Limites Maximales de Résidus 3/3

28-05-2013

Agriculture Limites maximales de résidusLimites maximales de résidus : une règlementation européenne et des contrôles, mais y a-t-il encore des risques ?

Mardi 12 mars 2013, l’Autorité européenne de sécurité des aliments a rendu son rapport annuel s’agissant des résidus de pesticides contenus dans l’alimentation. L’autorité conclut à « des taux de conformité qui demeurent élevés ».

Toujours selon l’agence européenne basée en Italie (Parme), l’analyse de l’ensemble des données transmises par les 27 pays membres auxquels se rajoutent la Norvège et l’Islande, montre que 97,2% des échantillons prélevés en 2010 présentent des résidus de pesticides inférieurs ou égaux à la limite légale encore appelée limite maximale de résidus.

L’association « Générations futures » estime cependant que la contamination des aliments « reste à un taux élevé avec 65% des fruits et 39 % des légumes contenant des résidus » et qu’au total « 26% des échantillons de ce plan de surveillance contiennent des résidus de 2 pesticides ou plus »[1]

Souvenons- nous, la réglementation européenne a été  mise en place de manière à protéger la santé animale et humaine. La question est donc de savoir si cette réglementation permet d’atteindre le but qu’elle s’est fixée.

Il faut pour cela que cette réglementation soit en adéquation avec la réalité, qu’elle soit appliquée de manière rigoureuse à tous les niveaux, que les contrôles soient effectués  en amont et en aval de manière tout aussi précise.

La réalité  de ce qui se passe « in vivo » dans notre environnement  est mouvante,

complexe, difficile à appréhender. Cette réalité s’inscrit dans une dynamique perpétuelle, en lien avec des populations qui se déplacent, en lien avec les nouvelles habitudes de vie, de consommation qui émergent, celles qui disparaissent, se transforment. En lien aussi avec les évènements qui surgissent inopinément : catastrophes naturelles ou autres : météorologie particulière, maladies, qui peuvent temporairement ou plus durablement modifier cet environnement. Ainsi chacun d’entre nous est-il en contact de différentes manières avec plusieurs pesticides à la fois – même sous forme de trace –  dans l’air, dans l’eau dans l’alimentation, dans les produits ménagers, dans le textile etc…

L’application de la réglementation dépend  des hommes,

de chacun d’eux, des institutions dont ils dépendent, de leur  véritable volonté à l’envisager comme « faisant loi » pour le bien être de tous.

Quant aux contrôles, il faut, pour qu’ils aient du sens, qu’ils soient effectués consciencieusement de manière harmonisée, suivant les mêmes procédures, au même moment dans tous les pays concernés.

C’est un vrai défi…

On voit ici à quel point il est difficile  compte tenu de la multiplicité des paramètres en jeu de savoir quels sont encore les risques, de quelle manière les identifier avec précision.

Ce que l’on sait : La France est considérée comme « mauvaise élève de l’Europe » en matière de pesticides : 1er consommateur européen de produits phytosanitaires (en volume global. Mais rapporté au nombre d’ha cultivés ? Et au type de culture ?) et 3ème consommateur mondial derrière les Etats Unis et le Japon. Ce que l’on sait aussi : de nombreuses voix s’élèvent, avec force et provenant d’horizons divers, liant l’utilisation des pesticides avec les problèmes de santé. Peut-on ignorer ces voix qui s’élèvent et faire comme si de rien n’était ?

Une campagne européenne « Sick of pesticides » vise à sensibiliser l’opinion publique à ce niveau. Campagne qui vise aussi et surtout à encourager une mobilisation collective pour amener le changement. Un changement ne se fait-il pas d’abord dans les consciences ?

Sans oublier le Grenelle environnement de l’automne 2007, ou le plan Ecophyto 2018 qui visent notamment la réduction de l’utilisation des pesticides en France. Et l’agriculture de demain ?

L’agriculture de demain est en marche. Elle doit se re-positionner  dans cette dynamique de changement déjà à l’œuvre[2]

Si l’utilisation des phytosanitaires lui a permis d’avancer, de franchir un cap à un moment de son histoire, elle doit maintenant penser les choses autrement parce que le monde a changé et que d’autres questions émergent  qui sont la conséquence de pratiques dont on sait maintenant qu’elles n’ont pas que des effets bénéfiques.

Refuser ces questions, ne pas se les poser reviendrait à nier la réalité, à ne pas prendre son rôle de femme et d’homme responsable  dans un univers ou la place du vivant et la nécessité absolue de le respecter devient une urgence absolue.

Les LMR par le fait même qu’elles existent ne posent-elles pas en filigrane ces questions essentielles : celles des limites à poser ?

             NP


[1] Journal « Le Monde » du 14/03/2013

[2] Agriculture raisonnée, Agriculture écologiquement intensive, Agriculture biologique sont autant de façons de voir et de faire les choses « autrement. »

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