Qu’est ce qu’un intrant ?

10-05-2016

fertilisant agriculture

En agriculture, on appelle « intrants » les différents produits apportés aux terres et aux cultures, qui ne proviennent ni de l’exploitation agricole, ni de sa proximité. Les intrants ne sont pas naturellement présents dans le sol, ils y sont rajoutés pour améliorer le rendement des cultures.

Les principaux d’entre eux :

  • les produits fertilisants : engrais et amendements,
  • les produits phytosanitaires, de la famille des pesticides : produits utilisés pour l’éradication des parasites des cultures.
  • les activateurs ou retardateurs de croissance,
  • les semences et plants.

Plus généralement on entend par intrant tout produit nécessaire à la marche d’une exploitation agricole. Cela va du matériel agricole aux honoraires du vétérinaire.

Depuis quand parle t’on d’intrants ?

Les principaux intrants que connaît et utilise notre agriculteur du XXI ème siècle sont progressivement apparus entre les deux guerres avec l’essor de la chimie.

La « révolution verte » (1960/1990) a permis dans une logique d’industrialisation (utilisation de céréales à haut potentiel de rendement) l’introduction de plus en plus massive de certains d’entre eux, comme les  fertilisants et les phyto.

Mais à la fin du XXème siècle une prise de conscience aiguë de la nécessité de préserver l’environnement conduira (automne 2007) au Grenelle de l’environnement, organisé en France.

C’est en effet au cours de ce sommet que la décision, entre autres, de réduire pour moitié – en l’espace de 10 ans – l’utilisation des phytosanitaires en cultures sera actée.  On voit ici comment la notion d’ « intrant » en agriculture est apparue et a évolué au cours des cent dernières années. Combien cette évolution est encore en marche en ce tout début de siècle…

Si les intrants sont, au sens le plus large, nécessaires à la marche d’une exploitation agricole –  notre agriculteur ne peut en effet se suffire à lui-même, fonctionner sans faire appel à des éléments extérieurs – la nature de certains des intrants se voit aujourd’hui interrogée, chahutée…

Et si l’image d’Epinal d’un beau poulet né à la ferme, copieusement nourri de vers issus du sol de l’exploitation, picorant exclusivement les céréales y étant produites semble encore tout droit sortie d’une histoire enfantine, l’agriculteur doit aujourd’hui repenser sa façon d’être et d’agir. Se mettre à la recherche de nouvelles solutions, en quête de nouveaux intrants. Intrants compatibles avec une agriculture économiquement viable et que respectueuse sur le long terme des lieux où elle s’exerce.

Et vous ? Quelle place prennent les intrants dans votre exploitation ? Etes-vous  en attente de nouveaux intrants ? Nous attendons vos commentaires !

NP

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3 réflexions au sujet de « Qu’est ce qu’un intrant ? »

  1. je voudrait savoire si ya des solutions pour remplacer les produit des fertilité non biologique c’est a dire l’uré le NPK les pesticide et autre ?

    • vaste question… En récoltant les plantes ou leurs fruits/graines, nous exportons de l’azote, du Phosphore,….(n’oublions pas les éléments secondaires et les oligo-éléments). Il faut bien les remplacer à long terme. Cela peut se faire par des apports d’engrais minéraux, ou de la matière organique ou des bactéries rhizobium fixatrice d’azote sur légumineuses,….La question pourrait être: la plante exploite-elle les ressources du sol ? les apports d’engrais sont-ils réellement efficient, quid des pertes par lessivage ou volatilisation,… ? Le sol permet-il de capter ces éléments nutritifs, les stocker éventuellement et les restituer à la plante ? La plante a-t-elle le système racinaire pour explorer ce sol et assimiler les éléments nutritifs ? ….Ce n’est pas simple !!
      C’est pour cela que nous parlons de plus en plus d’agronomie, de fonctions du sol (porosité, vie biologique, humus,….). En effet, La FERTILISATION (ce que l’on apporte à la plante) ne constitue qu’une part, souvent indispensable, de la NUTRITION (ce que la plante consomme réellement), mais une part insuffisante. Dans certains cas, il est possible d’optimiser ou réduire la fertilisation sans nuire à la nutrition de la plante.
      Nous ferons un article prochainement sur ce sujet.
      Quant aux pesticides, je vous renvoie sur notre article concernant les LMR avec la définition des pesticides. ils peuvent être chimiques, extraits naturels de plantes, micro-organismes,….L’objectif peut aussi d’utiliser des pesticides moins toxiques et sans résidus peu importe leur nature. Il existe aussi des solutions pour limiter, complémenter, raisonner, voir remplacer dans certains cas leurs usages, c’est un peu l’objet de ce blog pour tenter de parler de toutes ces solutions innovantes ou ancestrales (rotations culturales, insectes auxiliaires, micro-organismes auxiliaires, Couverts végétaux…..) Mais il convient en même temps de maintenir la productivité et la rentabilité des exploitations agricoles. Ce n’est pas si simple non plus !!

  2. Je suis d’accord avec JMS, on peut faire de l’agriculture sans aucun produit chimique, mais pas sans aucun amendements. La vrai question, c’est : peut on obtenir les mêmes rendements ?
    L’agriculture biologique n’utilise aucun produit chimique de synthèse. L’Institut Rodale de Pennsylvanie a publié une étude comparative sur 30 ans, qui conclu que l’agriculture biologique permet les mêmes rendements (maïs, soja, blé) que l’agriculture intensive…
    Il ne faut pas oublier que l’agriculture utilise la chimie de synthèse (fertilisants et produits phytosanitaires) depuis moins de 60 ans…
    La science et la technique doivent maintenant permettre à l’agriculture de continuer d’évoluer vers plus de rendements sans impact sur l’environnement. Les pistes citées par JMS et décrites sur ce blog sont les bonnes ! (rotations culturales, insectes auxiliaires, micro-organismes auxiliaires, Couverts végétaux…..)