Limiter les maladies de conservation des pommes après récolte. Quelles méthodes ?

11-06-2013
Pomme conservation post récolte

Photo Tastet

La plupart des maladies de conservation apparaissent pendant le stockage, mais les contaminations par des champignons pathogènes peuvent se faire avant la récolte. Voici quelques explications et solutions pour améliorer la conservation des pommes.

Comment et par quoi les fruits sont-ils contaminés ?

Les agents responsables des maladies de conservation des pommes vivent comme saprophytes sur différentes parties de l’arbre. Les spores, disséminées par l’eau de pluie, infectent les fruits où le champignon reste latent jusqu’à un certain degré de maturité des pommes. Les symptômes de pourriture se manifestent lors de la conservation, surtout sur des variétés sensibles.

On groupe différentes espèces de parasites de blessures (entrant par des blessures d’origine accidentelle dans la cuticule). Les 3 principaux :maladies de conservation des pommes ITHEC

  • Monilia fructigena,
  • Botrytis cinerea
  • Penicillium expansum.
Vatiétés de pomme maladies de conservation

Tastet

Des parasites latents : entrant par des portes d’entrée naturelles :

  • lenticelles,
  • œil,
  • pédoncule.

Il est à noter que les pourritures lenticellaires constituent la principale source potentielle de pertes en conservation pour les pommes.

Pour améliorer la conservation des fruits après récolte :

  • la lutte contre les maladies de conservation peut se faire en fin de saison, deux à trois applications de fongicides (http://e-phy.agriculture.gouv.fr/ : Usage : POMMIER * TRAIT. PARTIES AERIENNES * MALADIES DE CONSERVATION (AU VERGER)
  • Il existe aussi la possibilité des traiter les fruits récoltés. Un fongicide autorisé, le thiabendazole, est appliqué pour le traitement après la récolte par pulvérisation sur les pommes.

Pour ces traitements fongicides, il existe des contraintes de manipulation, au vu de leur toxicité des précautions d’emploi, parfois de traitement des eaux de rinçage (post récolte), de Limite Maximale de Résidus (LMR), de Délai Avant Récolte (DAR)…

Quelles méthodes complémentaires ou alternatives aux fongicides pré ou post

récolte ?

Depuis presque 1 an, un produit à base d’une levure (candida oléophila) est autorisé (uniquement sur Penicilium expansum et Botrytis cinerea) pour traitement des pommes après récolte. Présent sur la base e-phy, nous n’avons pas trouvé d’informations disponibles sur internet. N’hésitez pas à poster des commentaires si vous connaissez ce produit.

Le premier facteur améliorant la conservation des fruits après récolte est génétique. Certaines variétés sont sensibles au Gloéosporium (Pink Lady) d’autres beaucoup moins (Gala).

Les tailles ou conduites permettant de laisser entrer la lumière et circuler l’air défavorisent les agents pathogènes. A contrario, l’utilisation de filets favorise plutôt le développement des champignons en limitant la circulation de l’air. La présence de haies aura aussi un impact négatif sur le développement des maladies de conservation en protégeant du vent et du soleil.

Concernant l’utilisation de matière fertilisante, la corrélation entre maladies de conservation et apport de calcium n’est pas évidente et difficile de trouver des publications sur le sujet.

Pomme conservation

Photo Tastet

Un nouveau produit à appliquer au verger 30 jours avant la récolte (Greenstim) a fait l’objet de test sur fruits à pépins et fruits à noyaux avec de bons résultats. Cet osmoprotecteur à base de glycine-bétaïne purifiée (extrait végétal) a une action limitative des portes d’entrée (microfissure de l’épiderme des fruits), améliore la fermeté (régule la pression osmotique dans la cellule) et permet ainsi, sans action fongicide, d’améliorer l’aspect des fruits et leur tenue après la récolte.

Il n’a pas de risques toxicologiques.

3 thoughts on “Limiter les maladies de conservation des pommes après récolte. Quelles méthodes ?

  1. Bonjour. Depuis plusieurs années je procède personnellement à la cueillette de pommes de différentes variétés au lieu dit  » les vergers de Gally » suivant mon choix en fonction de mes préférences. Cette année 2013, j’ai surtout cueilli des Canada car c’est une pomme que je conservais bien et dont la chair est meilleure en janvier, février plutôt que fraîchement cueillie. Malheureusement pour moi, cette année toutes mes pommes se pourrissent en commençant par le pédoncule et en se propageant dans toute la pomme. Tous les jours je trie pour manger ce qui est récupérable mais je vais probablement jeter plus de 50 kilos de pommes et ça me fait mal au cœur. A savoir que mes pommes en apparence pourries ne semblent pas avoir un seul ver à l’intérieur. Que me conseillez-vous ? En attendant, je vous remercie de votre compréhension. Bien cordialement à vous. André ROY

    • Bonjour,
      La bonne conservation des pommes dépend de plusieurs facteurs. Le premier facteur est variétal, toutes les variétés de pommes n’ont pas les mêmes capacités de conservation. Cependant dans votre cas, la pomme Canada est susceptible de se conserver 6 mois dans de bonnes conditions…
      Les conditions de conservations sont importantes. Les pommes doivent être conservées à l’envers (pédoncule vers le bas), dans un local à l’abri de la lumière, frais (maximum 12°c idéalement entre 6 et 10°C) et aéré. Ce dernier point est essentiel. Les pommes sont des fruits dits climactériques, c’est-à-dire que leur maturation et leur conservation est dépendante de l’éthylène (gaz sécrété par le fruit qui agit comme une hormone de maturation). Dans un local mal ventilé, l’éthylène s’accumule et les fruits murissent plus vite et se conservent moins longtemps… Les pommes ne doivent pas se toucher car si une pourrie, elle contaminera les autres. Les cagettes doivent être propres voir désinfectées (eau de javel) pour éviter qu’elles ne transmettent des pourritures. On peut également recouvrir les cagettes de papier journal.
      Pour éviter toute dégradation lors de la conservation, il faut agir dès la récolte. Choisir les meilleurs fruits même imparfaitement mûrs (ils poursuivront leur mûrissement un fois cueillies). Peau lisse, exempte de nécroses sont des gages de bonne conservation. Les fruits tombés à terre ne peuvent pas être conservés longtemps, l’impact de la chute les a un peu abimés, même si ce n’est pas visible à l’extérieur. De même, il faut éviter de choquer les fruits lors de la récolte.
      Avant de stocker les fruits, ceux-ci gagnent à être légèrement sécher (local sec et aéré pendant quelques jours). Durant le stockage, il faudra régulièrement surveiller l’état des fruits et ôter ceux qui s’abiment. Les moisissures se répandant très vite ! Il faut savoir également que les conditions de l’année sont particulières, temps doux (trop doux) et très humide sont des éléments qui favorisent la dégradation rapide des fruits. Les professionnels eux, disposent de locaux où les qualités de l’air sont finement contrôlées (température, humidité, concentration d’éthylène…)
      Plus contraignant, réservé à de petites quantités, tremper le pédoncule dans de la cire chaude pour éviter l’évaporation et emballer chaque fruit dans une feuille de papier journal…
      Si la dégradation des fruits est inexorable, il reste la solution de faire de la compote qui, elle, placée au congélateur, se conservera bien une année !