0 thoughts on “Images tagged "couvert-trefle"

  1. Bonjour,
    merci pour ces quelques précisions sur ce sujet qui semble faire débat depuis plusieurs mois, voire années ! Le pesticide va encore faire parler de lui si le ministre veut élargir cette interdiction sur l’Europe entière. Si l’interdiction se répandait jusqu’aux autres plantes traitées, son effet sur les abeilles sera alors réduit à zéro. Maintenant, il ne reste plus qu’à attendre pour voir s’il y a des résultats sur la mortalité des abeilles.

    • Bonjour,
      Merci pour votre commentaire pertinent. En effet, cela fait débat (apiculteurs, agriculteurs, fournisseurs…). Pour la sur-mortalité des abeilles on commence à parler d’un effet combiné de plusieurs facteurs (dont un virus)…
      A très bientôt !

  2. Bonjour, Je m’interesse a un projet de hocrltuiture verticale a l’echelle commerciale pour l’approvisionement de tomate. Pouvez-vous maider a denicher des pistes qui pourrons me renseigner davantage. J’habite au Nouveau-Brunswick, Canada. Au plaisir. Merci.Elki Imbeault

  3. Peut on estimer aujourd’hui la quantité d’unité d’azote à l’hectare / par an, que pourrait fixer un azotobacter ?
    L’utilisation de bactérie du genre rhizobium en enrobage des semences de légumineuses est elle aussi, tout à fait intéressante. certains en ont ils déjà utilisées ?

  4. On peut lire que les bactéries du genre Rhizobium fixeraient 15 à 20 kg d’N par hectare, mais uniquement pour les légumineuses et en conditions favorables.
    Pour les azotobacters, difficile de donner des chiffres mais c’est très faible, comme expliqué, le bénéfice pour la plante est ailleurs, notamment dans la stimulation racinaires (meilleur « captage » de l’azote).

  5. Bonjour,
    Il est souvent bon de rappeler également le cycle de l’eau.
    Effectivement beaucoup de gens pensent que l’eau est « détruite » lorsqu’on l’utilise pour l’irrigation, hors dé nos 1éres classes, on apprend que l’eau est tout simplement évaporée puis restituée. Bref l’eau ne disparaît pas comme par magie et cela, beaucoup de gens l’oublie.

    • Pour en finir avec les histoires d’eau
      L’imposture hydrologique
      Auteurs : Jean de Kervasdoué – Henri Voron

      « L’imposture, c’est, d’abord, de ne pas chiffrer la ressource en eau et d’affirmer, sans preuve et sans vergogne, le manque d’eau, les sécheresses à venir, les consommations irresponsables, la nécessité de ne pas gaspiller le « précieux liquide »
      L’imposture, c’est de culpabiliser les « consommateurs » pour «économiser » quelques litres d’eau, alors que coulent sous leurs yeux, chaque seconde, des milliers de mètres cubes qui vont se perdre en mer.
      L’imposture, c’est de laisser croire que l’eau domestique est « consommée » alors qu’elle est recyclée, notamment en France où elle retourne pour l’essentiel au milieu naturel après épuration.
      L’imposture, c’est de feindre d’ignorer que les racines des végétaux ne descendent jamais jusqu’à la nappe phréatique.
      L’imposture, c’est d’opposer à la construction des barrages, alors qu’ils bloquent des crues ravageuses, valorisent leur énergie et protègent les populations de l’aval.
      L’imposture, c’est d’annoncer des guerres de l’eau qui n’auront pas lieu.

      Si le manque d’eau ne menace pas l’humanité, en revanche, des investissements considérables sont nécessaires pour produire plus et mieux d’eau potable, notamment dans les pays pauvres. Si des pénuries existent, et elles concernent le tiers de l’humanité, ce n’est pas un problème d’eau brute, toujours disponible pour peu qu’on la cherche, c’est un problème d’argent. Mais force est de constater que la solidarité est moins abondante que l’eau.

      Jean de Kervasdoué est professeur d’économie et de gestion des services de santé, ingénieur agronome, ingénieur en chef du génie rural, des eaux et des forets. Il a consacré sa vie aux secteurs de la santé et de l’environnement et est l’auteur de nombreux ouvrages, notamment Les Prêcheurs de l’Apocalypse (Plon, 2007) et La Peur est au-dessus de nos moyens (Plon, 2011)
      Henri Voron est diplômé d’agronomie et ingénieur en chef du génie rural, des eaux et des forets. Spécialisé en hydraulique tropicale, il participe à de nombreux projets d’irrigation et d’adduction d’eau potable en Afrique et à l’approvisionnement en eau de l’agglomération lyonnaise. »

      http://www.mollat.com/cache/Couvertures/9782259216104.jpg

      • Merci ! Très intéressant ; un commentaire comme on aime !
        N’oublions pas que l’objectif du blog est aussi de remettre en cause les consensus trop simplistes…
        A bientôt

  6. Merci de votre 1er commentaire !
    Très juste. L’irrigation des cultures (souvent le maïs) a mauvaise presse. Oui, l’eau ne disparaît pas, on fait juste « fonctionner » le cycle de l’eau. On la pompe quelque part, elle est évaporée, etc… Bonne idée pour une nouvel article ! Aimeriez vous l’écrire ?
    A bientôt

  7. Je vais essayer de retrouver cette article de l’inra qui démontre la très faible différence d’évaporation de l’eau (ETP, dont irrigation) que l’on arrose le jour ou la nuit.
    Je vous remercie de la proposition, je vais y réfléchir.

  8. c’est assez difficile de détruire de l’eau sur notre planéte
    et heureusement qu’avec la nature les paysans utilisent de l’eau pour nourrir les hommes
    si par contre il y a par endroit des problémes graves d’eau potable …il serait trés intelligent de la part de chacun d’entre nous de communiquer sur les solutions à apporter pour y remédier …..et pour moi ,simple petit paysan de France , la solution URGENTE à mettre en place rapidement est de planter ou de laisser pousser UN MAXIMUN D’ARBRE …..tout simplement

    • Merci de votre commentaire,
      En voilà une bonne idée ! Sans compter les bénéfices esthétiques et sur la faune. Mais blague à part pourriez vous développer ?

  9. Et le rôle de l’Humus dans tout ça ???

    Cet article fait la part belle aux solutions techniques de pointes, complexifiant sans cesse les solutions curatives pour résoudre les problèmes que l’intensivité de l’agriculture engendre.
    Cependant, quasiment tout les problèmes évoqués trouvent leur solution préventive avec ce simple mot « Humus ». En effet, les nombreuses propriétés physiques, chimiques et biologiques de l’humus en fond l’élément clef de la gestion de l’eau dans les sols…

    – L’humus assure la stabilité structurale du sol, limite les risques de battance, protège de l’érosion, aère les sols argileux et permet l’agrégation des éléments en sols sableux. Elle permet ainsi, dans tout type de sols, d’améliorer la rétention (La Capacité de rétention en eau de l’humus est de 500 %, 10 x plus importante que les meilleures argiles…) et la circulation de l’air et de l’eau, protégeant par là même les sols des trop fortes variations de températures.
    – L’humus constitue un véritable réservoir d’éléments nutritifs que les micro-organismes qu’elle abrite minéralisent au fur et à mesure des besoins des plantes (La CEC de l’humus est jusqu’à 5 à 10 x plus important que la CEC des meilleures argiles). Tous risque de lessivage et de surdosage (pollution de l’eau) est ainsi écarté. La minéralisation de l’humus est une source permanente d’azote.
    – Sans compter que l’humus est le réservoir vivant du sol. Elle offre aux plantes une alimentation complète en plus de propriétés stimulantes et protectrices. La fertilisation NPK transforme les plantes en de véritables pompes osmotiques. Gorgées d’eau et déséquilibrées chimiquement, ces dernières deviennent les cibles privilégiées des pathogènes et des ravageurs…

    Ainsi, avant d’évoquer « l’amélioration génétique » « l’efficacité de la fertilisation », « la fertilisation foliaire », « les apports de glycine – betaïne », « l’irrigation au goutte à goutte dans les champs » (si l’optimisation de l’eau par ce système est bien avérée, qu’en est il du bilan global incluant les kilomètres de tuyaux et de capillaires issues des industries pétrochimiques ?), il faut retourner aux fondamentaux de l’Agriculture : Le Sol, L’Humus, l’Agronomie.
    Les solutions proposées par cet article (à l’exclusion des couverts végétaux, qui apparaissent malheureusement en dernière place) sont « industrielles », souvent d’origine chimique. Optimise t’on réellement, grâce à de telles solutions, le bilan global de nos champs (valeur de la récolte / valeur du travail et des intrants de tout ordre ) ? Améliore t’on le capital sol ? Assurons nous la durabilité et l’intégration environnementale de l’Agriculture ?
    Ainsi, il est certain que l’Agriculture Nouvelle devra faire la part belle à l’Humus et aux façons d’augmenter son ratio dans les sols agricoles. Elle résoudra de cette manière une grande partie de la problématique liée à l’eau. Les nombreux rôles de l’humus, que les pratiques intensives ont souvent négligées, constituent la clef de voûte des pratiques agricoles de demain…

    • Si tout agriculteur est conscient du bienfait de l’humus dans les sol agricoles, il est aussi lucide que la matière organique qui en dépend est variable en fonction de la nature des sols. Tous les sols ne se valent pas. Redresser la matière organique d’un sol pour libérer de l’humus est beaucoup plus compliqué que d’utiliser des engrais minéraux. Où trouver cette MO ? Sous quelle forme ? Quels sont les moyens à mettre en œuvre ? Et surtout, à quel prix ?

      Pour augmenter la MO d’un sol, il faut apporter de grosse quantité et de façon répéter de cette MO pour voir un changement notable sur le sol. Le problème majeur, c’est que lorsque l’on décide de produire sur un champ, on exporte des éléments qui appauvrissent ce sol. Des pratiques culturales peuvent permettre de maintenir l’humus en fonction de la nature première du sol (difficulté dans les sols sableux), mais la réalité du plan de fumure dépendra toujours de la rentabilité économique du choix de la culture. Il faut faire du revenu pour entretenir ses champs !

      • « Tous les sols ne se valent pas », – C’est vrai, mais pour tous, MO et humus sont profitables. Et, j’aurais plutôt dit que tous les sols sont différents, chacun avec des avantages et des inconvénients… Qui a un sol parfait ?
        « Redresser la matière organique d’un sol pour libérer de l’humus est beaucoup plus compliqué que d’utiliser des engrais minéraux » – Certes, qui peut dire le contraire ? Mais c’est avoir une vision à courts termes que de choisir uniquement la facilité des engrais minéraux. Le problème est déjà dans la phrase : « Redresser la matière organique » C’est bien la preuve qu’il est admis que les sols ont perdu en MO. A une époque, on parlait de maintenir la MO, et oui, maintenant on parle bien de redresser. Et le travail paraît insurmontable, les agronomes parlent au mieux de 1% de gain de MO tous les 10 ans et en faisant tout ce qu’il faut (grosse facture à prévoir) !
        « Où trouver cette MO ? » – Là où la nature l’a toujours trouvé, dans les végétaux !
        « Sous quelle forme ? » – Couverts, résidus de culture, intercultures, culture associées et naturellement fumier et autres amendements organiques si on en dispose mais ce n’est pas indispensable.
        « Quels sont les moyens à mettre en œuvre ? »
        – Favoriser la création de matière organique grâce aux moyens cités ci dessus, mais surtout arrêter de la gaspiller (dilution inutile dans tout l’horizon cultivé, oxydation intempestive…). Cela signifie, le moins de travail du sol possible, surtout plus de labour là où c’est possible (et c’est souvent possible !) et plus jamais de sol nu ! Culture, couvert ou résidus !
        « Et surtout, à quel prix ? ». L’agriculture a oublié qu’elle était la seule « industrie » qui pouvait vivre de l’énergie gratuite et illimitée du soleil ! Les couverts poussent avec le soleil (gratuit), l’air (gratuit) et les éléments de votre sols qui seraient perdu sans eux par lessivage (recyclage de vos engrais = gratuit). Vous capitalisez pour votre sols au seul prix des semences et du temps passé (rapide si vous êtes en sans labour ou mieux en semis direct). N’oublions pas que la matière organique, c’est surtout du carbone provenant du CO2 de l’atmosphère (gratuit). Et puis il ne s’agit pas de remonter la MO pour remonter la MO, mais pour profiter au maximum des très nombreux services qu’elle offre (voir mon précédent post), qui ne sont pas chiffrés (pas directement du moins) sur le bilan.
        « Le problème majeur, c’est que lorsque l’on décide de produire sur un champ, on exporte des éléments qui appauvrissent ce sol » – Ah cette fameuse théorie des exportations, servie comme de la bonne soupe à des générations (dont je fais partie). Comme si le sol était la seule composante de rendement (en faite c’est la seule où on peut agir …) Mais si on y pense, un grain de céréales, c’est majoritairement de l’amidon, formule chimique (C6 H10 O5), du carbone, de l’hydrogène, de l’oxygène, tout est fournis gratuitement par l’atmosphère (pareil pour les oléagineux)! Alors oui, le sol détermine la capacité à absorber tout ça et participe à hauteur d’environ 1% sur les exports des grains. Mais ce n’est pas ça qui bouffe la MO du sol ! Si vous laissez vos pailles, exporter vos grains et arrêter de labourer, la MO augmente !!! Même sans compenser le 1% exporté. Cette théorie à été inventée pour vendre des engrais alors que ces mêmes engrais (NPK) ne compensent pas les éléments exportés (majoritairement des microéléments) et brûle la matière organique.
        « Des pratiques culturales peuvent permettre de maintenir l’humus en fonction de la nature première du sol (difficulté dans les sols sableux) » Oui ! Le sans labour et le semis direct ! Et oui c’est plus dur d’augmenter la MO dans les sols sableux mais ce sont aussi les premiers sols à répondre aux techniques qui visent à augmenter la MO et les premiers à répondre positivement à une faible augmentation de MO !
        « Mais la réalité du plan de fumure dépendra toujours de la rentabilité économique du choix de la culture. » Bien sûr, mais encore une fois le fumier n’est qu’une (petite) composante de l’augmentation de la MO.
        « Il faut faire du revenu pour entretenir ses champs ! » Oui, c’est vrai, mais l’inverse aussi : « Il faut entretenir ses champs pour faire du revenu !» Une vision plus positive et durable ! ; )
        Cordialement
        Anlek

        • Réponse très bien rédigée et abordant des thèmes clefs de l’agronomie, je reviendrais juste sur la première phrase:
          « « Tous les sols ne se valent pas », – C’est vrai, mais pour tous, MO et humus sont profitables. »
          Ce point n’est pas toujours vrai, prenons l’exemple de la viticulture:
          la recherche d’un taux de matière organique élevé n’est pas une panacée, tout comme une augmentation de la biologie des sols ou de leur activité n’est pas une finalité en soi et peut conduire à des situations non recherchées: par exemple à une modification de l’équilibre végétatif de la vigne (minéralisation excessive d’azote, ou au contraire faim d’azote) et donc de la qualité du vin (fermentation languissantes, déviances organoleptiques…). J’ai récemment vu mourir 2 ha de jeunes plants de vignes: le viticulteur ne comprenait pas, le sol était pourtant excellent (sol de défriche forestière, très bon fonctionnement biologiques…), l’origine du problème: 50 T/ha (c’est énorme) de compost..! la minéralisation de ce compost, si faible soit-elle, a apporté une quantité importante d’azote lors de l’épandage, les plantiers étant très sensibles aux équilibres organo-minéraux du sol n’ont tout simplement pas supporté..
          Tous les sols ont un optimum de fonctionnement qui dépend des objectifs de production, de la culture considérée, du climat local…
          Le taux de MO des sols français a considérablement diminué au cours de ces cinquante dernière années et nous sommes d’accord, une augmentation de ce taux (tout comme de l’activité biologique du sol en général) serait salutaire dans la majorité des cas, cependant toute la science agronomique doit être mobilisée afin de trouver le bon équilibre, et de ne pas tomber dans l’excès inverse…

          @dusolauvin

          • Merci pour la qualités de vos échanges.
            Vos questionnements, réflexions, conclusions montrent de réelles mutation dans le monde agricole. Nous cherchons tous des solutions idéales adaptées à NOS exploitations.
            Continuez !
            A bientôt

          • Pardon, mais je persiste et signe… « Pour tous les sols, MO et humus sont profitables » … en viticulture y compris ! Lorsque je dis profitable, je ne dis pas qu’il en faut des quantités astronomiques et je ne parle pas de valeur de MO à atteindre… Là je ne puis qu’être d’accord avec vous, selon le sol et la culture qu’il porte, il y a toujours un optimum. Se placer au dessus c’est toujours le risque, au mieux de gaspiller, au pire d’être néfaste à la culture et à l’environnement. Il ne faut pas oublier, comme vous le souligner, que même avec du compost l’excès est toujours négatif ! Par contre, déduire de votre exemple que la vigne n’aime pas la matière organique, serait une erreur. Si cette dernière est en surface (et non pas diluée dans l’horizon cultivée), elle remplira ses nombreuses fonctions, qui même pour une culture affectionnant les restrictions hydriques, sera profitable… Dans votre exemple, ce n’est pas le compost qui a tué la vigne, ce sont les minéraux issus d’une minéralisation trop rapide du compost qui ont brûler vos plants. Je suppose que les 50 t/ha de compost ont été mélangés par labour à l’ensemble de l’horizon cultivé… Si une telle quantité est oxydée en très peu de temps, il ne faut pas s’étonner qu’il y ait des dégâts… et possiblement même des pollutions…
            De même, dire qu’un excès d’activité biologique a nui à la culture ça me parait déraisonnable de conclure ça de votre exemple. Il ne peut pas y avoir trop d’activité biologique dans un sol correctement gérer. Par contre, le labour entraîne une oxydation rapide de l’horizon cultivé qui entraîne de profonde modification de l’activité biologique du sol et une minéralisation trop rapide de la MO. Cette pratique d’un autre siècle est à proscrire.
            Pour finir, pour parler vigne, il est évident que ce n’est pas à cette culture que l’on réservera en priorité les amendements organiques. Mais il est certain que vignes et vins profitent d’un sol en bonne santé, avec une bonne activité biologique. Et pour qu’il y ait une bonne activité biologique, il faut la nourrir. Donc : couverts végétaux, inter rangs couverts, taille et sarments broyés et épandus (et non plus brûlés). La fertilisation minérale a uniformisé les vins, l’a technique permet de produire la qualité, mais seule l’activité biologique du sol sera la garante de la typicité du produit et de l’expression maximale du terroir !

