Nouveau fongicide sans résidus et sans classement toxicologique

30-04-2013

Un nouveau moyen de lutte biologique contre le botrytis de la tomate et les maladies racinaires (cultures ornementales et légumières)

Fongicide Prestop

Gliocladium catenulatum (PRESTOP) parasitant l’hyphe d’un Rhizoctonia

PRESTOP : un nouveau produit vient de recevoir une Autorisation de Mise en Marché fongicide sans résidus et sans classement toxicologique.

Prestop® est un fongicide à base de micro-organismes

(Gliocladium catenulatum souche J1446) qui permet de lutter, de façon naturelle, contre le botrytis de la tomate et la fraise, le didymella du concombre, mais également contre les maladies du sol (pythium, phytophtora, rhizoctonia et fusarium) en légumes, cultures ornementales et aromatiques.

Il s’agit d’une poudre mouillable à disperser dans l’eau. Il peut être appliqué par pulvérisation foliaire, par le système d’irrigation (goutte à goutte), par trempage ou arrosage, ou encore par incorporation au support de culture. Prestop est utilisable en agriculture biologique et en agriculture conventionnelle.

Ce Micro-organisme a été isolé du sol dans le cadre d’un projet de contrôle des agents pathogènes  de  céréales 1989-93. Il réduit  l’inoculum en interférant avec une ou plusieurs étapes du cycle infectieux du pathogène.  Le mode d’action est multiple :

  • Interaction directe avec le pathogène (mycoparasitisme)
  • Compétition pour l’espace et la nutrition
  • Induction de mécanismes de résistance chez l’hô

Botrytis de la tomateLa lutte Biologique peut consister en l’utilisation de Micro-organisme

(bactéries, champignons, levures, virus) pour protéger les cultures contre les ravageurs ou les maladies cryptogamiques.

Parmi les quelques applications disponibles sur le marché, certaines sont déjà anciennes comme par exemple le Bacillus thuringiensis. Très en vogue dans les années 1980 pour lutter contre la pyrale du maïs, il constituait à lui seul la moitié du chiffre d’affaire de l’industrie naissante du bio-contrôle.

Bien que les « Biopesticides » ne représentent aujourd’hui que 1 à 2% du marché Phytosanitaire mondial, la croissance attendue dépasse les 8% /an pour les 10 prochaines années.

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15 thoughts on “Nouveau fongicide sans résidus et sans classement toxicologique

  1. Nous devrions imposer les Biopesticides à tous les agriculteurs avec des aides financières afin qu’ils abandonnent leurs produits chimiques et ultra toxiques et que ceux-ci disparaissent définitivement de notre environnement .Mais qui pourra imposer cette solution afin de préserver notre santé ? Combien d’années faudra t-il encore attendre ?

    • Une réflexion des plus stupides ne pouvant absolument pas refléter la réalité économique ainsi que les difficultés incombant à la production agricole.

  2. Les biopesticides représentent effectivement une alternative très prometteuse au produits phytosanitaires chimiques. Attention cependant, à vouloir généraliser des alternatives au chimique, on se retrouve parfois avec des résultats qui peuvent être pires que les produits chimiques… Des insecticides biologiques (par exemple la roténone, extrait d’une plante, aujourd’hui interdite) sont beaucoup moins sélectifs que certains insecticides chimiques très spécifiques. De plus, ces molécules naturelles peuvent s’avérer beaucoup plus toxiques (pour l’homme et l’environnement) que certaines molécules de synthèse…
    Quand au fait de vouloir imposer de nouveaux produits aux agriculteurs, cela risque d’être contre productif… Ces nouveaux biopesticides efficaces finiront par s’imposer d’eux mêmes. N’oublions pas que les agriculteurs sont les premiers à désirer des produits inoffensifs pour leur santé (ce sont les premiers exposés au risques des produits phyto !). A la condition bien sûr qu’ils soient efficaces et économiquement valables. Ils sont aussi chefs d’entreprise et il faut qu’elle perdure…

    • En effet, le 100% naturel n’est pas une garantie d’absence de classement toxicologique ou d’absence de résidus. La roténone était utilisable en agriculture biologique avant d’être interdite.

