des sols- Calvet -Chenu et Houot
    http://www.unitheque.com/Livre/editions_france_agricole/Agri_production/Les_matieres_organiques_des_sols-43661.html

    Attention ce livre est quand même très technique et pas forcément très appliqué (pour cela il y en a plein d’autres) !

    @dusolauvin

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