  10. Merci de nous donner votre point de vue.
    Nous n’avions pas la prétention de proposer des solutions mais des pistes de réflexions sur le sujet précis de l’eau. Nous ne prétendions pas, non plus, faire le tour d’un sujet aussi vaste que « le sol, l’humus, l’agronomie », ni d’ailleurs de chaque point abordé comme le pilotage de l’irrigation, la vie biologique, l’amélioration de la structure des sols ou les couverts végétaux…. Même si vous les qualifiez de « solutions industrielles » et « chimiques » (?), pourquoi pas réfléchir à leurs intérêts agronomiques, et en discuter l’intérêt.
    Les couverts végétaux feront l’objet d’un prochain article (comme indiqué à la fin de l’article).
    L’amélioration de la structure des sols permet d’améliorer sa capacité de rétention en eau, ce point n’a pas été suffisamment développé. L’humus, comme vous le dîtes, joue un rôle essentiel mais il y a tant à dire sur les différents humus: vous parlez de minéralisation de l’humus, de stabilité structurale, de réservoir vivant du sol… je vous propose d’accorder à ce sujet un article complet car à la vue de votre commentaire, c’est un sujet fondamental dont il faut parler. J’espère l’écrire rapidement et que vous viendrez le lire !

    • eau, humus, MO ,pluie, stabilité structurale, stockage CO2,efficacité solaire,….etc….la solution c’est l’ ARBRE (sous toutes ses formes ,sous toutes ses variétés,sous touts les latitudes)…..et l’agroforesterie pour les cultures ……l’homme a beaucoup trop prélever d’arbres sur cette planète et il continue malheureusement …..c’est l’arbre l’aboutissement de la Nature , c’est la forme la plus efficace, c’est l’arbre qui a fabriqué nos sols de culture, (même les couverts végétaux que l’on pra

      • L’arbre est en effet la solution la plus aboutie du règne végétal et lorsque l’agriculture arrivera à l’intégrer à son fonctionnement on pourra vraiment parler d’agriculture nouvelle ! Votre message a de plus l’intérêt de relier le sujet initial de l’article avec nos commentaires qui ont un peu glissé… Effectivement, tous les sujets que vous évoquez (eau, humus, MO ,pluie, stabilité structurale, stockage CO2, efficacité solaire…) sont liés. A l’origine, lorsque j’ai parlé du rôle de l’humus, mon objectif était bien de montrer qu’il est illusoire de vouloir résoudre le problème de l’eau en agriculture avec des méthodes scientifiques et/ou techniques très élaborées sans se soucier des autres sujets interdépendants.
        De mon point de vue, l’agroforesterie et l’agriculture sans travail du sol sont les voies que doit suivre l’agriculture pour évoluer positivement. Les sites partenaires (agriculture de conservation et agroforesterie) de ce blog en sont une bonne preuve !
        Dommage que votre message ne soit pas passé entièrement mais le début montre déjà que nous sommes de plus en plus nombreux sur la même longueur d’onde. Lorsque le quorum de personnes pensant comme vous sera atteint, l’évolution se fera d’un seul coup. J’espère et j’y crois… Merci d’ailleurs aux auteurs de ce blog qui participe à cette évolution !
        PS : Relisons tous la belle nouvelle de Jean Giono «  L’homme qui plantait des arbres », écrite en 1953, elle est encore si criante de bon sens ! Et disponible gratuitement sur la toile en plus…

  11. J’aimerai comprendre les réelles motivations de cette reconversion chez ce sympathique viticulteur.

    Il évoque la reconnaissance de son travail :
    « J’ai toujours travaillé mes sols et mon travail n’était pas encore vraiment reconnu, donc j’ai décidé de franchir le pas et de passer au bio sachant que pour moi il y avait une différence principalement au niveau des traitements, au niveau de la protection phytosanitaire pour le vignoble. »

    Avant cette reconversion, il était dans une démarche raisonnée : adaptation de la lutte phytosanitaire en fonction du risque parasitaire. Travailler le sol ou laisser le couvert végétal sur la moitié ou la totalité des allées n’est pas un critère de viticulture biologique. En travaillant le sol, on amplifie la minéralisation de la matière organique apportée au sol, mais cultiver la terre à des inconvénients, notamment sur la vie des lombrics, précieux alliés des agriculteurs.

    Combien de traitement phytosanitaire en plus sur cette campagne ? Quelle consommation de carburant supplémentaire par rapport au conventionnel (j’y incorpore la viticulture raisonnée) ?

    Le métier de viticulteur passe par la lutte incessante contre une biodiversité menaçante : contrôler les mauvaises herbes, combattre les parasites. Bio ou pas, les objectifs sont les mêmes. Les traitements flavescences sont obligatoires chez tous les viticulteurs lorsque le vignoble se situe dans le périmètre de protection. La lutte prophylactique est la clef de voute à ce fléau, en arrachant les ceps atteints par le virus mais, elle ne peut-être vraiment efficace que complétée par la lutte insecticide. Le Pyrévert est-il un produit vraiment performant ? La viticulture conventionnelle n’assure t-elle pas la meilleure protection phyto contre cette cicadelle vectrice du virus en protégeant la majorité des vignobles ?

    Concernant l’accumulation du cuivre métal provenant de l’utilisation répétée de la bouillie bordelaise (responsable de la stérilité des sols dans certaines situations et de la baisse des populations des vers de terre) qui ne se dégrade pas dans le temps contrairement aux produits de synthèse : Est-ce vraiment une avancée en termes de protection environnementale ?
    En fonction des millésimes, à la récolte, le cuivre peut se retrouver en forte concentration dans le moût, de plus, il nuit à l’expression aromatique du vin, en terme de qualité produit, le choix de cette culture débouche t-il sur une amélioration qualitative du vin que l’on déguste ?

    Le cahier des charges trop strict et sectaire du Bio ne va-t-il pas à l’encontre de ses objectifs premiers, moins polluer l’environnement et produire meilleur ?

    Je trouve navrant que ce vigneron (qui me parait pourtant honnête et charmant) puisse tomber dans cette mouvance imposée par la croyance naturaliste actuelle. Et pourquoi dans ce cas là, ne pas passer directement à la biodynamie ?

    Je conçois que mon commentaire peut paraître un peu dur envers cette agriculture, mais j’ai tendance à penser que le bio est la nouvelle religion à laquelle il est obligatoire de se convertir pour que le Dieu Nature veuille bien absoudre tous nos péchés terrestres…

    Amicalement,

    Un conventionnel viticulteur.

    PS : Un grand bravo à ce blog. Continuez, c’est passionnant !

    • Bonjour Olivier,
      tout d’abord merci pour vos encouragements. Vous prenez le temps d’argumenter. C’est toujours intéressants pour nos lecteurs et pour nous !
      Votre avis est aussi très intéressant. Il met sur la table des questions redondantes sur l’agriculture biologique (le cuivre et son accumulation, traitement de la flavescence, nombre de passage…) auquel il serait intéressant d’avoir des réponses. Nous avons d’ailleurs parlé du tassement de sols en viticulture bio dans un autre article. Nous ne manquerons pas de demander à Arnaud de Labarre s’il peut donner son sentiment, mais quoi qu’il en soit le débat est ouvert !!
      Dans tous les cas, le « BIO » étant le seul label vraiment reconnu par le consommateur final aujourd’hui, c’est peut-être pour ça que certains « franchissent le pas ».
      A très bientôt

  12. Je vous remercie pour ce concours, j’ai été tiré au sort, j’ai gagné un blouson sans manche taille 5.
    Cordialement

    • Bravo à vous, vous allez bientôt le recevoir !
      J’espère que vous nous lirez régulièrement,
      Cordialement

  13. bonjour,

    Est ce que cet engrais starter peut etre utilisé en AB?

    • Merci de votre intérêt, les micro-organismes sont utilisables en agriculture biologique dans la mesure où ils sont non OGM doncla reponse est oui.

      • Les micro organismes employés ne sont pas OGM, mais les méthodes de productions de ces micro-organismes emploient très souvent des racines transformées génétiquement…

  14. Article fort intéressant !! Actuellement producteur de maïs semence et trufficulteur, je suis en pleine réflexion au sujet de l’engrais starter apporté sur les femelles au semis. J’utilise depuis plusieurs années du 18.46.0 localisé en surface, son efficacité est réelle mais les contraintes sont importantes et il y a des inconvénients comme l’acidification de la terre. Le monde de la truffe est passionnant et votre article rejoint les deux univers, effectivement si la mycorhyzation des racines du maïs est possible cela ouvre des horizons fantastiques !! Les poils absorbants sont remplacées par le mycélium qui procure à la plante une absorption des éléments fertilisants bien plus importante !!
    Alors ma question est: aujourd’hui le procédé est il au point et si c’est le cas quel est le nom du produit commercialisé !
    Merci pour la qualité de votre article: c’est bien une agriculture nouvelle et… intelligente !!

    • Merci de ces compliments ! Pour vous répondre, les poils absorbants ne sont pas remplacés mais prolongés. La mycorhize est une prolongation racinaire qui permet d’augmenter le volume de sol exploré mais aussi de débloquer des éléments nutritifs auxquels une simple racine n’aurait pas accès.
      Pour en savoir plus c’est ici et .
      Pour votre production c’est MICROCELL (en voici une brève présentation).
      A bientôt !

  15. Il y a un livre à lire sur le sujet:
    « Collaborer avec les bactéries et autres micro-organismes » de Jeff lowenfels et Wayne Lewis, editions du Rouergue
    ISBN:9782841569274

    • Merci de nous faire part de vos références.
      Pour les compléter : Les mycorhizes
      La nouvelle révolution verte aux éditions Quae.
      A bientôt !

      • Le potentiel des microorganismes est énorme. On découvre depuis quelques années déjà (on en parle depuis plus de 20 ans…) les nombreux rôles positifs (nutrition, protection, stimulateur de défenses…) que peuvent jouer les champignons (mycorhizes, trichoderma…) et les bactéries (azotobacter, azospirillum…).
        L’agriculture souhaite naturellement profiter de ces extraordinaires pouvoirs. Alors on les étudies un par un, on les cultive, on les brevette, on les vends et on les apportent dans les champs. L’intention est louable mais il y a un 2 gros paradoxes :
        – Ces microorganismes viennent du sol, et si ce dernier est en bonne santé, ils sont présents en diversité et en quantité suffisante !
        – On teste ces microorganismes avec les même protocoles expérimentaux que les produits phytosanitaires et on espère voire apparaître des résultats magiques. Avec une dose de bactéries j’ai X quintaux de plus, avec deux doses j’ai 2X quintaux de plus… le vivant ne répond pas de cette manière et c’est pour ça que depuis le temps que l’on parle des microorganismes en agriculture, si peu de solutions ont été réellement mises en place. Soit on teste les microorganises en agriculture conventionnelle (labour, produits phyto, irrigation) et on les pénalise soit on les teste dans des conditions qu’ils leurs sont favorables (pas de labour, couverture du sol et culture permanente) et on s’éloigne des attentes de l’agriculture conventionnelle…
        Les fabriquants de ces produits argumenteront aussi sur les difficultés à les homologuer. Et si je rejoins l’idée que lorsque des solutions écologiques existent, elles ne doivent pas être pénalisées par une réglementation trop sévère créée pour se protéger (et protéger l’environnement, mais ça revient au même) des effets des produits chimiques.
        Cependant, ce n’est pas parce que ces produits sont organiques (ou d’origine organique) qu’ils sont anodins… Par exemple, pour cultiver les mycorhizes, il existe plusieurs méthodes et certaines peuvent poser des problèmes :
        – L’hydroponie : cette méthode ne peut garantir l’absence de contamination et l’absence de mutation de la souche de mycorhizes avec des conséquences possiblement dangeureuses
        – La culture in vitro : Cette méthode permet de s’affranchir des contaminations et des mutations, mais le première méthode mise au point utilise des explants végétaux génétiquement modifiés (on ne peut cultiver des mycorhizes sans tissu végétal associé…)
        Des méthodes in vitro sans ogm ont été mises au point, mais elles sont chères et plus compliquées. Les fabricants ne communiquent pas sur leur méthode de production, comment savoir si celle qu’ils utilisent sont anodines?
        Un produit avec des microorganismes devrait pouvoir répondre aux conditions suivantes pour être utilisés sans danger (selon DG Strullu, Les Mycorhizes des Arbres et Plantes Cultivés ).

        – L’IDENTITE de l’inoculum doit être connue. La ou les souches utilisées et leurs caractéristiques doivent être répertoriées et transmises aux utilisateurs.
        – La TRACABILITE. L’inoculum doit nécessairement provenir d’une culture continue réalisée in vitro à partir d’un organe unique ceci afin de garantir sa provenance et ses caractéristiques.
        – La PURETE. Le produit final ne doit contenir aucune trace d’agents pathogènes que ce soit sous forme d’organismes (champignons, bactéries) ou de transgènes (par exemple d’Agrobactérium tumefaciens couramment utilisé dans de nombreux processus de production d’inoculum).
        – La STABILITE. Le produit, constitué d’organismes vivants, ne doit pas se détériorer. Il doit garantir une quantité mesurable d’agents actifs et afficher une date de validité et des conditions de stockages rigoureuses.
        La SECURITE. Le produit, ses composants et les microorganismes utilisés doivent satisfaire aux conditions d’innocuité tant au niveau de la santé humaine que de l’environnement. Il devra posséder une homologation pour chaque pays et chaque type de culture.

        Ainsi ces produits sont très chers à mettre au point et à produire et également difficile à conserver et à appliquer en grandes cultures. Les microorganismes sont donc le plus souvent utilisés un par un alors que les effets synergiques ont les plus gros potentiels…
        Tant que cette démarche s’inscrira dans le cadre de l’agriculture conventionnelle, elle n’apportera pas de véritable révolution. Et lorsque l’agriculture aura évoluée (plus de labour, couvert permanent, agroforesterie…) alors ces microorganismes n’auront plus de raisons d’être apportés puisqu’ils auront toutes les conditions réunies pour être présents naturellement et se multiplier dans les sols vivants, remplissant alors leurs rôles si importants et si nombreux (et encore inconnu pour la plupart). Ou alors, à la rigueur, en une seule application, pour réensemencer un sol mort en reconversion… Au risque d’appauvrir la diversité possible avec des micro-organismes apportés trop agressifs…
        Pour finir, des études récentes (M.A. Selosse) tendent à montrer que si les racines des plantes ont bien comme rôle d’ancrer la plante et de lui permettre de s’approvisionner en eau et en sels minéraux, cet organe est avant le tout siège de très nombreux échanges (que nous ne comprenons pas tous) entre une multitude de microorganismes (que nous sommes loin de tous connaitre) et la plante. On soupçonne aujourd’hui que les racines se serait mise en place dans ce but au cours de l’évolution des végétaux, offrir un lieu d’échange spécifique pour la symbiose entre la plante et les microorganismes du sol… Serions nous donc en train de réinventer le fil à couper le beurre ?

        • Vous soulignez des points cruciaux et tout a fait exacts quand aux modes de production des micro organismes et à l’absolue nécessité de respecter les critères de stabilité, identification et innocuité. Aujourd’hui, tous les produits commercialisés à base de micro-organismes doivent avoir obtenu une Autorisation de Mise en Marché ou Homologation (délivré par la DGAL après avis de l’ANSES que ce soit un produit de protection des plantes ou une matière fertilisante). Si c’est le cas, c’est inscrit sur l’étiquette (Numéro d’AMM ou d’homologation).
          Quand à la question de l’utilisation d’un microorganisme ou plusieurs en agriculture …
          C’est un sujet plus que passionnant et sur lequel nous disposons de bien peu d’outils sur lesquels nous appuyer raisonnablement. Personnellement j’ai toujours été très impressionné par le fil a couper le beurre : simple, efficace utilisable par tous. J’ai peur que nous ne sachions rééditer cet exploit avant longtemps en agriculture !
          Mais là encore je partage votre opinion sur le fait qu’il soit illusoire d’espérer utiliser des agents biologique comme des produits phytosanitaires.
          Par contre, comme en médecine ou en production animale, dans nos espaces anthropiques de productions végétales ou nous introduisons massivement un végétal exogène unique à des fins de production (parfois appelé champ), il pourrait être pertinent d’accompagner ce végétal avec quelques uns de ses partenaires microscopiques afin de favoriser son acclimatation. C’est vrai que nous sommes typiquement dans un usage artificiel du milieu naturel et devons l’assumer en minimisant autant que possible les risques.
          Je pense que même sans labour, sans pesticides, l’agriculture restera une action « contre nature  » vis a vis du biotope sol. Agriculture qui comme la démocratie est la meilleure des mauvaise solution connue pour nous nourrir.