  3. les bacillus thuringiensis semble éficaces sur les doriphores ,et sur les chenilles procésionel .Cependant,ne jouont nous pas aux emprentis sorcier,avec ce type de téchnologie ?quel est l’impact de ces produits sur les abeilles par éxemple ?

    • Les Bacillus thurgiensis sont homologués en tant qu’insecticides. La toxine de cette bactérie agit après ingestion par l’insecte. Concernant le Gliocladium J1446 du Prestop, c’est un fongicide (sans toxicité pour les abeilles) qui agit par hyperparasitisme (il parasite les champignons pathogènes) et par compétition. C’est une lutte biologique à comparer à l’utilisation d’insectes auxiliaires contre les ravageurs.

  4. je suis producteur de tomates ,est j’ai des problemes de pythium en pépiniere.je suis pret a employer ce produit .

  5. Merci de nous lire et de votre intérêt. J’ai transmis votre demande à Caroline d’ITHEC;
    A bientôt !

  6. Il est bon de rappeler à nos chères agriculteurs que le sol est un être vivant et qu’ils doivent en prendre soin pour mieux l’exploiter pour en tirer les meilleurs résultats et s’éloigner du néfaste qui peut nuire à la santé de l’homme par l’utilisation des produits synthétiques :c’est revenir à l’agriculture biologique.
    Merci et continuer à réveiller les agriculteurs .

  7. Votre commentaire est intéressant, mais il faut préciser certains points… Je crois que les agriculteurs savent mieux que personne qu’il est important de prendre soin de la terre. Pour eux, c’est leur principal élément de production. Si certains ne savent peut être pas encore comment s’y prendre c’est parce que, souvent, cela implique de remettre en question ce qu’ils ont appris, ce que l’on leur a transmis. Les agriculteurs biologiques, s’ils ont effectivement choisi un cahier des charges excluant les produits synthétiques, n’ont cependant pas forcément, implicitement, la bonne approche concernant le sol et la vie du sol. Les agriculteurs pratiquant ce que l’on nomme « l’agriculture de conservation », qui s’autorisent encore l’emploi raisonné de certains produits phytosanitaires (principalement des herbicides), ont bien souvent une meilleure approche du système sol et de sa biologie que de nombreux agriculteurs biologiques qui pratiquent encore le labour sans discernement, des rotations trop courtes, ou des applications massives et systématiques de bouillie bordelaise…
    De plus, comme précisé dans les commentaires précédents, ce n’est pas parce qu’un produit est biologique qu’il est pour autant non toxique. Le cuivre, s’accumule dans les sols, perturbe durablement sa microbiologie, le souffre peut empoisonner les abeilles, la roténone tue tous les insectes sans aucune sélectivité, l’huile de neem est un perturbateur endocrinien… Tous ces produits sont néanmoins dits « biologiques »…
    Enfin, vous parlez de « revenir à l’agriculture biologique ». L’argument le plus souvent employé par les défenseurs bornés d’une agriculture industrielle intensive est justement que l’agriculture biologique peut être considérée comme un « retour en arrière ». Ne leur donnons pas de grains à moudre. Prouvons-leur au contraire que les agricultures continuent d’évoluer, qu’elles tendent de plus en plus vers le même sens, que les querelles de clocher n’auront peut être un jour plus lieux d’être. L’agriculture biologique d’aujourd’hui n’est plus celle d’hier et comme elle continue d’évoluer, elle n’est pas encore celle de demain. Ce constat est valable pour les autres formes d’agricultures. Le nouveau fongicide décrit dans cet article est une preuve que sciences et techniques apportent encore chaque jour des éléments qui permettent à l’agriculture, biologique ou non, d’évoluer dans le bon sens.

