La technologie au service du champ : focus sur les innovations majeures
Intelligence artificielle et big data : prédire, gérer, décider
L’intelligence artificielle (IA) occupe une place centrale parmi les solutions développées : elle permet d’analyser d’énormes quantités de données issues des capteurs, satellites, drones ou équipements connectés. Les algorithmes facilitent la prise de décision, le diagnostic rapide de maladies, l’anticipation des besoins en irrigation ou en fertilisants, et même la prévision des rendements.
- Des plateformes comme xarvio® (BASF) ou Deepfield Connect (Bosch) permettent, par exemple, de générer des cartes de préconisation pour moduler l’apport de fertilisants en fonction du réel besoin des plantes.
- En France, la startup VegaPly propose une IA qui conseille les maraîchers à chaque étape de la culture, prédisant les chapitres de risques phytosanitaires ou climatiques.
- Selon une étude de MarketsandMarkets, le marché de l’agriculture de précision, poussé par l’IA et le machine learning, devrait atteindre 15 milliards de dollars en 2027 (cité dans Futura Sciences).
Robots agricoles : la troisième révolution mécanique
La robotique agricole n’est plus de la science-fiction : près de 500 robots agricoles étaient déjà en activité en France dès 2022 selon la Fédération Internationale de la Robotique (IFR). Le désherbage mécanique, la récolte automatisée, l’épandage, la plantation… presque toutes les opérations du champ peuvent désormais être robotisées.
- La startup Naïo Technologies a déjà déployé plus de 300 robots désherbeurs dans le monde entier, avec sa gamme destinée au maraîchage, à la viticulture et à l’arboriculture (Naïo Technologies).
- Carre Robots (filiale de Carre SAS) et Vitirover développent des robots autonomes pour la gestion de la vigne, réduisant drastiquement le recours aux herbicides.
- La startup américaine Blue River Technology, rachetée par John Deere, propose des robots capables de cibler individuellement chaque mauvaise herbe, apportant une économie d’herbicide pouvant atteindre 90 % sur certains traitements (Blue River Technology).
Agriculture connectée et IoT : des capteurs partout pour surveiller le vivant
L’irrigation génère 70 % de la consommation mondiale d’eau douce, alors que près de 60 % de cette eau serait gaspillée (source : FAO). Les capteurs et l’Internet des Objets (IoT) déployés par les startups permettent une gestion ultra-fine des besoins en eau, en énergie et en intrants.
- Capteurs hygrométriques dans le sol, sondes météo connectées à Internet, colliers pour analyser la santé des bovins…
- La startup française Sencrop équipe déjà 20 000 agriculteurs européens avec ses mini-stations météo connectées et personnalisables, permettant de réduire les applications d’intrants et les pertes de récolte liées aux aléas climatiques (Sencrop).
- Ferme de la Caille, en Savoie, a diminué ses irrigations de 30 % grâce à un réseau de capteurs de sol installés par la startup Weenat (cf. Les Echos, 7 avril 2022).
Agrosystèmes verticaux et agriculture urbaine : les fermes s’élèvent… et s’invitent en ville
Face à la raréfaction des terres, la densification urbaine et la demande locale, des startups inventent l’agriculture de demain dans (presque) n’importe quel espace : parking, toiture, conteneur.
- La startup Agricool, pionnière française, cultive fruits et légumes dans des conteneurs urbains, optimisant l’utilisation de l’eau (jusqu’à 90 % d’économie) et supprimant le transport longue distance (Agricool).
- La Ferme Urbaine de Paris déploie plus de 1000 m² de cultures hydroponiques sur les toits de la capitale, en fournissant directement des restaurants et épiceries.
- Selon le cabinet MarketsandMarkets, le marché de l’agriculture verticale pourrait dépasser 24 milliards de dollars en 2030, soit plus du triple par rapport à 2023 (MarketsandMarkets).
Biocontrôle, bio-intrants et agriculture régénératrice : protéger, nourrir et respecter le vivant
La chimie de synthèse étant de plus en plus contestée, de nombreuses startups créent des alternatives naturelles pour soigner ou fertiliser les cultures. C’est le secteur qui a enregistré la plus forte croissance en France ces dernières années selon Les Echos.
- La startup française Gaïago développe des « microbiomes » destinés à régénérer les sols et à restaurer la biodiversité microbienne, favorisant la santé des cultures sans intrants chimiques (Gaïago).
- Naïs, basée à Toulouse, propose un biostimulant issu d’algues marines permettant une amélioration de 20 % de la résistance des cultures aux stress hydriques.
- La filière française du biocontrôle espère atteindre 30 % de parts de marché dans la protection des cultures d’ici 2030 (source : IBMA France).
Transparence, traçabilité et blockchain : vers une alimentation de confiance
Les consommateurs réclament de la transparence sur l’origine et la composition des aliments. Les startups de la foodtech agricole embarquent la blockchain et des systèmes de traçabilité garantissant chaque étape de production.
- Connecting Food propose une solution de traçabilité blockchain pour vérifier en temps réel la conformité des denrées aux standards qualités.
- Food Trust (IBM) relie agriculteurs, distributeurs et consommateurs pour authentifier le parcours de chaque aliment.
- Selon une étude d’IBM, 73 % des consommateurs seraient prêts à payer davantage pour des produits disposant d’une traçabilité transparente (IBM Food Trust).