          • L’homologation des produits à base de microorganismes tient elle compte des procédés de fabrication ? Le fabriquant est il tenu d’expliquer en détail ses secrets de fabrication pour homologuer son produit ? Je n’en suis pas persuadé… Ce qui fait qu’un produit répondant aux exigences de l’homologation peut néanmoins provenir de cultures utilisant des explants génétiquement transformés…
            « nos espaces anthropiques de productions végétales ou nous introduisons massivement un végétal exogène unique à des fins de production (parfois appelé champ), il pourrait être pertinent d’accompagner ce végétal avec quelques uns de ses partenaires microscopiques afin de favoriser son acclimatation. » moui, c’est une façon de voir les choses…un peu trop scientiste à mon goût… pas assez à l’image de ce vers quoi doit tendre une « nouvelle agriculture » … je propose celle-ci :
            Dans un champ, que l’on s’efforce de conduire en respectant au plus prêt les principes naturels (en fait, s’efforcer à intervenir le moins possible…), les partenaires microscopiques naturellement présents dans un sol vivant, sont considérés comme unité de production à l’instar des éléments minéraux. Ils sont ainsi considérés pour leurs fonctions écologiques et les pratiques agronomiques tiennent compte de leurs exigences et de leurs rôles dans la productivité globale. Le champ n’est alors pas seulement un « espaces anthropiques de productions végétales » mais également une zone de fabrication d’humus, de stockage de carbone, un élevage de vers de terre, une usine à microorganismes, dans toute leurs diversités…
            Dans ce contexte, il n’est plus du tout pertinent d’accompagner les végétaux avec des partenaires microscopiques exogènes, sélectionnés sans une véritable vision d’ensemble. D’une part parce qu’ils seront déjà présents, d’autre part parce qu’il est risqué d’apporter un microorganisme isolé, car comme vous le dites vous-même, lorsque l’on parle de synergie entre microorganismes, « nous disposons de bien peu d’outils sur lesquels nous appuyer raisonnablement ». Nous risquerions donc de faire mal en pensant faire bien, apportant un microbe au mieux mal adapté, au pire agressif envers le reste de la flore microbienne, potentiellement dangereux, invasif, perturbateur d’une machinerie naturelle si bien huilée et si efficace…
            « nous sommes typiquement dans un usage artificiel du milieu naturel et devons l’assumer en minimisant autant que possible les risques. »…Si l’espèce végétale (ou mieux, les espèces) sont adaptées aux conditions pédo climatiques, que l’exportation se résume aux grains (majoritairement constitués d’éléments atmosphériques C, O, H et « conçus » par l’évolution pour être exportés) et que le reste de la biomasse est restituée au sol, en quoi somme nous dans « un usage artificiel du milieu naturel » ? Il me semble au contraire que nous nous inscrivons comme un élément, un acteur du milieu naturel, qui prélève et qui rend, à l’instar de toutes les espèces vivantes…
            « Je pense que même sans labour, sans pesticides, l’agriculture restera une action « contre nature » vis a vis du biotope sol. Agriculture qui comme la démocratie est la meilleure des mauvaises solutions connue pour nous nourrir. » Une vision bien défaitiste, voire pessimiste… j’aime à croire qu’il existe une autre voie pour l’agriculture… En fait je n’y crois pas, j’en suis sûr !

  16. Bonjour, je voulais savoir si au cours de ces journées techniques, vous abordiez le fait de choisir des variétés de plantes à forte dépendance mycorhizienne plutôt que les variétés habituellement cultivées par les agriculteurs ? Merci pour votre réponse.

  17. Lors d’une journée technique il y a une large place laissée aux questions.
    Pour la votre, on ne sait pas si une variété de maïs se mycorhize « mieux » qu’une autre. A notre connaissance il n’y a pas eu d’étude à ce sujet.
    La mycorhize choisie (le champignon Glomus Intraradices) a l’avantage de faire une symbiose avec une beaucoup de plantes, donc d’être utilisée largement en agriculture. Par contre nous savons que certaines plantes se « mycorhizent » mal (les crucifères par exemple).

  18. je pense que l’avenir est dans ce genre de technique !!!!
    economique,social,environnementale…

  19. Faut-il avoir peur de la science ?

    Jean-Paul Krivine, rédacteur en chef de Science et pseudo-sciences, a participé à l’émission « Service Public » de France Inter, le vendredi 21 décembre à 10h.

    Autres invités : Jean de Kervasdoué, Hervé Kempf, Jacques Testard.

    « Entre maïs transgénique et accidents nucléaires, les avancées de la science peuvent passer pour des reculs en matière de sécurité des personnes. En cette journée spéciale que France Inter consacre à la peur, nous nous demandons si nous avons raison de trembler face à la peur. »

    http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=527207

  20. Super site, je devais faire un exposé sur les besoins nutritifs de la plante merci.

  21. Les humus sont des matières organiques! Pourquoi avoir fait le choix de les séparer? Ce sont des matières organiques très fines liées aux argiles (la plupart du temps) et donc peu réactives (car non disponible),

    • Les matières organiques sont classées en pleins de « compartiments », dont les humus, effectivement.
      Nous avons mis l’humus stable à part (pour faire court…) parce qu’il joue un rôle particulier, notamment dans la structure et la stabilité du sol.
      A bientôt !

  22. Je suis pour la couverture des sols en inter culture, le semis sous couvert avec travail localisé MAIS ces techniques ne sont pas transposable sur toutes les exploitations ou conditions météo.
    Contraindre l’agriculteur à ce genre pratique sans qu’il en comprenne le fondement serait une erreur.

  23. la fertilisation foliaire n’est pas négligeable, elle permet un apport rapide à la plante, la pluie apporte aussi des minéraux est suspension dans l’air

    • En effet, mais quelle part de la fertilisation foliaire est réellement assimilée par la plante. Selon l’élément nutritif, est-ce de la nutrition, de la stimulation,…. Un sujet intéressant !!

  24. L’ajout de ces mycorhyzes remplasse il l’ajout d’engrais ou est il un complément? Si ce n’est pas le cas faut il ajouter ces myco directement avec les semences??

    • Les mycorhizes sont complémentaires : elles permettent de diminuer l’apport de fertilisant. Elles permettent aux racines de mieux explorer le sol (rhizosphère) et de rendre disponibles des éléments nutritifs et de l’eau.
      Effectivement l’apport peut se faire en enrobage de semence (poudre à brasser dans le semoir).
      Si vous voulez en savoir plus : http://www.agriculture-nouvelle.lalcpanel.com/booster-vos-cultures-micro-organismes/
      et http://www.ithec.fr/web/FR/43-mycorhization-des-plantes.php
      Merci de votre intérêt,
      A binetôt !

      • Pour bénéficier de l’intérêt des mycorhizes, il ne faut pas seulement diminuer l’apport de fertilisant, il faut entièrement adapter la fertilisation (plus de phosphore soluble dont la présence est antagoniste au fonctionnement des mycorhizes). Les mycorhizes sont des acteurs, parmi une multitudes d’autres organismes, du bon fonctionnement du sol dont découle une alimentation optimisée des plantes (telle que l’évolution l’a conçu en créant, il y plus de 400 millions d’années, dès la colonisation du sol par les plantes, cette symbiose plante/mycorhize). Malgré ce que l’on veut nous faire croire, l’apport de ces organismes au champ ne sera ni utile ni profitable sans un changement radical des pratiques agronomiques (adaptation de la fertilisation, de l’irrigation, de la protection fongique, du travail du sol…). Bref si on veut avoir des mycorhizes dans son sol, et qu’elles soient utiles aux plantes : 0 travail du sol, couverture vivante permanente, pas de phosphore, irrigation réduite, fongicides absents…

        • Une bonne vie du sol est primordiale. Les mycorhizes sont naturellement présents et ce sont les pratiques qui les font disparaitre.
          Nous sommes d’accord qu’une reflexion globale doit être menée (pratiques, amendements, rotations etc…). C’est ce que nous essayons de faire ici en partageant nos connaissances (bien partielles, nous le savons !) et en échangeant.
          Il faut être patient lorsque l’on veut changer une pratique culturale, comme nous le montrions dans cette vidéo : http://www.agriculture-nouvelle.lalcpanel.com/tcs-quels-benefices/.
          A bientôt !

  25. bien que le phosphore joue un rôle primordiale dans la croissance des céréales ,qu’elle est alors sa limite chez les mycorhizes par au microorganismes solubilisant le P ( en terme de solubilisation du phosphore)?

    • La mycorhize est un symbiote obligatoire et a un role majeur pour l’assimilation du phosphore. D’autres micro organismes non symbiotiques permettent aussi une meilleure disponibilité du phosphore. Mais qu’entendez-vous par limite ?

  26. En effet, les procédés de fabrication sont décrits et exigés dans les dossiers d’évaluation d’autorisation de mise en marché des matières fertilisantes ou Produits Phytopharmaceutiques.

    Pour le reste, nous pensons quand même que l’inoculation se justifie (apport de micro-organisme exogène) dans certains cas en agriculture comme en agro-alimentaire, pharmacie ou d’autres activités, et que l’équilibre dit « naturel » est souvent orienté. Et nous croyons comme vous en l’avenir de l’agriculture, comme beaucoup d’agriculteurs qui tentent de faire au mieux en maintenant leur production.

    Vos commentaires sont bien étayés et vous remercions pour votre contribution à la réflexion. Vous serait-il possible d’écrire une brève ou un sujet qui vous tient à cœur ? Pourrions-nous pour cela communiquer par email ??

  27. Merci pour votre réponse concernant les dossiers d’évaluation d’AMM.
    Dans ce contexte, j’exprimais plus ma crainte concernant les risques potentiels liés à l’utilisation des microorganismes… Et je suis partagé, car même si la sévérité des dossiers d’homologation est une garantie que les bénéfices et les risques des produits à base de microorganismes sont bien évalués, cette procédure longue est coûteuse est également un frein au développement de ces produits. Alors même qu’ils constituent des alternatives intéressantes à l’usage des produits phytosanitaires et des engrais chimiques …
    Je suis naturellement d’accord avec vous, l’étude et l’emploi de microorganismes exogènes en agro alimentaire, en pharmacie, en agriculture et dans plein d’autres domaines nous ont ouvert et ouvrent encore des voies immenses de progrès et d’évolution ! Mon précédent post, un peu réfractaire dans la forme, avait pour but d’alerter sur les risques potentiels et de rappeler que l’agriculture conventionnelle est habituée depuis trop longtemps à des « recettes toutes faites », à des « produits miracles », à une foi sans limites dans la technique et la science au détriment, souvent, des mécanismes naturels et du bon sens agronomique. Contexte dans lequel l’emploi de microorganismes ne doit surtout pas s’inscrire ! Car à défaut de participer à l’évolution, indispensable, de l’agriculture, ces nouveaux produits pourraient bien la maintenir encore un moment dans un paradigme dépassé …
    Je suis flatté par votre proposition d’écrire un sujet sur un thème qui me tient à cœur. Pourquoi pas, même si je crois être plus à l’aise lorsqu’il s’agit de réagir sur un des thèmes que vous proposez… Nous pouvons si vous le souhaitez communiquer par email. Cordialement

  28. Bonjour étant producteur de maïs grain dont une partie en sd sous couvert l’autre en tcs ;j’utilise de l’engrais starter (15/1515/15 soufré ) a raison de 200kg /ha(ce qui constitue toute la fumure de » fond  » est ce que un produit comme le microcell m’apporterais un supplément et pour quel cout ?

    • Microcell a une action de stimulation, c’est pour cette raison qu’il est efficace (on oublie souvent que c’est l’action de stimulation qui fait l’efficacité des engrais starter). Le champignon mycorhizien de Microcell prendra ensuite le relai pour prolonger les racines et permettre une meilleure nutrition minérale et hydrique en fin de cycle. En ce qui concerne le coût, nous vous mettons en relation par email avec les personnes qui pourront vous répondre.

  29. Je vous remercie de ce début de mise au point et de la promesse d’y donner suite.
    Le ou les législateurs tentent de définir au mieux les nouvelles conditions, les nouvelles définitions incluses dans la mouvance des textes. En voici un autre exemple : en ma qualité d’Expert, inscrit sur une liste de Cour d’Appel, spécialisé dans les sinistres attribués aux produits agropharmaceutiques j’ai suivi avec beaucoup d’attention l’évolution de la législation concernant les textes des référentiels.
    Leur précision est recommandable mais j’ai été saisi d’une demande qui reste sans réponse à l’examen des textes. Il existe aussi une autre forme de coopér

  30. Suite de mon commentaire interrompu semble t-il par un disfonctionnement…
    ….coopération qui ne fait pas de commerce mais du conseil. Ce sont les coopératives fruitières et vinicole. Pour ces conseillers il ne semble pas qu’ils soient intégrés à un référentiel leur permettant de poursuivre leur activité et sur le plan légal se posera la question de leur couverture assurance, laquelle ne semble pouvoir s’appliquer qu’aux conseillers ayant satisfait aux exigences réglementaires. Il faut d’ailleurs s’attendre, dans la gestion des conflits, à découvrir d’autres difficultés ne serait ce que l’appui de la préconisation sur le BSV…
    Merci

  31. Bonjour,
    Nous sommes dans une société qui ne voit QUE les risques. Mais, que diable, les phytos et les engrais ça présente aussi des bénéfices ! et pas seulement pour les firmes ou les producteurs, mais aussi pour l’ensemble de la société.
    L’ANSES évalue les risques.
    La DGAL prend des décisions en prenant en compte tous les éléments. donc aussi les « bénéfices » d’une autorisation (ou d’un refus).
    Meilleures salutations

    • Bonjour. Tout a fait les engrais et produits de protection des plantes présentent des bénéfices. Et il est difficile de trouver l’équilibre bénéfices/risques, l’éternelle question !! Mais il est vrai que jusqu’à présent les avis de l’ANSES défavorable n’étaient pas suivi d’une AMM. A votre avis quel autres « éléments » a-t-elle pris en compte ?

  32. « L’humification correspond en effet à une minéralisation des débris organiques »
    lorsque je lis cela, j’ai comme une réaction épidermique!
    L’humification est un processus de réorganisation des matières organiques: un ensemble de réactions chimiques (catalysées par des enzymes) débutant à partie des matières organiques fraiches et aboutissant à la formation d’édifices moléculaires très complexes et de compositions très variables (communément appelés acides fulviques et humiques, mais dont on ne sait, au final, pas grand-chose).
    La minéralisation des matières organiques est presque le processus inverse! (d’où ma réaction un peu virulente). La minéralisation des MO fait intervenir une succession de réactions chimiques (hydrolise, dépolymérisation, oxydation…) qui, à partir de molécules complexes, organiques (cellulose, lignine etc), aboutissent à des molécules de plus en plus petites, inorganiques (dont le CO2 fait partie). La minéralisation est généralement productrice d’énergie pour les micro-organismes.

    Concernant un atome aussi important que le carbone la différence est donc extrême: l’humification aboutit au stockage du carbone dans des molécules complexes alors que la minéralisation dégrade les MO et entraine le rejet de grandes quantités de CO2 dans l’atmosphère.

    Petit point pour compliquer les choses: l’humification est un processus biologique (nécessite des enzymes), qui dit réaction biologique dit apport d’énergie, et je vous laisse deviner d’où vient l’énergie… de la minéralisation!

    C’est peut-être en ce sens que M. JC rapprochait les deux processus!

    @dusolauvin

    • En effet, cette précision nous paraît importante. Il ne faut pas confondre humification et minéralisation ! C’est un point qui nous a échappé, je l’avoue. D’ou l’importance de vos commentaires qui permettent de donner à ce blog une précision technique à laquelle nous tenons et à laquelle vous contribuez. Nous allons corriger et renvoyons à votre commentaire dans le corps de l’article.

  33. merci, j’apprécie beaucoup votre démarche et votre ouverture d’esprit, et même si je n’ai jamais eu l’occasion d’expérimenter vos produits sur le terrain, je trouve votre travail sur ce blog remarquable

    @dusolauvin

    • Que de compliments ! Merci ! A quand une contribution de votre part ? Une interview, un article, une brève ????

  34. Bonjour Monsieur Anlek,
    Tout d’abord merci pour votre article fort bien écrit et très instructif.
    « plus un écosystème est diversifié en nombre d’espèces, plus celui-ci est productif » dixit Darwin. en valeur absolue c’est certainement vrai mais comment cela peut-il s’appliquer à l’agriculture actuelle? Comment la permaculture démocratisée pourrait subvenir aux besoins alimentaires de tous et surtout répondre aux contraintes d’industrialisations des procédés, de commercialisation, de standardisation et aux attentes du consommateurs? vous citez le système Dong qui me semble un bel exemple mais semble être lié à une agriculture traditionnelle d’un pays en developpement (si si, en developpement). Quand au système agro sylvo pastoral j’aimerai plus d’explication pour mieux comprendre de quoi il s’agit.
    Est ce que la permaculture doit se limiter au developpement d’une agriculture nouvelle dans les pays en developpement ou est ce que vous pensez que l’agriculture française peut réellement et durablement se tourner vers cette agriculture à la fois révolutionnaire et préhistorique?

    • Merci pour votre commentaire et votre intérêt pour cet article.
      Les mots de Darwin s’appliquent à l’agriculture actuelle de plus d’une façon… Le concept de plantes compagnes pour le colza permet de limiter le désherbage et de réduire les apports azotés, la culture de méteil, où céréales et protéagineux se rendent mutuellement service (tuteurage contre azote), l’agroforesterie, le semis sous couverture végétale vivante, l’utilisation de champignons symbiotiques…
      On s’accorde à dire qu’un hectare de mélange céréales et légumineuses, pois et tritical par exemple, produit plus qu’un demi-hectare de pois et qu’un demi-hectare de tritical cultivés séparément. La généralisation de ce type de pratiques ne devrait donc pas poser de problème à la satisfaction des besoins alimentaires si il s’applique ailleurs… Quand à l’industrialisation des procédés, la commercialisation et la standardisation, il n’y a pas, de mon point de vue en tout cas, d’incompatibilités majeures avec l’application de procédés permaculturels. Cela nécessitera des adaptations tout au plus, une grille supplémentaire sur une moissonneuse batteuse pour récolter séparément les grains d’une culture mixte par exemple… Il reste cependant beaucoup de choses à découvrir, de systèmes à tester et à mettre en place. La permaculture est plus un principe, une philosophie, qu’une forme d’agriculture traditionnelle avec des règles strictes. Elle n’invente rien, se contentant de proposer une autre façon de voir les choses…Elle n’a donc rien ni de préhistorique, ni de révolutionnaire !
      Le système Dong qui associe la production de riz, de canards et de poissons est une agriculture traditionnelle, certes, mais qui a été récemment inscrite dans la liste des « Systèmes ingénieux du patrimoine agricole mondial »(SIPAM) de la FAO. Les services que se rendent mutuellement les différents éléments qui constituent ce mini écosystème permettent une réduction sensible des intrants (engrais, herbicides, insecticides), des coûts et du travail nécessaire à la riziculture. La productivité est donc augmentée avec de surcroît, un système moins dépendant en ressources non renouvelables issues de la pétrochimie. De même pour le système agro-sylvo-pastoral. Les haies bocagères apportent ombre, fourrage, barrière, bois de chauffage, fruits, abris pour les auxiliaires, matière organique aux animaux et aux cultures qu’elles entourent qui, en retour, apportent taille et éléments fertilisants… Pour preuve de l’efficacité de ce système, la France a compté, dans les années 70, plus de 1,2 million de km de haies. Si l’industrialisation de l’agriculture les a fait reculer, l’heure est aujourd’hui aux nouvelles plantations !
      Ces systèmes agricoles traditionnels, même ceux de pays en développement, méritent toute notre attention. Car à l’heure où notre agriculture industrielle se doit de prendre le virage de la durabilité et de l’éco-responsabilité, ils sont une source inestimable d’inspiration…
      La permaculture n’est au final qu’une autre façon de voir les choses, et toute chose mérite, à un moment donné, d’être vue sous un nouvel angle.

