Labour : idées reçues

20-05-2016

labour-agriculture-nouvelle « Un bon labour ça aère le sol »

Oui et non. Le labour est avant tout une méthode de désherbage en agriculture. Le sol est un milieu de vie organisé et structuré. Un labour perturbe et détruit des milliers de vies microscopiques ou pas. Vies bien utiles pour l’agriculteur et qui permettent aux plantes de trouver tout ce dont elles on besoin pour pousser :

  • les mycorhizes (un champignon microscopique) qui rendent disponibles des nutriments directement aux racines,
  •  les vers de terres qui aèrent le sol,
  • la micro faune dont les bactéries, algues, champignons.

« Chez moi, il n’y a pas de sol, je suis tout de suite sur la terre jaune ! »

La « terre jaune » ? Le plus souvent ce sont des limons argileux ou limons francs qui font partie du sol. Cette « terre jaune » constitue la plus grande partie de la réserve hydrique du sol, elle contient des éléments nutritifs venant de la surface (azote, potasse, calcium..). C’est un milieu de vie essentiel pour bon nombre d’être vivants (vers de terre, bactéries, nématodes, insectes).

Contrairement à ce que l’on pense, pas de soucis pour les cultures, au contraire !

« J’ai sous solé, le sol était bien frais ! Je n’ai pas consommé beaucoup de fuel ! »

Sol labouré agricultureSi l’outil passe dans le sol sans effort, ARRETEZ ! Cela veut dire que le sol est malléable et fragile et que vous êtes en train de créer des indurations (couche tassée qui va réduire le potentiel du sol pour de nombreuses années).

Vous avez de la chance, profitez en pour économiser des passages.

« Mon sol était parfait au semis, pas une bosse, du beau travail ! »

C’est peut-être joli, mais pas efficace. En préparation de semis, laissez des mottes de deux à trois cm. En limon il est préférable de ne pas casser la structure du sol sous peine d’avoir une croûte de battance (définition)  à la première ondée un peu musclée.

Attention aux idées reçues : les pratiques culturales doivent être adaptées à chaque contexte pédoclimatique.

OC

2 réflexions au sujet de « Labour : idées reçues »

  1. Article pour le moins original, simple et efficace! Un nouveau discours, dans l’extrême inverse, s’entend de plus en plus, notamment parmi les TCSistes:
    « Un sol il ne faut jamais y toucher » , j’ai mon avis là dessus mais j’aimerais avoir vos commentaires!

    • De mon point de vu, les Techniques Culturales Simplifiées sont une étape préliminaire au passage au semis direct, à « l’Agriculture de Conservation ». Aujourd’hui, les techniques et les matériels disponibles permettent de ne plus toucher au sol (à l’exception de la raie de semis). Aux vues des nombreux avantages qu’il y a à ne plus travailler le sol, à le laisser s’organiser verticalement, à ne plus perturber sa microbiologie, il serait dommage de ne pas prendre plus largement cette voie… On y gagne sur tous les plans ; Structure et fertilité du sol, économie de temps et de carburant, économie d’engrais et d’herbicides, activité biologique des sols et même déplafonnement des rendements… Naturellement, ce n’est pas qu’une histoire de travail ou de non travail. Il faut revoir les techniques, les rotations, les itinéraires culturaux, changer de mentalité… « Nourrir le sol qui nourrit les plantes » et non plus « nourrir des plantes »…Cela n’engage que moi, mais ceux qui disent « Un sol il ne faut jamais y toucher » sont les précurseurs d’une Agriculture Nouvelle…
      Cet article, http://agriculture-de-conservation.com/Les-TCS-une-etape-vers-l.html, résume bien l’évolution des mentalités et des techniques ainsi que les nombreux intérêts de l’Agriculture de Conservation des sols.