    • Nous ferons certainement prochainement un sujet sur l’agriculture biologique, sa définition. il est vrai toutefois que certains produits dits « naturels » ne sont pas sans toxicité ou écotoxicité. L’aspect naturel (ne provenant pas de la chimie de synthèse, sans traitement chimique ?), est-ce là le seul critère d’inclusion dans la liste des produits utilisables en agriculture biologique ?

  8. Nous sommes en perpétuel renouveau au fur et à mesure des résultats de la science.
    Donc en tant qu’agriculteur j’adapte à chaque innovation positive mes choix et mon travail.
    Concernant la protection des productions il semblerait que du moment que c’est bio … c’est bon ! Et bien NON ; Ce n’est pas bon pour tous . je m’explique .
    Les matières actives naturelles ont aussi des incidences sur la santé et pas des moindres. certains multiplie par 2,5 le risque d’une maladies de Parkinson , d’autres sont neurotoxiques, d’autres présentent des irritations cutanées, etc…
    Beaucoup de progrès arrivent chaque jour, pour le bien du consommateur, de l’utilisateur et de l’environnement. Mais ne pas oublier que toute concentration de matières actives provoque des risques autant celle de la nature que celle de la synthèse.
    Nous avons encore beaucoup de question technique à résoudre et il est anormal de donner une matière active naturelle sans risque si je suis en bio et dangereuse si je suis en conventionnelle : c’est le même produit. Que chacun réfléchisse avant de donner des leçons.

    • En effet, ce n’est pas parce que c’est utilisable en bio que c’est dépourvu de risques et de toxicité. il existe des exemples concrets de produits dits « naturels » mais très toxiques (voir plus haut). Et je suis d’accord avec vous toute matière (naturelle ou pas) peut être dangereuse, le sucre à forte dose est dangereux, . Toutefois les matières actives naturelles ou de synthèses ont un classement toxicologique ou n’en ont pas. Selon moi, Il n’est pas question d’absence de risque car le « sans risque » n’existe pas, mais de niveau de risque.

      • 100 % d’accord avec vous JMS.
        Comme l’a écrit Paracelse, l’un des pères de la toxicologie, au XVI ème siècle « rien n’est poison, tout est poison, seule la dose fait le poison »
        Ainsi la considération naturelle ou chimique n’a rien à voir avec la toxicologie. La dose létale qui tue 50% d’une population de rat (DL 50) démontre également que des produits naturels peuvent être plus toxiques que des produits chimiques.
        DL 50 roténone (insecticide naturel) 2.8 mg/kg
        DL 50 bouillie bordelaise (fongicide naturel) 300 mg/kg
        DL 50 glyphosate (matière active du désherbant Round up) 2000 mg/kg (même si comparer la toxicité d’un herbicide avec un insecticide n’est pas très logique, le glyphosate est donné ici à titre d’exemple de molécule de synthèse)
        Mais les produits les plus anodins ont également un seuil à partir duquel ils deviennent toxiques :
        La DL 50 de l’eau est de 90g/kg (soit 6-7 litres pour un homme), celle du sucre 29.7 g/kg, celle de la vitamine C de 11,9 g/kg, celle du sel de table de 3g/kg et celle de l’aspirine 1.2 g/kg
        Attention cependant, car le dogme de Paracelse ne tient pas compte des effets d’accumulation (plusieurs fois une dose non mortelle peut devenir mortelle) ni des effets synergiques (effet « cocktail ») de certaines molécules avec d’autres… 2 molécules peu toxiques peuvent, ensemble, former un poison violent. Sans oublier d’autres considérations utiles en agriculture :
        – La bio dégradabilité d’une molécule. Vaut-il mieux une molécule moyennement toxique qui dure 20 ans ou une molécule très toxique qui dure 2 heures ?
        – Les produits de dégradation d’une molécule. Certains métabolites peuvent être plus toxiques et/ou plus rémanents que la molécule d’origine…
        – L’impact sur l’environnement et la biodiversité (la DL 50 varie d’un organisme à l’autre. Généralement donnée pour le rat, elle peut être beaucoup plus faible pour les organismes aquatiques par exemple…).
        Il reste donc encore de quoi intoxiquer les débats !