      • Merci de votre réponse,

        j’apporte une précision puisque « préhistorique et révolutionnaire » a fait réagir.
        préhistorique dans le sens que cela se rapporche des fondamentaux de l’agriculture et révolutionnaire car pour beaucoup c’est réapprendre une façon de travailler et c’est aux antipodes de ce qu’ils font depuis 20 ans.

        l’agriculture actuelle a beaucoup été orienté par les politiques française et européenne, mais aujourd’hui je trouve que les exploitants sont nettement plus à l’écoute de leurs patrimoines et se réaproprient leurs techniques culturales. ainsi on voit réapparaitre les couverts, les haies sont toujours taillés mais moins drastiquement et certains replantent.

  35. La permaculture ne peut tout simplement pas s’appliquer à l’agriculture actuelle car cette dernière n’est pas un modèle durable, même s’il elle peut avec une période de transition réfléchie par le design (coeur de la permaculture, tout comme ses éthiques 😉 ), faire évoluer celle ci vers un système plus juste.
    Je pense que ce qui est préhistorique, c’est de croire que l’on va encore pouvoir encore, à coup de grand renforts énergétiques d’origines fossiles, produire de la nourriture, tout en détruisant les sols et le tissu économique et social de nos campagnes.
    De plus, la diversification des productions est, en effet, une clé, qui peut apporter résilience aux producteurs, on a bien vu, lors de la crise du lait ou de la vache vache folle, que la monoculture, qu’elle soit axée élevage ou céréale, ne nous laisse aucune roue de secours en cas de chute des cours.
    l’industrialisation des procédés, et de la commercialisation, n’est toujours pas compatible avec la permaculture qui prône une décentralisation, des moyens de productions et de distributions, bien plus vertueuses, d’un point de vue non seulement social mais aussi économique, on a tout à y gagner. Merci pour ce post!

    • Merci pour votre commentaire et vos apports dans cette discussion.
      Vous évoquez la notion de design en permaculture. Pour apporter un complément d’explication, le design en permaculture est le nom donné à la méthode de conception des systèmes. Avant d’opter pour une solution et la réalisation d’un projet, le système permaculturel est imaginé dans son ensemble. Les apports et besoins de chaque élément du système sont évalués ainsi que les interactions qui les relient les uns aux autres. Les écosystèmes naturels constituent une source inépuisable d’inspiration.
      Mais le design permet aussi d’améliorer des systèmes existants en ajoutant progressivement de nouveaux éléments, en modifiant régulièrement des pratiques. C’est ce qui me fait dire que les concepts de la permaculture peuvent s’appliquer, lentement mais sûrement, à l’agriculture industrielle intensive. Elle pourra ainsi la faire progresser vers une agriculture plus durable, plus respectueuse de l’environnement, plus consciente des lois fondamentales de l’agronomie et des écosystèmes naturels. Elle sera en même temps plus efficace puisque elle utilisera mieux les synergies écologiques. L’agriculture devient progressivement plus « intelligente », plus « réfléchie ». L’adaptation se fera dans les deux sens, le commerce et la distribution évolueront de concert avec cette agriculture nouvelle. Les optimistes verront que ce mouvement est déjà en marche. Sa lente progression est plutôt bon signe. En effet, une lente évolution, construites sur de bonnes bases, vaut mieux qu’une autre révolution, réalisée à la hâte avec une vision à trop courts termes…

  36. « améliorer la productivité de nos exploitations » Cette phrase me laisse pensif. Effectivement sur une ferme de 30 hectares, en appliquant la permaculture il est possible d’avoir du travail et de faire vivre 10 et peut-être même 20 personnes en nourrissant en circuit court la population environnante et en cultivant des plantes fournissant de l’énergie pour chauffer les bâtiments public de la commune et les maison par un réseau de chaleur. Alors là oui la productivité de la ferme est améliorée.

  37. sans vouloir polémiquer j’aimerai réagir aux commentaires précédents.
    la spécialisation des agriculteurs est un point important dans l’agriculture actuelle, d’une manière générale il est vrai qu’il n’est pas bon de mettre tous les oeufs dans le même panier. Toutefois il faut dire que certaines productions nécessitent des investissements importants ce qui induit une spécialisations necessaire. Il faut aussi ajouter à cela les contraintes européennes de mise aux normes &co qui ont un peu coincé les agriculteurs dans leurs productions. Un agricultueur est un chef d’entreprise qui doit donc gérer toute sa production, de l’appro à la vente, doit gérer son patrimoine et ses finances. On entends partout qu’il faut favoriser le bio et les circuits courts mais en réalité on se rends compte que la consommation de Bio est en stagnation et l’ascencion des circuits courts commencent à ralentir. Ce que je veux dire par là c’est qu’il faut se mettre à la place d’un agriculteur qui n’est pas un bon samaritain qui doit fournir du local, du bio où je ne sais quoi d’autre, mais une personne qui doit faire tourner son entreprise et fournir la nourriture que les consommateurs veulent! Reste la question de qui decide ce que les français mangent…
    Plougonvenin parle de faire vivre 10-20personnes par exploitation. J’avais lu qu’un éleveur fait vivre 12-14 personnes tandis qu’un céréalier fait vivre 4-5personnes (de mémoire) ce qui est plutôt logique. on peut imaginer la vigne-arbo et maraichage comme étant intermédiaire.

    Revenons à la permaculture, il est clair qu’il faut repenser les techniques culturales et s’aider de ce que la nature offre. De toute façon avec la hausse des intrants et des frais de fonctionnement les agriculteurs devront réduire les couts de production. Avant de parler de melanger canards, vaches, tomates et maïs je pense que des pratiques culturales devront s’orienter vers ce qui est dit plus haut : cultures intercalées, semis sous couverts, entretien et maintien des haies…

  38. Merci à tous pour vos commentaires : des débats interessants !

  39. Article pour le moins original, simple et efficace! Un nouveau discours, dans l’extrême inverse, s’entend de plus en plus, notamment parmi les TCSistes:
    « Un sol il ne faut jamais y toucher » , j’ai mon avis là dessus mais j’aimerais avoir vos commentaires!

    • De mon point de vu, les Techniques Culturales Simplifiées sont une étape préliminaire au passage au semis direct, à « l’Agriculture de Conservation ». Aujourd’hui, les techniques et les matériels disponibles permettent de ne plus toucher au sol (à l’exception de la raie de semis). Aux vues des nombreux avantages qu’il y a à ne plus travailler le sol, à le laisser s’organiser verticalement, à ne plus perturber sa microbiologie, il serait dommage de ne pas prendre plus largement cette voie… On y gagne sur tous les plans ; Structure et fertilité du sol, économie de temps et de carburant, économie d’engrais et d’herbicides, activité biologique des sols et même déplafonnement des rendements… Naturellement, ce n’est pas qu’une histoire de travail ou de non travail. Il faut revoir les techniques, les rotations, les itinéraires culturaux, changer de mentalité… « Nourrir le sol qui nourrit les plantes » et non plus « nourrir des plantes »…Cela n’engage que moi, mais ceux qui disent « Un sol il ne faut jamais y toucher » sont les précurseurs d’une Agriculture Nouvelle…
      Cet article, http://agriculture-de-conservation.com/Les-TCS-une-etape-vers-l.html, résume bien l’évolution des mentalités et des techniques ainsi que les nombreux intérêts de l’Agriculture de Conservation des sols.

  40. Bonjour,
    merci beaucoup pour cet article qui fait la promotion d’une technique encore malheureusement très méconnue.
    J’ai contacté l’ithec par mail et par téléphone pour savoir où se procurer leurs produits, mais je n’ai pas été recontacté. Et comme la saison arrive ça commence à être urgent. Est ce que quelqu’un sait où trouver leurs produits ?
    Merci.

    • Bonsoir,
      Merci du compliment. Je donne votre email à caroline, qui vous contactera rapidement.
      A bientôt !

  41. J’ai été contacté par Caroline puis par une personne prêt de chez moi.
    J’aurai mes mycorhizes et le reste dans les temps.
    Merci beaucoup!

    • Tant mieux ! Pourriez vous nous dire de temps en temps comment ça se passe ? Application, résultats… merci !

  42. je recherche des infos ,concernant les micros algues type spiruline ,(ou autres) concernant l’alimentation animal . merci

  43. La spiruline est une cyanobactérie. Elle est donc capable de réaliser la photosynthèse. Cette micro algue est intéressante à plus d’un titre. A surface égale, elle est capable de produire 5 x plus de protéines qu’une culture de soja. Elle possède tous les acides aminés essentiels, du fer, des anti-oxydants et de nombreuses vitamines.
    Elle est principalement utilisée comme complément alimentaire pour l’homme mais naturellement son usage en alimentation animale présente les mêmes avantages. Aujourd’hui, son coût la destine principalement aux animaux de compagnies (chiens, chat, poissons) …
    Voici ce que Jean Paul Jourdan écrit dans son Manuel de culture artisanale pour la production de spiruline
    « La spiruline, notamment de second choix (grumeaux, balayures), peut se valoriser
    dans l’alimentation des animaux (poules pondeuses, poulets, vaches, chevaux de
    course, poissons, crustacés, larves de crevettes, etc.). Elle améliore leur santé, leur
    apparence, leur qualité ou leurs performances. Pour les poissons, elle peut être
    donnée en l’état, fraîche ou sèche ou, mieux, être incorporée aux granulés. Pour les
    poules, on peut ajouter jusqu’à 10 % de spiruline dans la ration: la qualité des œufs
    est améliorée (jaune plus coloré). »
    Aujourd’hui, on envisage que la culture des algues serait susceptible de fournir nourriture (spiruline, chlorelle), énergie, produits chimiques et pharmaceutiques sur des surfaces réduites et en optimisant les ressources. L’Agriculture Nouvelle sera peut être de l’Algaculture !?

  44. l’idée serait de produire des (algues) en se servant des déjections animal .l’objectif étant de réduire l’achat de protéines .

    • On peut produire de la spiruline avec des matières premières naturelles. L’urine animale (ou même humaine) peut alors constituer la source d’azote et de micro éléments nécessaire à la croissance de l’algue. Attention cependant, l’utilisation d’urine implique certaines précautions et limites d’usage… Le document de Jean Paul Jourdan, « Manuel de culture artisanale pour la production de spiruline » est en libre téléchargement sur internet. Il est très complet.
      Cependant, il n’est pas possible de valoriser fumiers ou lisiers en production artisanale de spiruline… L’urine peut être stérile. Fumiers ou lisiers contiennent un grand nombre de bactéries coprophages (et autres micro organismes, champignons, protozoaires…) qui peuvent contaminer le milieu de culture de la spiruline, la rendant totalement impropre à la consommation !

      • si je vous suit ,il faudrait dabort traité le lisier.la méthanisation du lisier permet elle de pallier aux problemes de contamination ? Y a t’il des procédés, mécanique ,chimique ,…qui permetrai d’éxtraire NPK d’un lisier ?

        • Oui, il est possible d’extraire les éléments NPK des lisiers. C’est une méthode qui est utilisée pour produire des engrais minéraux (N, NP sous forme de phosphate diammonique, et PK) à partir des digestats issus de la méthanisation… Cependant ces méthodes sont industrielles et très difficiles à concevoir à l’échelle d’une exploitation. Il faut d’abord procéder à une séparation mécanique des phases liquide et solide puis à un traitement thermo chimique de ces phases dépendant de l’élément que l’on souhaite récupérer. Par exemple, pour obtenir une solution concentrée de sulfate d’ammonium, il faut procéder à une séparation de l’ammoniac de la phase liquide, dans une colonne d’échange liquide/gaz en milieu basique. Puis absorber l’ammoniac gazeux dans une solution d’acide sulfurique… Non seulement ces méthodes ne s’improvisent pas, mais on peut légitimement se demander si le bilan global d’une telle intervention est valable…
          En ce qui concerne la production de spiruline, c’est encore plus aberrant… Le milieu de culture peut être constitué que de bicarbonate (natron) ou de lessive de cendre, de sel, de fer et de 4ml par litre d’urine… Alors, il sera plus simple de récupérer l’urine seule plutôt que de la mélanger aux excréments et à la matière organique puis d’essayer de les re séparer…

          • merci pour ces précisions.concernant la méthanisation ,en regardant wikipedia ,je m’intéroge sur le procédé abert et boch ,qui permet d’obtenir de l’ammoniaque .si je regard le schémat du dit, procédé ,il est écrit ,méthane .Le méthane issue d’une éxploitation peut il etre utilisé a cette fin ?

  45. je suis Paysan et je viens de planter des asperges entre des rangés de noyers , je suis persuadé depuis longtemps du bien fait des parcelles de ce types .
    Mes arbres sont espacés de 10/10 m et mes asperges 3m entre rang .
    Votre revue est très intéressante pour des paysans comme moi , je suis à la recherche permanente d’idées non pas novatrices …. mais tout simplement naturelles.
    Merci pour la clarté de vos documentaires .
    Bien à vous
    JC BOTTERO

    • Bonjour, je suis également persuadé que des solutions naturelles complémentaires vont naître au fur et à mesure.
      Je possède une petite entreprise et nous fabriquons des « fertilisants biologiques »… La composition? DES DIZAINES ET DIZAINES de plantes! Et, le développement des plantes par les plantes!
      Le concept porte ses fruits et nous travaillons actuellement à diffuser cette information.

  46. Merci Jean-Claude,
    N’hesitez pas à nous parler de votre expérience au fur et à mesure de la pousse !
    A bientôt
    VM

  47. La réponse est oui. Le procédé Habert-Bosch permet la synthèse d’ammoniac à partir de l’azote atmosphérique (N2) et du dihydrogène (H2). Le méthane (CH4) est la source de dihydrogène lorsqu’il subit un vaporéformage (dissociation du carbone et du dihydrogène sous l’action de chaleur et de vapeur d’eau). Le méthane peut provenir du gaz naturel (extrait des puits) ou du biogaz (issu de la méthanisation).
    Le procédé Habert-Bosch nécessite de très hautes températures (500°c) et de très hautes pressions (300 bar), ce qui réserve son utilisation aux industries de pointes. Il est de plus très énergivore. On considère qu’il faut 1 tonne équivalent pétrole (tep) pour produire une tonne d’azote sous forme d’urée (0.7 tep pour 1 tonne d’ammonitrate 33.5).

  48. industries de pointes .domage ,le pétrole a encore de beau jour devant lui .

  49. l’autre aspect ,est géopolitique .les pays qui achete notre blé,(égypte ,algérie ,…) nous vende des engrais azoté ,donc du pétrole .que va t’il se passer l’orsque nous ne produiront plus asser de blé,ou si le pétrole vennait a manquer ?

  50. Bonjour,
    il me semble abusif d’écrire que les LMR seraient d’abord fixées en fonction de critères toxicologiques.
    Les LMR sont des limites de nature agronomique (témoin des bonnes pratiques agronomiques BPA), plafonnées par les critères toxicologiques.
    Dans la pratique, supposons un traitement selon les BPA (dose, DAR, mode d’application, etc.) avec un produit X qui laisse un résidu inférieur à 0.01 ppm. Alors, même si les critères toxicologiques que vous décrivez correctement permettent un résidu de 1 ppm (voire beaucoup plus), la LMR sera fixée à 0.01 ppm.
    Ceci arrive très souvent, par exemple avec des désherbants, et offre donc de fait une marge de sécurité encore supérieure à celle que vous décrivez.

  51. Merci pour ce commentaire. Si je comprends bien, les LMR sont fixés d’abord par une quantité de résidus présents dans les aliments après application du produit phytopharmaceutique dans un cadre de Bonne Pratiques Agricoles(BPA) ? Mais quelle sont ces bonnes pratiques (un sujet pour un prochain article ? vous seriez partant ??) . Vous parlez de DAR (délain avant récolte), c’est une notion fixée dans l’Autorisation de Mise en Marché. Les DAR sont donc fixés en fonction de quoi ? pas des résidus ?

  52. Bonjour,

    Une question concernant la formulation d’engrais:

    – un engrais à base d’acides aminés, acide fulvique,…est bien considéré comme MFSC? Il n’a pas besoin d’AMM?

    – un engrais à base d’acide humique également (d’après ce que j’ai pu lire plus haut…)

    – idem pour un engrais à base d’algues?

    Ceux ci doivent uniquement répondre aux normes CE ou NFU pour pouvoir etre mis sur le marché?

    Merci,

    • Bonjour, si on suit la réglementation stricto sensu, pour les acides aminés, acides fulviques/humiques, et même extrait d’algues aujourd’hui, ils doivent faire l’objet d’une homologation Matière Fertilisante délivrée par la DGAL (après avis de l’ANSES) pour être mis sur le marché en FRANCE. En fait ces produits ne sont pas inclus dans les normes françaises (NFU) et même européenne CE (qui sont des listes de produits exemptés d’homologation). De plus les normes CE aujourd’hui ne concernent que les produits minéraux sans adjonction de produits d’origine organique. Je vous renvoi à l’article N°2, peut-être est-ce plus clair ?
      Il existe certains acides humiques homologués sur le marché Français.

  53. @Ron … Je partage ton analyse, mais j’aurai bien aimé creuser un peu plus le sujet, vous connaissez un site spécialisé ?

  54. Avant toute chose bravo pour cette présentation, à la fois éclairantes et posées. Sans critiquer, certains passages auraient supporté plus de précisions, en particulier vers la fin du billet. Simplement un moyen de dire que je suis pressé de découvrir le prochain billet

  55. Des tonnes de commentaires sur vos articles, je suppose que je ne suis pas le seul à venir me détendre ici.

  56. moi ,je constate que sous les arbres ,je n’ai pas de rendement .en plus je déglingue tout mon matos .mauvaise téchnique de ma part ???

  57. Bonjour Thierry. A vrai dire, il s’agit plus de cultiver entre des lignes d’arbres plutôt que directement sous les arbres. Sous les arbres, l’ombre pénalise trop les rendements…
    Les lignes d’arbres sont généralement distantes de 25 à 30 mètres et plantés sur une ligne nord – sud. C’est en général la longueur de la rampe du pulvérisateur qui détermine cette distance, mais pas que… L’ombre portée par les arbres, qui dépend de l’espèce choisie, de sa taille…, doit être prise en compte. Lorsqu’ils sont jeunes, l’ombre des arbres n’est pas pénalisante au contraire ! Plus ils grandissent et plus on approche de la récolte des arbres et plus l’ombre peut devenir pénalisante. En fait le système évolue en permanence. Les nombreux avantages des arbres compensent la baisse de rendement qui se mesure surtout les dernières années avant la récolte des arbres. Il a été calculé que le produit de la vente des arbres compensait largement la baisse de rendement des dernières années. Sans compter que grace aux arbres, les cultures protégées produisent plus et nécessitent moins d’intrants. Quand au travail du sol, il s’effectue a une distance raisonnable ( 1 à 2 mètres) des troncs pour éviter de blesser les arbres et d’abimer les outils. Hormis un passage d’une dent qui est nécessaire une ou deux fois pendant le cycle de l’arbre pour que les racines plongent sous la culture sans la concurrencer, le mieux, sur le reste de la parcelle, c’est de pratiquer le sans labour voir le semis direct !
    Merci de partager vos expériences. Vous pourriez peut être décrire votre système de culture. Cordialement. Anlek.

      • Merci beaucoup Anthony,
        J’ai visité le site de votre entreprise et j’ai trouvé votre concept intéressant. Une approche globale, mêlant micro nutrition et bio stimulation des plantes et des animaux avec la santé des sols, voilà qui ressemble bien à une vision d’agriculture nouvelle qui tire parti des synergies. Je vous souhaite bonne réussite et bonne continuation dans votre activité !

  58. interessante serie.
    Ed ora: come controllare lo stato nutrizionale raggiunto nelle diverse fasi di sviluppo dei cereali (ad esempio grano, mais) ?

  59. je produit ,blé ,orge,maïs ,colza ,poid et tomates industrie .je vien juste d’acheter un karat lemken 11 dents 3 m .je vais éssayer de semer du maïs en non labour ,et colza ,blé a l’automne .plus les couverts dans l’été .Mon plus gros probleme se situe au niveau du parcellaire .j’éxploite des petites parcelles ,certaine font moin d’un hectare .Aujourdhui c’est :labour et reprise de labour avec combi hersse rotative et semoir méca en 3m pour les cultures d’automne ,et labour ,reprise de labour avec le karat pour le maïs .

  60. En agroforesterie ,le BRF ne serait il pas plus logique ,que la vente du bois tout les dix ou vingt ans ?

  61. Merci Thierry pour ces précisions concernant vos cultures et vos itinéraires. Cependant, c’est plus par rapport à l’implantation de vos arbres sur vos parcelles, ainsi que les espèces d’arbres concernées, qui serait intéressant de connaitre pour expliquer les problèmes de rendements et de casse d’outils que vous évoquez….
    Par exemple le peuplier a un enracinement superficiel qui peut abîmer les outils, le noyer, quand à lui, secrète une substance chimique la juglone (ou juglandine) qui a un effet allélopathique négatif sur un grand nombre d’espèces de plantes… Ces deux espèces sont néanmoins exploitables en agroforesterie, en adaptant les distances de plantation, en pratiquant le cernage des racines, comme évoqué dans le précédent commentaire, à l’aide d’un passage de charrue ou d’une dent assez profonde… Ceci avant que l’arbre ne soit trop vieux et ses racines trop grosses et trop solides.
    Concernant le BRF, Bois Raméal Fragmenté, sa fabrication et son utilisation en agroforesterie ne sont pas incompatibles avec l’exploitation du tronc de l’arbre en bois d’œuvre. Au contraire, ces deux usages sont complémentaires. Le BRF, comme son nom l’indique, ne concerne que les Rameaux, des branches de moins de 3 cm de diamètre portant ou ayant porté des feuilles dans l’année. Il ne s’agit pas de bois dont le rapport C/N, très élevé (entre 200 et 600 !), est mal adapté à l’utilisation comme amendement en agriculture… Le BRF a lui un C/N beaucoup plus équilibré, entre 50 et 150.
    En agroforesterie, le BRF est donc issu des tailles (tailles de formation, taille pour limiter l’ombrage, voire taille d’exploitation en BRF…) ce qui n’empêche pas de valoriser le fût de l’arbre à maturité en bois d’œuvre ou en bois de chauffage.

    Sur des parcelles très petites, l’installation de haies bocagères en périphérie de la parcelle peut être plus pertinente que la plantation de grands arbres à l’intérieur, surtout si l’on vise une production importante et régulière de BRF.

  62. je voudrait savoire si ya des solutions pour remplacer les produit des fertilité non biologique c’est a dire l’uré le NPK les pesticide et autre ?

    • vaste question… En récoltant les plantes ou leurs fruits/graines, nous exportons de l’azote, du Phosphore,….(n’oublions pas les éléments secondaires et les oligo-éléments). Il faut bien les remplacer à long terme. Cela peut se faire par des apports d’engrais minéraux, ou de la matière organique ou des bactéries rhizobium fixatrice d’azote sur légumineuses,….La question pourrait être: la plante exploite-elle les ressources du sol ? les apports d’engrais sont-ils réellement efficient, quid des pertes par lessivage ou volatilisation,… ? Le sol permet-il de capter ces éléments nutritifs, les stocker éventuellement et les restituer à la plante ? La plante a-t-elle le système racinaire pour explorer ce sol et assimiler les éléments nutritifs ? ….Ce n’est pas simple !!
      C’est pour cela que nous parlons de plus en plus d’agronomie, de fonctions du sol (porosité, vie biologique, humus,….). En effet, La FERTILISATION (ce que l’on apporte à la plante) ne constitue qu’une part, souvent indispensable, de la NUTRITION (ce que la plante consomme réellement), mais une part insuffisante. Dans certains cas, il est possible d’optimiser ou réduire la fertilisation sans nuire à la nutrition de la plante.
      Nous ferons un article prochainement sur ce sujet.
      Quant aux pesticides, je vous renvoie sur notre article concernant les LMR avec la définition des pesticides. ils peuvent être chimiques, extraits naturels de plantes, micro-organismes,….L’objectif peut aussi d’utiliser des pesticides moins toxiques et sans résidus peu importe leur nature. Il existe aussi des solutions pour limiter, complémenter, raisonner, voir remplacer dans certains cas leurs usages, c’est un peu l’objet de ce blog pour tenter de parler de toutes ces solutions innovantes ou ancestrales (rotations culturales, insectes auxiliaires, micro-organismes auxiliaires, Couverts végétaux…..) Mais il convient en même temps de maintenir la productivité et la rentabilité des exploitations agricoles. Ce n’est pas si simple non plus !!

  63. Je suis d’accord avec JMS, on peut faire de l’agriculture sans aucun produit chimique, mais pas sans aucun amendements. La vrai question, c’est : peut on obtenir les mêmes rendements ?
    L’agriculture biologique n’utilise aucun produit chimique de synthèse. L’Institut Rodale de Pennsylvanie a publié une étude comparative sur 30 ans, qui conclu que l’agriculture biologique permet les mêmes rendements (maïs, soja, blé) que l’agriculture intensive…
    Il ne faut pas oublier que l’agriculture utilise la chimie de synthèse (fertilisants et produits phytosanitaires) depuis moins de 60 ans…
    La science et la technique doivent maintenant permettre à l’agriculture de continuer d’évoluer vers plus de rendements sans impact sur l’environnement. Les pistes citées par JMS et décrites sur ce blog sont les bonnes ! (rotations culturales, insectes auxiliaires, micro-organismes auxiliaires, Couverts végétaux…..)

  64. Nous devrions imposer les Biopesticides à tous les agriculteurs avec des aides financières afin qu’ils abandonnent leurs produits chimiques et ultra toxiques et que ceux-ci disparaissent définitivement de notre environnement .Mais qui pourra imposer cette solution afin de préserver notre santé ? Combien d’années faudra t-il encore attendre ?

    • Une réflexion des plus stupides ne pouvant absolument pas refléter la réalité économique ainsi que les difficultés incombant à la production agricole.

  65. Les biopesticides représentent effectivement une alternative très prometteuse au produits phytosanitaires chimiques. Attention cependant, à vouloir généraliser des alternatives au chimique, on se retrouve parfois avec des résultats qui peuvent être pires que les produits chimiques… Des insecticides biologiques (par exemple la roténone, extrait d’une plante, aujourd’hui interdite) sont beaucoup moins sélectifs que certains insecticides chimiques très spécifiques. De plus, ces molécules naturelles peuvent s’avérer beaucoup plus toxiques (pour l’homme et l’environnement) que certaines molécules de synthèse…
    Quand au fait de vouloir imposer de nouveaux produits aux agriculteurs, cela risque d’être contre productif… Ces nouveaux biopesticides efficaces finiront par s’imposer d’eux mêmes. N’oublions pas que les agriculteurs sont les premiers à désirer des produits inoffensifs pour leur santé (ce sont les premiers exposés au risques des produits phyto !). A la condition bien sûr qu’ils soient efficaces et économiquement valables. Ils sont aussi chefs d’entreprise et il faut qu’elle perdure…

    • En effet, le 100% naturel n’est pas une garantie d’absence de classement toxicologique ou d’absence de résidus. La roténone était utilisable en agriculture biologique avant d’être interdite.

  66. les bacillus thuringiensis semble éficaces sur les doriphores ,et sur les chenilles procésionel .Cependant,ne jouont nous pas aux emprentis sorcier,avec ce type de téchnologie ?quel est l’impact de ces produits sur les abeilles par éxemple ?

    • Les Bacillus thurgiensis sont homologués en tant qu’insecticides. La toxine de cette bactérie agit après ingestion par l’insecte. Concernant le Gliocladium J1446 du Prestop, c’est un fongicide (sans toxicité pour les abeilles) qui agit par hyperparasitisme (il parasite les champignons pathogènes) et par compétition. C’est une lutte biologique à comparer à l’utilisation d’insectes auxiliaires contre les ravageurs.

  67. je suis producteur de tomates ,est j’ai des problemes de pythium en pépiniere.je suis pret a employer ce produit .

  68. Merci de nous lire et de votre intérêt. J’ai transmis votre demande à Caroline d’ITHEC;
    A bientôt !

  69. je suis un peu inquiet pour les paysans si leurs semences doivent respecter certains critères en ce qui concerne le contrôle par les services offiels ayant pour mandat d’inspecter les stocks, quelle est donc la catégorie à attribuer aux semences issues du milieu paysan?

    • Merci de nous faire part de votre sentiment. On est en plein débat. Attendons de voir…

  70. OGM,nous crées assez de problèmes que nous nous posons la question de savoir que faire, quand bien même il nous manque des moyens de vérification et de contrôle sur la trassabilité de ses organismes modifiés, pas de laboratoire et nos frontières sont poreuses , toutes choses qui croire que l’afrique est exposée sans parlé de mon pays le Guinée Conakry.

  71. Quelqu’un a-t-il déjà essayé de mettre des oies sur ces bandes en herbées? (pour limiter la croissance de l’herbe et fertiliser) Ca nécessiterait quelques petits aménagements (filets?) mais ce peut-être une bonne association!
    Si d’autres sont intéressés à y réfléchir, je participerais volontiers à la réflexion!

  72. Bonjour Vincent,

    Cette bonne idée d’élever des volailles sur des parcelles de vigne a déjà été testée, mais avec des poules, pas des oies. Ces dernières seraient, je pense, trop susceptibles de brouter les feuilles de vignes à leur portée…
    Les quelques expériences vignes/poules que l’on trouve sur la toile semblent assez concluantes même si elle demandent quelques adaptations (protection contre les renards, abris, abreuvoir…). Cette association est bénéfique pour la vigne (les poules mangent les insectes parasites, désherbent, aèrent le sol et le fument), pour les poules (qui disposent d’un grand parcours ombragé où elles trouvent une grande partie de leur alimentation) et pour l’agriculteur qui, avec moins de travail (désherbage, nourrissage) et moins d’intrants, produit 2 types de productions sur une seule parcelle !
    Ce mode de production correspond à l’éthique de la permaculture (cf. article sur la permaculture) où en cherchant à reproduire le fonctionnement d’un écosystème on bénéficie des synergies entre les différents éléments du système. On pourrait même aller plus loin en concevant ce système dès le départ…
    Par exemple, sii quelques arbres sont plantés dans la parcelle de vigne, ils pourraient servir de perchoir et d’abris pour la nuit. On s’éviterait ainsi la construction d’abris et de perchoir pour les poules avec peut être une protection contre les renards. Il parait également qu’un coq assez costaud, protégeant son cheptel de poulettes, pourrait mettre un renard en fuite… Si ces techniques se démocratisent, elles continueront de s’améliorer !
    N’hésitez pas à partager le fruit de vos essais et de vos réflexions
    En attendant, voici un article qui parlent de ce type d’expérience avec des poules dans les vignes du Sud Ouest.
    http://www.sudouest.fr/2010/07/30/des-poules-dans-les-vignes-150066-3009.php

  73. On commence à entendre parler de la technique du « Bio Strip Till »…(http://www.striptillfarmer.com/pages/News—Radish-Roots-Can-Bio-Strip-Till-Fields—2012-07-13.php)
    Dans ce cas, ce n’est plus l’outil décrit dans l’article qui est utilisé par l’agriculteur pour préparer son sol, mais du radis chinois. Semé à l’automne sur le futur rang, il développe un profond pivot qui va jouer le même rôle décompactant et fissurant que la dent du strip tiller. Un fois détruit par les première gelées, il laisse un rang tout prêt, à la structure idéale, pour les semis de mais et de tournesol. L’inter rang, lui, est généralement semé avec un mélange céréales et légumineuse qui en plus de protéger le sol de l’érosion apportera biomasse et azote pour la prochaine culture.
    On n’arrête pas le progrès. Pour ceux qui en douterait encore, l’Agriculture Nouvelle est vraiment en marche !

  74. Merci pour vos bons conseils , je vous souhaite un bon anniversaire et une longue vie .

  75. Ping : Micro-organismes et mycorhizes indispensables en agriculture

  76. Orioles fans welcome Red Sox fans to devote money at Camden Yards-but when they start off calling it « Fenway South », they’ve crossed the line. tickets2001discount-Baltimore-Orioles-tickets.html » Buy Baltimore Orioles tickets

  77. Merci pour cet article très intéressant !
    Pour ajouter encore au rôle primordial des vers de terre, on peut préciser qu’ils représentent la plus grosse biomasse animale sur terre. Près de 80% du poids total des animaux terrestre sont constitués de vers de terre ! Avec en moyenne une tonne hectare et jusqu’à 4 tonnes ha dans une praire permanente en bonne conditions (jusqu’à 4 millions d’individus).
    Et lorsque l’on sait que ces travailleur infatigables peuvent creuser plus de 500 galeries au mètre carré, que ces galeries, en l’absence de travail du sol, peuvent rester en place plusieurs années, on obtient alors l’équivalent d’un tuyau de plus de 10 cm de diamètre par mètre carré de sol ! Dans ces conditions, plus de problèmes d’infiltrations ni d’aération ! Un bon argument en faveur des techniques sans labour.
    Et c’est sans compter leurs intérêts pour la fertilité du sol. 40 à 100 tonnes de turricules sont produits annuellement sur un hectare. Ces « cacas de vers » contiennent en moyenne 5 fois plus d’azote, 7 fois plus de phosphore et 11 fois plus de potassium que la terre environnante.
    Oui, décidément ces sacrés animaux méritent bien d’être des « animaux sacrés » !
    Bravo pour cet article qui leur rend l’hommage qu’ils méritent !
    A Darwin de conclure mon commentaire : « J’ai donc été amené à la déduction que toute la terre végétale du pays est déjà passée de nombreuses fois par les voies digestives des vers, et y passera encore beaucoup »

  78. avez-vous entendu parle d’un vers plat qui parasiterait les lombrics ? il serait originaire de l’hemisphere sud et il me semble avoir vu passer une actualite provenant de Bretagne ?

  79. Il est bon de rappeler à nos chères agriculteurs que le sol est un être vivant et qu’ils doivent en prendre soin pour mieux l’exploiter pour en tirer les meilleurs résultats et s’éloigner du néfaste qui peut nuire à la santé de l’homme par l’utilisation des produits synthétiques :c’est revenir à l’agriculture biologique.
    Merci et continuer à réveiller les agriculteurs .

  80. Votre commentaire est intéressant, mais il faut préciser certains points… Je crois que les agriculteurs savent mieux que personne qu’il est important de prendre soin de la terre. Pour eux, c’est leur principal élément de production. Si certains ne savent peut être pas encore comment s’y prendre c’est parce que, souvent, cela implique de remettre en question ce qu’ils ont appris, ce que l’on leur a transmis. Les agriculteurs biologiques, s’ils ont effectivement choisi un cahier des charges excluant les produits synthétiques, n’ont cependant pas forcément, implicitement, la bonne approche concernant le sol et la vie du sol. Les agriculteurs pratiquant ce que l’on nomme « l’agriculture de conservation », qui s’autorisent encore l’emploi raisonné de certains produits phytosanitaires (principalement des herbicides), ont bien souvent une meilleure approche du système sol et de sa biologie que de nombreux agriculteurs biologiques qui pratiquent encore le labour sans discernement, des rotations trop courtes, ou des applications massives et systématiques de bouillie bordelaise…
    De plus, comme précisé dans les commentaires précédents, ce n’est pas parce qu’un produit est biologique qu’il est pour autant non toxique. Le cuivre, s’accumule dans les sols, perturbe durablement sa microbiologie, le souffre peut empoisonner les abeilles, la roténone tue tous les insectes sans aucune sélectivité, l’huile de neem est un perturbateur endocrinien… Tous ces produits sont néanmoins dits « biologiques »…
    Enfin, vous parlez de « revenir à l’agriculture biologique ». L’argument le plus souvent employé par les défenseurs bornés d’une agriculture industrielle intensive est justement que l’agriculture biologique peut être considérée comme un « retour en arrière ». Ne leur donnons pas de grains à moudre. Prouvons-leur au contraire que les agricultures continuent d’évoluer, qu’elles tendent de plus en plus vers le même sens, que les querelles de clocher n’auront peut être un jour plus lieux d’être. L’agriculture biologique d’aujourd’hui n’est plus celle d’hier et comme elle continue d’évoluer, elle n’est pas encore celle de demain. Ce constat est valable pour les autres formes d’agricultures. Le nouveau fongicide décrit dans cet article est une preuve que sciences et techniques apportent encore chaque jour des éléments qui permettent à l’agriculture, biologique ou non, d’évoluer dans le bon sens.

    • Nous ferons certainement prochainement un sujet sur l’agriculture biologique, sa définition. il est vrai toutefois que certains produits dits « naturels » ne sont pas sans toxicité ou écotoxicité. L’aspect naturel (ne provenant pas de la chimie de synthèse, sans traitement chimique ?), est-ce là le seul critère d’inclusion dans la liste des produits utilisables en agriculture biologique ?

  81. Bonjour,
    Je compte essayer de mettre des poules dans ma vigne prochainement, mais j’ai encore un doute sur le comment elles supporteront les produits de sulfatages…

  82. Bonjour Philippe,
    Effectivement la question de l’application des produits phytosanitaires, biologiques ou non, peut poser problème lorsque l’on opte pour la présence de volailles dans ses parcelles de vignes, pas uniquement vis à vis des produits mais aussi du risque d’écraser les poules…
    Mais les volailles rentrent généralement le soir dans un poulailler mobile, il est alors possible de traiter la nuit sans toucher les volailles, ou alors de verrouiller le poulailler le soir, après qu’elles soient rentrées, afin de traiter le lendemain. Les poules seront libérées dès que l’éventuel délais de toxicité du produit appliqué soit passé…
    Merci de partager vos expériences. Nous attendons vos commentaires avec impatience.

  83. L’apparition d’adventices est due à deux choses :
    1. des conditions environnementales favorables, vous l’avez bien développé,
    mais surtout:
    2. la présence de graine ou de rhizomes susceptibles de germer.
    Si modifier les conditions environnementales (amendements, pratiques culturales.. ) a en effet un rôle essentiel à jouer dans le contrôle des adventices, et notamment à moyen et long terme, la base est aussi d’empêcher leur montée en graine…
    De plus, la présence de telle ou telle plante n’est pas forcément indicatrice et représentative du fonctionnement de la parcelle, mais plutôt, comme vous le précisez bien au début de l’article, de « cet endroit là, à ce moment là »

    @dusolauvin

  84. Salut et merci pour l’article

    Je voulais polémiquer sur une phrase de cette article :
    « concevoir un système productif exploitant au mieux les caractéristiques des écosystèmes naturels que sont la diversité, la stabilité, la résilience, la forte productivité »

    L’idée de cette affirmation c’est de rechercher (d’exploiter), la diversité, la stabilité, la résilience et la forte productivité.

    Il y a à mon avis, quelques erreurs de jugement et de considération.

    D’un point de vue écologie et écosystème, la stabilité est une conséquence de l’évolution d’un écosystème vers un stade de maturité (ou climax). Mais je ne vois pas quel intérêt pourrait avoir un agriculteur à rechercher la stabilité dans la conception de son système. La stabilité ne fait pas vivre l’agriculteur, il ne gagnera pas plus d’argent avec la stabilité…
    Et d’ailleurs la stabilité c’est quoi ? qui saurait l’expliquer simplement ? Même dans les manuels d’écologie ce terme est relativement confus tellement il englobe d’idées…
    Ma conclusion sur ce point, c’est que ce n’est pas utile de rechercher la stabilité lors de la conception permaculturelle d’un agrosystème.

    La résilience, je vois pas non plus l’application pratique et contemporaine qu’on peut en faire. C’est quoi la différence entre un agrosystème résilient et un agrosystème pas résilient…
    La résilience d’un agrosystème se joue principalement avec un facteur : l’agriculteur. Si y’a plus d’agriculteur, y’a plus d’agriculture. Et ça marche aussi bien en bio qu’un agriculture chimisée ou subventionnée.
    L’argument que j’entends souvent à l’encontre de l’agriculture chimisée est que si y’a plus de pétrole (ou de subvention), y’aura plus de produit ou d’énergie pour faire durer les systèmes, donc c’est pas résilient… mais qui croient réellement que le pétrole (ou les subventions) peut s’arrêter du jour au lendemain ? C’est de la foutaise ! Ceux qui produisent le pétrole sont aussi ceux qui l’utilisent (dans le sens où les puissances du pétrole influent sur les décisions à l’échelon nationale pour que le pétrole reste dans le système de production et génère de l’argent).
    L’énergie, c’est mon avis, n’est pas un facteur limitant du développement de l’agriculture à l’échelon national. Il peut l’être à un niveau individuel (un agriculteur qui n’a pas d’argent pour aménager son agrosystème par exemple)

    Je continue sur la notion de forte productivité. La permaculture, basée sur les plantes pérennes peut apporter une production importante utilisable par l’homme.
    Là où je veux polémiquer, c’est que généralement, quand un écosystème a acquis des caractéristiques de stabilité, diversité et résilience, sa productivité devient quasiment nulle. Une forêt climax ne produit pas grand chose en terme de biomasse. Par contre, elle recycle superbement bien la matière et génère un maximum de biodiversité. Le stade d’évolution d’un écosystème, dans la succession végétale, où il produit le plus, n’est pas le climax, mais l’étape de friche/fruticées/début de forêt.
    Si la notion de lisière en permaculture est mise en avant, c’est parce que celle-ci comprend généralement une dynamique d’évolution et une productivité accrue.
    Cultiver une lisière est plus productif que de cultiver une forêt. Mais une lisière n’est ni stable, ni résiliente.

    Quant à la diversité, je la vois plutôt comme une cause qui permet d’aller vers les 3 autres caractéristiques : stabilité, résilience, mais surtout forte productivité.

    Pour conclure, si la permaculture et leurs promoteurs veulent accompagner les agriculteurs à arrêter leur pratique destructrice, ils ferraient mieux de parler de la permaculture en terme de :
    – réduction et simplification du travail
    – réduction des charges
    – gain en productivité
    – donc marge accrue
    Ce sera à mon avis plus parlant que de dire :
    – modèle d’écosystème naturel, ou modèle forêt
    – vivre en harmonie avec la nature
    – système stable, résilient, diverisifé
    – ne plus polluer

    a+

    • Merci de votre commentaire étayé !
      Nous apprécions la polémique lorsqu’elle est constructive et saine et expliquée comme la vôtre.
      Au plaisir de vous lire à nouveau sur un autre articel ?

      A trés bientôt

    • Bonjour Moilamain, merci pour votre contribution à cette discussion et bravo pour votre site http://ressources-permaculture.fr (en lien sur votre pseudo). Très belle initiative !
      Pour revenir à votre commentaire concernant la phrase de l’article « concevoir un système productif exploitant au mieux les caractéristiques des écosystèmes naturels que sont la diversité, la stabilité, la résilience, la forte productivité ». Il me semble que vous avez peut être interpréter cette phrase dans un sens différent de celui que je voulais lui donner. Je vous rejoins sur le point qu’il est difficile d’exploiter (au sens strict du terme, tirer profit de…) un système stable, une forêt au stade climax par exemple, puisque le propre d’un système stable c’est de recycler sa production. Si on exploite, il y a moins à recycler, donc le système, en l’absence d’apport extérieur, s’appauvrit. Par contre, je ne partage pas votre avis lorsque vous dites « un écosystème a acquis des caractéristiques de stabilité, diversité et résilience, sa productivité devient quasiment nulle. Une forêt climax ne produit pas grand chose en terme de biomasse ». D’ailleurs, il me semble que vous vous contredisez un peu dans la suite de votre phrase « Par contre, elle recycle superbement bien la matière et génère un maximum de biodiversité ». Si une forêt climax ne produit pas grand-chose, qu’a-t-elle à recycler ? Le fait de générer de la biodiversité ne peut pas être considérer comme une production ? Avec quoi génère-t-elle un maximum de biodiversité si sa productivité est faible ?
      En fait, un écosystème stable est au contraire à l’optimum de sa productivité. Une forêt climax produit une quantité énorme de biomasse (elle fixe énormément de carbone). Mais effectivement l’exploiter, c’est aller à l’encontre de sa stabilité…
      Par contre, chercher à obtenir, en s’inspirant du fonctionnement des écosystèmes, un système le plus stable possible, le plus autonome possible, est une réalité qui a un sens, et qui de mon point de vue est défendue par la notion permaculturelle. Si je prends l’exemple d’une prairie naturelle, sur laquelle pâture à l’année un chargement d’animaux limité et adapté à la surface, alors l’agriculteur peut produire et vendre des animaux (donc exporter une production du système), sans ajouter de nourriture extérieure, avec un minimum d’énergie dépensée et sans pour autant appauvrir la prairie. 99% des constituants d’une plante sont d’origine atmosphérique et l’énergie utilisée est renouvelable (soleil). Le système est stable (ne s’appauvrit pas) et permet une production exportable. C’était le sens de la phrase…
      La résilience, où la capacité à résister aux aléas, est également une capacité de certains écosystèmes, basée sur leur diversité intrinsèque, dont devrait s’inspirer les agrosystèmes. A l’heure où les changements climatiques impactent de plus en plus sensiblement certaines productions agricoles, réinjecter de la diversité dans un agrosystème peut permettre d’augmenter sa résilience et donc sa productivité (et donc le revenu de l’agriculteur). Je prends l’exemple de semer ne serait ce que deux variétés de blé différentes dans une même parcelle. Une des variétés peut être très sensible à la sécheresse, l’autre très sensible aux maladies. Une année sèche le deuxième blé produira plus, une année humide c’est l’autre qui tirera son épingle du jeu… Le système est plus résilient face aux aléas climatiques, sa productivité moyenne est augmentée. Il me semble que c’est là encore une vision défendue par la permaculture.
      Vous parlez d’énergie. Je n’entrerai pas, faute de compétence dans ce domaine, dans les détails géopolitiques de l’approvisionnement en pétrole, de son prix, ni de la date de sa fin. Les seules considérations que je peux avoir sont que le pétrole est par définition une source d’énergie non renouvelable. Si selon vous, l’énergie n’est pas un facteur limitant du développement de l’agriculture, elle se doit néanmoins de rechercher l’utilisation la plus efficiente possible des énergies qu’elle utilise, même si celles-ci sont renouvelables. La résilience d’un agrosystème dépend donc également de sa capacité à utiliser les énergies de la manière la plus efficiente possible.
      Vous évoquez les notions de lisières et de bordures, chères aux permaculteurs, et je vous rejoins sur l’intérêt de ces écosystèmes particuliers. S’ils sont si productifs malgré le fait qu’ils sont instables, c’est grâce à leur diversité, riche de la diversité des deux écosystèmes qui se touchent.
      Il y a donc bien un intérêt pour l’agriculteur à rechercher la diversité, la résilience et la stabilité dans l’objectif d’améliorer sa productivité. Et ce même si ces 3 caractéristiques sont difficiles à conjuguer. Un agrosystème est un écosystème avec un facteur « homme ». L’homme peut donc par ses actions (ou ses non-actions) orienter le fonctionnement du système. L’artificialisation du système a apporté ses avantages pour l’agriculture industrielle (homogénéité, mécanisation, intensification), mais également un certains nombre d’inconvénients (forte dépendance énergétique, faible résilience, pollution). Aujourd’hui, une approche permaculturelle permet d’envisager de laisser le système remplir « naturellement » un certains nombre de services.

      Un dernier mot concernant le vocabulaire qui selon vous devrait être adopté par les promoteurs de la permaculture…
      – réduction et simplification du travail
      – réduction des charges
      – gain en productivité
      – donc marge accrue
      Il me semble que les vendeurs de produits phytosanitaires emploient les mêmes…
      Je pense donc, que même si ce discours à plus d’impact et qu’il est véridique, l’approche permaculturelle implique également et de façon intimement reliée les notions de :
      – modèle d’écosystème naturel, ou modèle forêt
      – vivre en harmonie avec la nature
      – système stable, résilient, diversifié
      – ne plus polluer
      Ces mots correspondent aussi, je pense, à une attente actuelle de la part des agriculteurs. Ceux qui se disent qu’il y a une voie pour une Nouvelle Agriculture.
      Merci encore pour votre contribution à ce débat très intéressant. Au plaisir de vous relire.

      • pour l’instant, 3 oies pour environ 6 ares et une trentaine d’arbres (incl. fruitiers et non-fruitiers). Je mettrai davantage d’oies le printemps prochain. Je suis occupé à tailler les arbres non-fruitiers afin d’obtenir davantage de lumière pour les fruitiers (qui sont au milieu).
        Cordialement,

        • Les oies c’est vraiment magique, ça vous tond une pelouse comme un green de golf, ça avance de front ce qui fait que la coupe est homogène et c’est plus efficace qu’un chien de garde pour protéger votre verger contre « les voleurs de pommes » ! Et en plus c’est délicieux à Noël … Si on pas devenu trop copains…
          Allez vous essayer de mettre quelques poules avec les oies. Il me semble que la cohabitation se fait bien… En tout cas leurs actions sont complémentaires puisque les poules grattent le sol et ont un régime plus insectivores. Mais attention, trop de poule, ça n’entretien plus une bande enherbée, ça désherbe !

          • En fait, j’attends que le trèfle que j’ai semé comme couvert s’installe bien avant d’ajouter des oies. En parallèle à l’éclaircie côté sylvo, j’ai semé un mélange prairie (trèfles, ryegrass ~mélange Lemaire-Boucher n°4) pour améliorer le fourrage disponible pour les oies.

  85. Super , merci pour cette petite histoire de la tomate , j’ai appris beaucoup de choses .

  86.  » Le plus incroyable c’est que la tomate, petite de taille, pétillante et « solaire » est alors considérée avec suspicion comme un produit vénéneux ! « …
    Ce n’est en fait pas si incroyable, car toutes les parties du plant de tomate, à l’exception du fruit mûr, contiennent de la solanine qui est toxique. Une infusion de feuilles de tomate est possiblement mortelle. Mais ça, c’est un défaut de famille, car la tomate appartient à la famille des Solanacées qui contient beaucoup de plantes très toxiques (datura, belladone, mandragore, morelle) et, paradoxalement, également les plantes parmi les plus utilisées ; tomates, tabac, aubergines, piments, poivrons et surtout la pomme de terre ! Pour cette dernière aussi, il aura fallut la ruse de Parmentier (le champ gardé le jour mais pas la nuit) et la généralisation des bonnes méthodes de culture pour faire oublier la mauvaise réputation de la plante liée à la toxicité des tubercules verts ayant vu la lumière …
    Merci pour cet article intéressant.

  87. Que pensez d’apport de fumier en quantité limitée sur culture de blé pendant l’hiver ?
    Les raisons : – disponibilité en temps et matériel
    -evite les tassements du sol car réalisé sur sol gelés
    Merci pour vos réponses

    • De mon point de vue, les raisons techniques que vous évoquez (disponibilité en temps et matériel, éviter le tassement sur sol gelé) sont tout à fait valables et peuvent à elles seules justifier l’apport hivernal de fumier sur céréales d’hiver.
      L’apport de fumier en hiver est, pour la vie du sol, toujours mieux que pas d’apport organique du tout, il peut tenir le rôle de couverture sur les entre rangs et protéger le sol favorisant l’activité biologique.
      Par contre, d’un point de vue agronomique, vous apporter un amendement organique à une période où l’activité biologique est la plus faible. Sans activité biologique, le fumier ne se décomposera pas, ne sera pas assimilé par le sol, et vous risquez de perdre, par lessivage ou volatilisation, une partie des éléments minéraux de votre fumier, surtout si l’hiver est pluvieux et pas assez froid. Peut être vaut il mieux l’apporter en fin d’hiver ? (Les cultures qui reprendront bientôt leur croissance végétative puiseront les éléments minéraux avant lessivage. On profite plus des éléments fertilisants du fumier mais moins de son rôle de couverture et de protection du sol) ?
      D’un point de vue réglementaire (directive nitrate), à vérifier selon votre région, l’apport est autorisé sur céréales à paille à la condition que le C/N soit supérieur à 8.

    • Les fumiers sont des fertilisants organiques de type 1 selon la directive nitrate, ce qui correspond à des calendriers d’épandage spécifiques à chaque département. Dans la plupart des cas, les épandages d’hiver sont interdits. De plus, l’épandage sur sol gelé est toujours interdit même pendant les périodes autorisées.
      D’un point de vue agronomique, l’épandage pendant une période où la microflore et les plantes sont les moins actives expose le fumier à tous les risques de lixiviation ou érosion superficielle. Il est beaucoup plus intéressant d’apporter le fumier le plus tôt possible au printemps ou à l’automne avant l’implantation d’un colza, d’une prairie ou couvert végétal. L’apport d’automne sur céréales d’hiver est déconseillé car la couverture du sol est insuffisante et les besoins faibles.

  88. Merci pour votre article.

    « La nature doit rester libre de toute ingérence et interventions humaines » est en contradiction avec le fait de «restaurer la nature détruite par le savoir et l’action de l’homme. »

    Vous prenez le très bon exemple de la culture de la vigne. Où commence l’intervention de l’homme considérée comme acte contre nature ? La vigne est le résultat d’une longue sélection et de croisement d’espèces et de variétés. Acte pervers ? Les cépages sont greffés aux pieds mères, encore une intervention humaine complexe et délicate. La vigne subit ensuite un nombre impressionnant d’interventions par la main de l’homme, taille, tirage, attachage, épamprage, relevage, effeuillage, éclaircissage, broyage, désherbage, travail du sol… Je ne m’attarde pas sur la protection phytosanitaire (acte sacrilège et destructeur pour les écologistes profonds) qui vise à lutter contre les principales maladies de la vigne : le mildiou et l’oïdium. Pourquoi des produits naturels seraient approuvés sans la moindre objection et les produits de synthèse considérés comme néfastes et condamnables par une partie des intégristes naturalistes promoteurs du bio à tout prix ?

    «Le simple fait d’exister est interventionniste et destructeur, nous sommes, par essence, des consommateurs de ressources. Ne parlons pas de notre propension à nous reproduire. »

    Vivre c’est lutter. Pour l’homme, c’est combattre sans cesse son milieu hostile (le récent typhon qui vient de frapper les Philippines en est le malheureux exemple).
    Mais l’homme n’est pas uniquement destructeur, il crée aussi en se développant, il construit ! Une école, un hôpital sont-ils des réalisations qui détruisent l’humanité ou la nature ?

    « Le sol est un capital à respecter, mais n’oublions pas la plante, car c’est elle qui nous nourrit ! »

    Merci pour cette conclusion. L’agriculteur est tenu de respecter son sol pour que celui-ci lui rapporte des récoltes dans le temps. Il ne peut pas faire autrement que d’être impliqué dans sa préservation, mais l’agriculteur rationnel ne peut pas tout miser sur l’activité microbiologique, le taux de matière organique ou la quantité de lombrics que contient celui-ci.
    Protéger la partie aérienne, le végétal qui supporte les futures récoltes est indispensable. Comment envisager une agriculture durable qui se moquerait des rendements qui la font vivre ? Produire de manière quantitative et qualitative a toujours été l’objectif de l’agriculture. Avec de plus en plus de bouches à nourrir et des surfaces agricoles en diminution, comment prétendre revenir à une agriculture vivrière qui remplirait cette ambition ? C’est la science et non les croyances et pratiques d’un autre temps qui seront capable de relever les défis de l’agriculture nouvelle, sans préjuger, celle qui nourrira correctement les hommes tout en intégrants les contraintes environnementales : l’inoculation des plantes par les symbioses fait partie de cette voie comme les OGM finiront par s’imposer un jour en Europe : c’est ça l’agriculture rationnelle.

    http://0z.fr/hxqc6

    • Ravie que cet article vous ait plu et de vos arguments toujours pertinents. Quand est ce que vous écrivez chez nous ????

  89. « Pourquoi des produits naturels seraient approuvés sans la moindre objection et les produits de synthèse considérés comme néfastes et condamnables par une partie des intégristes naturalistes promoteurs du bio à tout prix ? »

    – Les produits naturels et les nombreuses méthodes de cultures alternatives aux produits de synthèse fonctionnent très bien contre les ravageurs aux végétaux cultivés, pas seulement sur les parties aériennes de la plante à consommer, car les acteurs de l’écologie, les écologues et les agrobiologistes ont pris conscience que le sol et le sous-sol n’était pas qu’un substrat support de culture.

    Des études sont menées dans cette direction par des acteurs institutionnels du secteur agricole dans la recherche, conseil et développement qui s’investissent pour répondre aux besoins du moment.
    En l’occurrence, en plus des pléiades de solutions déjà à notre disposition, nous attendons avec impatience les aboutissants de la recherche sur les huiles essentielles en alternative aux insecticides et fongicides de synthèse, mais aussi comme apports foliaires en nutriments pour les végétaux cultivés avec (je le précise) des objectifs de productions quantitatifs et qualitatifs.

    « Avec de plus en plus de bouches à nourrir et des surfaces agricoles en diminution, comment prétendre revenir à une agriculture vivrière qui remplirait cette ambition ? »

    – En incitant les collectivités locales à installer des agriculteurs sur leur territoire, sur des surfaces à taille humaine définies par les SMI (surfaces minimum d’installation.)
    Ce pour toutes les agricultures : Élevages, grandes cultures, maraîchage, arboriculture, pépinière, floriculture, sylviculture…etc.
    – En incitant les agriculteurs exploitant sur les avantages de la diversification des activités à la ferme, l’exemple idéal étant la polyculture-élevage, mais pépinière et céréales en est un autre, arboriculture et maraîchage ou maraîchage et floriculture (pour la production des jeunes plants de légumes à repiquer.)

    La transformation à la ferme ou à proximité, la vente directe pour les circuits courts alimentaires sont encore au stade de niches, mais en pleine expansion.

    Toutes ces projections d’auto-suffisances économiques ont pour but le rayonnement de l’agriculture, la préservation des savoir-faire terriens par la formation, l’emploi, la création ou la reprise d’entreprises à vocations agricoles.

    Quant à la bio ou les cahiers des charges et techniques particulières équivalents ; ne considérons cela que comme un levier permettant de parvenir à une agriculture nouvelle.

    Bien cordialement
    Sylvain

  90. Olivier vous posez une question pertinente: Où commence l’intervention de l’homme considérée comme acte contre nature ?

    D’abord je voudrais lever quelques confusions faites et qui ouvrent la voie à des raisonnements trop manichéens. Je cite « Vivre c’est lutter ». Il aurait été plus juste de dire « vivre c’est s’adapter ».
    Première confusion: La nature et le vivant. La nature est composé du milieu naturel + le vivant qui l’a colonisé (Il y a le milieu naturel sur Mars mais pas ou plus de vivant). Sur Terre le vivant s’est développé et se développe toujours sous les conditions changeantes du milieu, parfois de manières brutales et d’autres fois douces, et en conséquence celui-ci doit perpétuellement évoluer et s’adapter à ces nouvelles conditions (le vivant modifie également fortement son milieu naturel). Il n’y a pas d’hostilité, qui suppose une volonté extérieure de nuire, juste un monde qui change (parfois violemment, je le répète, exemple des typhons). Cela est ni bien ni mal, ce sont les conditions du système qui a accueilli la vie.
    Ce que l’on observe, c’est que la vie modifie son milieu pour le rendre plus propice à la vie. C’est un cercle vertueux que le vivant perpétue. Et c’est la que se tient la réponse à votre question de départ. Mes actions sont-elles propice à la vie, forcement sur le long terme, ou pas ? Ou bien mes actions sont-elles perturbatrices des cycles du vivant, des écosystèmes ?
    Il est utile de se poser ces questions !
    Je comprend que vous puissiez vous poser aussi d’autres questions comme: Pourquoi mes rendements baissent alors que la vie engendre automatiquement plus de vie ? Sous ces conditions mes rendements devraient augmenter au fil du temps. Il faut alors se demander: Quelles perturbations ai-je causées qui inverse le processus ? Pour cela il faut observer et comprendre comment le vivant fonctionne (puisque c’est lui que l’on veut orienter pour nos besoins). C’est lui qui « sait » comment ça marche ! Que fais-je qui ne soit pas présent dans la nature ?

    La réponse: La monoculture et le labourage !
    Les bactéries (anaérobies) qui décomposent les végétaux et enrichissent la terre sont détruites par l’oxygène qui est introduit par le labourage. On pallie par l’apport d’engrais qui engendre des pollutions.
    La monoculture épuise les sols, même avec l’alternance d’autres monocultures ou des périodes de jachères les nutriments (comme l’azote) contenus dans la terre diminuent.
    La monoculture affaiblie la résistances des cultures. En revanche la diversité des plantes sur un terrain freine la propagation des maladies.La monoculture favorise les épidémies.
    En conséquence les rendements baissent. Pour palier à cela, on pulvérise engrais et pesticides. Mais les divers « ravageurs » s’adaptent, alors on développent de nouvelles molécules encore plus destructrices. Et les ravageurs s’adaptent à nouveau et résistent. Alors on invente les OGMs. Et on constate actuellement que les nuisibles s’y adaptent aussi. Alors, on attend la nouvelle arme destructrice issue des laboratoires industriels. Mais où cette course va t’elle nous conduire ?
    Le meilleur moyen de sortir de ce cercle vicieux est de sélectionner des plantes vivaces (pérennes) pouvant être consommés et cultivés en polyculture. Cette prairie comestible serait non seulement une nouveauté, mais surtout exactement le contraire de ce que nous connaissons actuellement. Les plantes passeraient l’hiver en place, finis donc les labourages et semailles annuels ainsi que l’érosion des sols (ses plantes font des racines l’hiver). Finis aussi l’apport l’amendement artificiel car des plantes fixant l’azote seraient associées (coopération entre plantes). Plus besoin non plus de pulvériser des pesticides car le mélange de nombreuses espèces différentes ralentit la progression des ravageurs.
    Bref la polyculture de plantes vivaces (graminées et légumineuses par exemple) recréer des cycles vertueux.
    Pour la vigne, du trèfle (légumineuse qui fourni de l’azote) semé entre les rands est un début. Cette technique est déjà pratiquée et donne de bon résultats.

    Si vous doutez de cela, sachez que l’INRA lance un programme de recherche sur la permaculture (technique d’agriculture inspirée de la nature) et qui a pour but objectif de comparer les rendements obtenus avec ceux de l’agriculture traditionnelle. Gageons que cette étude permettra de clore les polémiques futures.

    • @Sylvain&Biomimesis,

      PETITE PHILOSOPHIE ENTRE AMIS__________________________
      Vivre, c’est lutter… et jouir ! Le reste du temps, l’homme ne fait que s’adapter ou bien il disparaît. C’est cruel, mais c’est ainsi, il y a certaines évidences qu’il vaut mieux ne pas ignorer. La nature n’est pas bonne mère comme le prétend Pierre Rabhi. La nature abrite un nombre de vies variées où chaque espèce doit s’efforcer de lutter pour rester en vie et finir inexorablement par mourir. Dans les documentaires animaliers, je n’ai jamais trouvé les animaux particulièrement tendres entre eux, même si le lion peut parfois se montrer affectueux avec ses petits, il n’en reste pas moins un animal féroce que redoutent bon nombre d’espèces qui croisent son chemin. Si la nature était si bonne que cela, alors pourquoi l’homme aurait-il eu besoin d’inventer l’agriculture ? L’environnement est d’abord un milieu hostile pour l’homme qui doit lutter en permanence contre des situations les plus élémentaires : se nourrir (lutter contre la faim), se vêtir (lutter contre le froid). Nos sociétés riches ont peut-être tendance à oublier que cette condition humaine privilégiée a pu se gagner qu’au prix de longs et durs efforts au cours de notre histoire.
      L’homme aurait-il eu tort de s’être battu pour construire nos civilisations actuelles ? Personnellement, je ne souhaite à personne de retourner à l’âge de pierre. C’est au contraire avec plus de science (le savoir) que l’humanité parviendra à progresser et non en refusant le progrès technique diabolisé par des écologistes radicaux qui baignent dans des croyances d’ordre religieux…

      LA DURE RÉALITÉ ÉCONOMIQUE___________________________
      Comme sur terre rien n’est uniforme et que rien n’est figé définitivement, l’agriculteur ne peut faire autrement que de s’adapter à son milieu, avec les moyens et les savoirs mis à sa disposition qu’il doit intégrer et mettre en pratique. Les conditions culturales du Sahel ne sont pas celles du nord de la France. Dans une même zone géographique, l’agriculteur est amené à considérer la variabilité des sols et sous-sols pour pouvoir y faire pousser des cultures adaptées au climat tout en appliquant au mieux les moyens possibles à cette mise en œuvre. La notion de rentabilité est toujours prise en compte. Avec de l’argent, c’est toujours plus facile d’obtenir des récoltes… Si on regarde dans le détail, les itinéraires culturaux, sur différentes fermes, on s’aperçoit qu’aucun agriculteur ne travaille de la même façon. De nouvelles techniques apparaissent certes, mais se généralisent que si celles-ci sont capables de remplir les objectifs de production dans la durabilité.

      PRODUITS NATURELS OU DE SYNTHÈSES ?_________________
      Il ne faudrait pas se cloisonner dans l’idée que seuls les produits naturels sont bons pour les cultures, tout le reste étant mauvais.
      Aujourd’hui si les produits de protection des plantes d’origine naturelle étaient si merveilleux et performants, ils seraient adoptés par l’ensemble de l’agriculture.

      Dans la protection de la vigne, l’utilisation du cuivre connait ses limites (efficacité et environnement) et il me paraît plus raisonnable de jouer sur plusieurs principes actifs pour contrôler les maladies cryptogamiques ou les populations d’insectes ravageurs. Que demandent les agriculteurs ? Des produits efficaces, les moins polluants, les plus faciles à utiliser, les moins dangereux pour leurs santés. Si des produits « naturels » remplissent ces objectifs, alors ils seront utilisés sans réticences (la notion de prix intervient quand même!).

      LE SOL NE PEUT PAS TOUT ET AU FINAL, C’EST LA NATURE QUI, DANS SON ENSEMBLE, A LE DERNIER MOT___________
      Le non-travail du sol, la rotation des cultures, les couverts végétaux, l’utilisation des insectes auxiliaires, sont des techniques intéressantes, mais dans mon cas en viticulture, lorsque je plante un pied de vigne c’est pour 30 ans ! Je ne peux faire autrement que d’avoir recours aux pesticides. Si demain des plants obtenus par transgenèse permettaient de ne plus traiter les vignes seriez-vous contre ? Certaines organisations environnementales par pur principe idéologique s’opposent à la culture de semences transgéniques qui permettraient pourtant d’améliorer les conditions humaines dans les pays pauvres. Dans ce cas d’urgence, ce refus catégorique est criminel.

      Cette année, en Charente, la récolte est décevante. A qui la faute ? Aux viticulteurs qui ne savent pas travailler ? Non dans son ensemble, c’est la faute à la nature ! Tout d’abord la pression parasitaire (le mildiou) a été forte cette encore. Des dégâts sur feuilles puis sur grappes ont été constatés, mais ont dans la majorité des cas pu être contenus grâce à un bon niveau de protection phytosanitaire. Fin septembre le raisin n’était pas encore mûr, mais commençait à être atteint par des foyers de botrytis. La maturité n’était pas encore arrivée alors qu’il fallait commencer à vendanger. Bien que le mois de juillet laissait espérer une récolte généreuse, l’excès d’eau dans certains secteurs, le retard du cycle végétatif et les températures basses ont été fatales pour le végétal : une vendange à l’état sanitaire critique et pauvre en sucre. Aujourd’hui, dans le vignoble, un grand nombre de rameaux ne sont toujours pas aoutés… Maintenant, si vous connaissez des méthodes qui me permettent de ne pas traiter du tout ou d’utiliser des produits naturels respectueux de l’environnement et des hommes qui travaillent dans la vigne, je suis preneur ! Par contre, je tiens à rajouter que je ne souhaite pas voir bondir mes couts de production et que je désir produire aussi quantitativement et qualitativement qu’avec les techniques qui ont fait leurs preuves.
      La biodynamie, travailler avec la lune ou faire écouter de la musique aux plantes sont des pratiques plus proches de l’ésotérisme que de la science…

      LA POPULATION EST-ELLE CONSCIENTE DES CONSÉQUENCES D’UN ÉVENTUEL RETOUR A UNE AGRICULTURE ARTISANALE ?
      On peut regretter l’augmentation des tailles des exploitations agricoles (et la diminution de ses agriculteurs), qui peuvent paraître parfois inhumaines, mais toutes les bonnes intentions de biens pensants qui s’imaginent qu’un retour à une agriculture artisanale finira par revenir sont des leurres manifestes. Alors que les travaux de la terre sont de plus en plus boudés et que la main-d’œuvre qualifiée se fait de plus en plus rare sur le marché du travail, comment laisser croire qu’un éventuel retour à une agriculture plus demandeuse de travail manuel puisse facilement apparaître dans nos pays où la concurrence de nos produits alimentaires est une réalité criante ?

      L’agriculture est perfectible et les paysans qui ont les pieds sur terre le savent bien. Cependant les réalités administratives (mises aux normes, paperasse…), fiscales et environnementales toujours plus contraignantes ne permettront pas le bouleversement voulu par des idéologues déconnectés des conditions de la vie réelle. De plus, il faudrait aussi que cette envie soit partagée par la majorité des citoyens dans un pays où le pouvoir d’achat dégringole. Une agriculture plus chère, dont l’ensemble de la population n’aurait pas accès aux produits, c’est une agriculture destinée à des consommateurs aisés…

      http://www.forumphyto.fr/2012/10/04/l%E2%80%99agro-ecologie-c%E2%80%99est-quoi-au-juste-reportage-de-l%E2%80%99afis-ardeche/
      http://www.youtube.com/watch?v=VVeowXl1HVo&context=C26915ADOEgsToPDskLEwnqGX5k0SOY5gqhuRY41
      http://0z.fr/ruIX5
      http://0z.fr/panGs
      http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2113
      http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2120

  91. Existe t il des solutions de methanisation dimensionnée pour un usage familiale?

  92. Bonjour. Depuis plusieurs années je procède personnellement à la cueillette de pommes de différentes variétés au lieu dit  » les vergers de Gally » suivant mon choix en fonction de mes préférences. Cette année 2013, j’ai surtout cueilli des Canada car c’est une pomme que je conservais bien et dont la chair est meilleure en janvier, février plutôt que fraîchement cueillie. Malheureusement pour moi, cette année toutes mes pommes se pourrissent en commençant par le pédoncule et en se propageant dans toute la pomme. Tous les jours je trie pour manger ce qui est récupérable mais je vais probablement jeter plus de 50 kilos de pommes et ça me fait mal au cœur. A savoir que mes pommes en apparence pourries ne semblent pas avoir un seul ver à l’intérieur. Que me conseillez-vous ? En attendant, je vous remercie de votre compréhension. Bien cordialement à vous. André ROY

    • Bonjour,
      La bonne conservation des pommes dépend de plusieurs facteurs. Le premier facteur est variétal, toutes les variétés de pommes n’ont pas les mêmes capacités de conservation. Cependant dans votre cas, la pomme Canada est susceptible de se conserver 6 mois dans de bonnes conditions…
      Les conditions de conservations sont importantes. Les pommes doivent être conservées à l’envers (pédoncule vers le bas), dans un local à l’abri de la lumière, frais (maximum 12°c idéalement entre 6 et 10°C) et aéré. Ce dernier point est essentiel. Les pommes sont des fruits dits climactériques, c’est-à-dire que leur maturation et leur conservation est dépendante de l’éthylène (gaz sécrété par le fruit qui agit comme une hormone de maturation). Dans un local mal ventilé, l’éthylène s’accumule et les fruits murissent plus vite et se conservent moins longtemps… Les pommes ne doivent pas se toucher car si une pourrie, elle contaminera les autres. Les cagettes doivent être propres voir désinfectées (eau de javel) pour éviter qu’elles ne transmettent des pourritures. On peut également recouvrir les cagettes de papier journal.
      Pour éviter toute dégradation lors de la conservation, il faut agir dès la récolte. Choisir les meilleurs fruits même imparfaitement mûrs (ils poursuivront leur mûrissement un fois cueillies). Peau lisse, exempte de nécroses sont des gages de bonne conservation. Les fruits tombés à terre ne peuvent pas être conservés longtemps, l’impact de la chute les a un peu abimés, même si ce n’est pas visible à l’extérieur. De même, il faut éviter de choquer les fruits lors de la récolte.
      Avant de stocker les fruits, ceux-ci gagnent à être légèrement sécher (local sec et aéré pendant quelques jours). Durant le stockage, il faudra régulièrement surveiller l’état des fruits et ôter ceux qui s’abiment. Les moisissures se répandant très vite ! Il faut savoir également que les conditions de l’année sont particulières, temps doux (trop doux) et très humide sont des éléments qui favorisent la dégradation rapide des fruits. Les professionnels eux, disposent de locaux où les qualités de l’air sont finement contrôlées (température, humidité, concentration d’éthylène…)
      Plus contraignant, réservé à de petites quantités, tremper le pédoncule dans de la cire chaude pour éviter l’évaporation et emballer chaque fruit dans une feuille de papier journal…
      Si la dégradation des fruits est inexorable, il reste la solution de faire de la compote qui, elle, placée au congélateur, se conservera bien une année !

  93. Bonjour,
    Il n’existe pas à ma connaissance de solution de méthanisation manufacturée à usage domestique. Cependant le web regorge de schémas de fabrication artisanale, de projets menés dans des pays en voie de développement. Le principe général de la méthanisation agricole est très simple puisqu’il s’agit de récupérer les déchets organiques pour les valoriser dans un réacteur étanche où ils seront transformés en biogaz. Il est donc tout à fait possible de concevoir des digesteurs avec peu de moyens, dimensionnés pour un usage familial. Cependant, il faut souligner 3 points :
    – Le risque d’explosion ou de fuite. Le méthane est un gaz inflammable et toxique. Son stockage est particulièrement problématique pour un usage domestique.
    – En France, le particulier n’a pas le droit de produire de l’énergie. Tout producteur d’énergie doit en effet s’acquitter d’une taxe…
    – Un digesteur doit être alimenté en permanence, et il est gourmand ! Selon une source internet, « Pour une famille de 5 personnes, un biodigesteur de 5 m3 suffit à produire le biogaz pour la cuisson du repas. Ce digesteur doit être alimenté tous les jours avec des déchets organiques, comme par exemple deux seaux de lisier de porc. » Et il ne s’agit là que de cuire le repas, pas de chauffage, d’éclairage ou de production d’électricité… Et il faut beaucoup de matière organique à disposition. Cela réserve donc l’utilisation de biodigesteurs, même artisanaux, à des familles disposant d’animaux…
    Lorsque l’on parle de méthanisation, on ne présente souvent que la méthanisation par voie humide qui nécessite de grosses et coûteuses infrastructures. Son principal avantage est de pouvoir traiter les lisiers produits par les élevages intensifs hors sol…La méthanisation par voie sèche est une alternative moins connue mais qui présente de beaux avantages, coût moindre, flexibilité… (cf article précédent « En quoi consiste la méthanisation ? »).
    La méthanisation n’est pas non plus une panacée. Il faudra faire attention à ce que cette méthode, initialement conçue pour traiter des déchets de l’élevage intensif, ne devienne pas, à cause de subventions mal réfléchies, de nouvelles sources de problèmes environnementaux. Ces nouvelles centrales électriques sont maintenant souvent alimentées par des cultures énergétiques (maïs) cultivées en lieu et place de cultures vivrières moins intéressantes économiquement parlant (subventions …) pour l’agriculteur européen. En Allemagne ce problème commence à faire parler de lui, des zones agricoles entières sont maintenant consacrées à la monoculture de maïs destinée à alimenter les (trop ?) nombreuses usines de méthanisation… Avec tous les problèmes que la monoculture engendre sur les sols et la biodiversité…
    Autre paradoxe, disposant maintenant de méthodes « écologiquement acceptables » pour traiter les déchets, la réduction de la production de déchets n’est plus un problème prioritaire… Ainsi, on parle de construire en Bretagne une unité de méthanisation que l’on compte alimenter avec les trop fameuses algues vertes… Et n’oublions pas que le lisier, qui à lui seul justifie l’intérêt pour la méthanisation, est un déchet produit par les élevages intensifs hors sols que beaucoup de consommateurs dénoncent aujourd’hui. Un dernier point, la méthanisation produit surtout… de la chaleur ! Si une partie est valorisée en chauffage du digesteur, le plus souvent, le reste est perdu. Les nouvelles installations doivent donc intégrer la récupération et l’utilisation de chaleur (chauffage collectif, chauffage de serre …) comme composante de l’efficacité énergétique et environnemental de cette méthode.

  94. Nous sommes en perpétuel renouveau au fur et à mesure des résultats de la science.
    Donc en tant qu’agriculteur j’adapte à chaque innovation positive mes choix et mon travail.
    Concernant la protection des productions il semblerait que du moment que c’est bio … c’est bon ! Et bien NON ; Ce n’est pas bon pour tous . je m’explique .
    Les matières actives naturelles ont aussi des incidences sur la santé et pas des moindres. certains multiplie par 2,5 le risque d’une maladies de Parkinson , d’autres sont neurotoxiques, d’autres présentent des irritations cutanées, etc…
    Beaucoup de progrès arrivent chaque jour, pour le bien du consommateur, de l’utilisateur et de l’environnement. Mais ne pas oublier que toute concentration de matières actives provoque des risques autant celle de la nature que celle de la synthèse.
    Nous avons encore beaucoup de question technique à résoudre et il est anormal de donner une matière active naturelle sans risque si je suis en bio et dangereuse si je suis en conventionnelle : c’est le même produit. Que chacun réfléchisse avant de donner des leçons.

    • En effet, ce n’est pas parce que c’est utilisable en bio que c’est dépourvu de risques et de toxicité. il existe des exemples concrets de produits dits « naturels » mais très toxiques (voir plus haut). Et je suis d’accord avec vous toute matière (naturelle ou pas) peut être dangereuse, le sucre à forte dose est dangereux, . Toutefois les matières actives naturelles ou de synthèses ont un classement toxicologique ou n’en ont pas. Selon moi, Il n’est pas question d’absence de risque car le « sans risque » n’existe pas, mais de niveau de risque.

      • 100 % d’accord avec vous JMS.
        Comme l’a écrit Paracelse, l’un des pères de la toxicologie, au XVI ème siècle « rien n’est poison, tout est poison, seule la dose fait le poison »
        Ainsi la considération naturelle ou chimique n’a rien à voir avec la toxicologie. La dose létale qui tue 50% d’une population de rat (DL 50) démontre également que des produits naturels peuvent être plus toxiques que des produits chimiques.
        DL 50 roténone (insecticide naturel) 2.8 mg/kg
        DL 50 bouillie bordelaise (fongicide naturel) 300 mg/kg
        DL 50 glyphosate (matière active du désherbant Round up) 2000 mg/kg (même si comparer la toxicité d’un herbicide avec un insecticide n’est pas très logique, le glyphosate est donné ici à titre d’exemple de molécule de synthèse)
        Mais les produits les plus anodins ont également un seuil à partir duquel ils deviennent toxiques :
        La DL 50 de l’eau est de 90g/kg (soit 6-7 litres pour un homme), celle du sucre 29.7 g/kg, celle de la vitamine C de 11,9 g/kg, celle du sel de table de 3g/kg et celle de l’aspirine 1.2 g/kg
        Attention cependant, car le dogme de Paracelse ne tient pas compte des effets d’accumulation (plusieurs fois une dose non mortelle peut devenir mortelle) ni des effets synergiques (effet « cocktail ») de certaines molécules avec d’autres… 2 molécules peu toxiques peuvent, ensemble, former un poison violent. Sans oublier d’autres considérations utiles en agriculture :
        – La bio dégradabilité d’une molécule. Vaut-il mieux une molécule moyennement toxique qui dure 20 ans ou une molécule très toxique qui dure 2 heures ?
        – Les produits de dégradation d’une molécule. Certains métabolites peuvent être plus toxiques et/ou plus rémanents que la molécule d’origine…
        – L’impact sur l’environnement et la biodiversité (la DL 50 varie d’un organisme à l’autre. Généralement donnée pour le rat, elle peut être beaucoup plus faible pour les organismes aquatiques par exemple…).
        Il reste donc encore de quoi intoxiquer les débats !

  95. Merci et bonne année au blog agriculture nouvelle pour 12 mois de bons articles à notre profit !
    Je vous recommande la lecture d’un nouvel ouvrage paru chez l’Harmattan : « Propos éclectiques d’un agronome » de Jean Salette, ancien de l’INRA, mais plutôt original. Un livre qui ouvre les esprits, et aide à voir loin.
    Belle année !

    • Merci Vincent pour cette suggestion de lecture ! Le descriptif du livre le rend appétissant !

  96. Merci beaucoup… déjà pour le blog, trés sympa mais particulièrement pour cet article qui rappelle l’importance d’adopter un mode de fertilisation respectueux de la planète. Il faut que nous soyons de plus en plus a adhérer à cette agriculture d’un nouveau genre.

  97. La sélection clonale a, comme vous le précisez, l’inconvénient majeur de fortement réduire la diversité génétique. Cet argument peut s’avérer contre productif vis à vis des problèmes sanitaires. Si, à l’origine, la souche sélectionnée est bien garantie exempte de problème sanitaire, elle peut s’avérer génétiquement sensible à un futur problème. L’ensemble de la parcelle sera alors concernée par ce parasite, ce ravageur, cette sensibilité climatique…
    L’exemple est illustré par la sélection fruitière où 10 à 15 années sont nécessaires pour créer une nouvelle variété résistante et, au moment de sa commercialisation, les résistances sont contournées par une nouvelle souche… Beaucoup de travail pour peu de résultats, et on s’acharne en plus, avec toujours et irrémédiablement un train de retard sur la variabilité naturelle des ravageurs et parasites… Ces efforts là ne sont pas mis dans d’autres études peut être plus porteuses…
    De plus, en viticulture, la sélection clonale mène vers une grande homogénéité des vins (pour un terroir donné) à l’heure où la tendance va, me semble-t-il vers une meilleure valorisation de la typicité … Ne vaut il pas mieux travailler sur plus de variabilité, garante selon moi, d’une meilleure stabilité et d’une meilleure résilience face aux aléas ?

  98. [4] Seul marais cultivé en France à cette fin : terre tourbeuse, fertile chaude et humide. Le marais Audomarois s’étend sur 15 communes du Pas de Calais et du nord, il couvre 35m².

    Bonjour,
    Je ne suis pas sure que le marais ne fasse que 35 m2 !? Il représente environ 3 700 hectares.

    Cordialement.

  99. PRODUITS DE LUTTE BIOLOGIQUE QUE JE VOUDRAIS UTILISER SUR MES CULTURES. Où PEUX T-ON EN ACHETER ?

  100. Merci de votre intérêt. Je vous mets en contact avec Caroline par message perso. A bientôt.

  101. L’irstea planche sur de nouvelles approches en gestion de l’irrigation. Avec les quotas et l’augmentation du coût de l’énergie et les impacts environnementaux, il faut revoir les pratiques. Microirrigation, travail du sol, stockage de l’eau, culture moins gourmande, etc autant de pistes intéressantes à exploiter en parallèle

  102. Merci. Y-a-t-il un sujet que vous aimeriez développer ? ça nous intéresse !!!!

  103. Je tiens à dire que votre site se démarque par l’originalité de sa ligne éditorial, il est toujours bon de rappeler que l’agriculture n’est pas étranger aux innovations technologiques. Notre site e-ceres.fr dans ce même esprit concilie technologie et monde rurale.

  104. Cher JMS,

    Votre réflexion est intéressante et plausible. Je me suis fait arrêté par les Douanes d’Orly, mes importations de mycorhizes depuis la Californie il y a deux ans.

    Je suis donc sensible à ce problème.

    Il faut une précision la plus fine possible du contenu des produits pour savoir ce qu’on achète et applique aux sols.

    Mais d’une manière générale, la vie microbienne des sols supportera ces apports bactériens ou fongiques car, à l’instar des mycorhizes, les apports artificiels disparaissent après deux ans, remplacés par les champignons naturels et spontanés des sols. Il existe 200 espèces de champignons mycorhiziens courants et 40.000 espèces de champignons différents dans les sols. Autant pour les bactéries PGPR par exemple. La compétition entre toutes ces espèces ne permettra pas la domination d’un espèce. Cela ne s’est jamais rencontré depuis les décennies qu’on les utilise.

    Je ne vois donc pas de limite à ces utilisations de microorganismes dès lors que l’agriculteur ou le jardinier pratique les apports de matières organiques constant comme fumure de fond.

    Voir mes livres:

    « Agriculture biologique: une approche scientifique » GFA 2012
    « Biologie du sol et agriculture durable » GFA 2015

    Cordialement

    Ch. Carnavalet

    • Tout à fait d’accord, les sociétés doivent déclarer le plus finement les produits avec au moins les quantités, genre espèces et souches avec aussi des garanties minimales de stabilité, concentrations, absence de contaminants,…. Mais aussi des efficacités et des non toxicités, car il y a des bactéries ou champignons pathogènes pour la plantes, l’homme, l’animal ou les autres micro organismes. Cette réglementation de reconnaissance mutuelle ne permet pas de garantir ce minimum requis pour les bactéries et champignons .

      D’une manière générale, en deux ans des bactéries ou champignons peuvent être très bénéfiques, mais certaines peuvent faire des dégâts importants aussi ! il faut des garanties car certaines peuvent être dangereuses.
      JMS

  105. Bonjour JMS.

    Je ne fais pas tout à fait la même lecture que vous. Effectivement, en lisant strictement le projet de décret, on peut imaginer qu’il n’y a plus de garde fou. Les produits en reconnaissance mutuelle seront « facilement » homologués. Or, en cherchant un peu plus, et en analysant la notice explicative des dossiers de demande de reconnaissance mutuelle de l’ANSES, cela se complique sérieusement. L’ANSES demande un dossier très complet, analyse, et statue sur l’homologation du produit. Ce dossier doit comprendre des analyses sur la qualité, l’homogénéïté du produit, la non présence de pathogènes, ainsi que des essais d’efficacités. Le caractère « automatique » est donc très théorique.
    De plus, vous n’êtes pas sans savoir que c’est désormais l’ANSES qui délivrera les AMM. Il n’y aura donc plus de dissonances entre avis de l’ANSES et AMM.

    Gaëtan

    • d’accord Gaëtan. La question est donc de savoir si les matières fertilisantes, et les micro-organismes (à ne pas traiter comme des substances non vivantes !) qui sont autorisés dans un autre pays européen passeront par une évaluation , donc une homologation en France (par anses). Pour exemple, un produit autorisé en Italie par la norme dont j’ai parlé plus haut, qui n’a pas fait l’objet d’évaluation en Italie, sera t il automatiquement autorisé en France sans passer par la case anses ?

  106. En réponse à la question de JMS, pour être autorisée en France, une MFSC à base d’inoculum de micro-organisme doit disposer d’une AMM … délivrée par l’ANSES.

  107. Messieurs,
    Je veux me lancer dans l’agriculture.
    Aussi, souhaiterai-je avoir les offres de prix concernant les serres agricoles que vous utilisez ou fabriquez.
    Cordialement
    Henri OKEMBA

  108. Qui à écrit l’article «Le phosphore : un élément indispensable mais pas toujours disponible dans le sol» et en quelle année SVP.

    Merci

    • Il a été écrit en 2012 par O. Cor et JM. Sanchez respectivement ingénieur agronome et Ingénieur en agriculture. A bientôt !

  109. certains parlent de Pseudomonas lachrymans… ou d’autres du champignon Cladosporium cucumerinem….j’ai même eu des partisans du désordre physiologique… compliqué !

  110. Ping : Fertilisants innovants : l’évolution réglementaire peut nuire aux investissements R&D en France – o'collect

  111. Bonjour,
    Je constate que vous utilisez un drone pour la prise de vue.
    Les quelques photos que j’ai vu prise par drone sont fantastique avec des angles jamais utilisable auparavant.
    Connaissez vous des agricultures qui utilisent des drones à des fins d’aide à la décision ?
    Je suis intéressé par rencontrer des innovateurs dans le domaine.
    D’avance merci
    Gilles de Agrifind

  112. Nous n’en connaissant pas personnellement… Même s’il y a beaucoup d’articles sur le sujet… A bientôt !

  113. Bonjour,
    Je ne sais pas de quand date votre article, mais la notion de reconnaissance mutuelle est-elle encore valable aujourd’hui ?
    J’ai entendu que la réglementation en France va continuer à se durcir.
    D’avance merci

  114. Bonjour,

    De nombreux défis restent encore à relever dans le monde agricole. Des startups innovantes sont sur le coup (airinov, sencrop…) ! En complément des places de marché permettent aux agriculteurs de s’équiper aux meilleurs prix, par exemple de notre côté nous avons lancé un site dédié aux adhérents Triskalia (La Boutik).

    Merci pour l’article, cordialement

  115. Vos articles sont excellents !, pour faire une note d’humour je dirais qu’ils ressemblent beaucoup à leurs sujets (azote -phosphore-etc..)et en possèdent les mêmes avantages, en ce qui concerne l’approche, les connaissances,et le développement d’une vrai réflexion générale des sols …..Bref très nourrissant ! Merci

  116. En début de formation en viticulture je trouve cet exposé succinct , compréhensible et bien précis pour un débutant.