Le bio : rendement inférieur, emploi supérieur

09-07-2012
Agriculture nouvelle : blog sur le monde agricole les intrants, les pratiques culturalesUn article publié en avril 2012 dans la revue Nature compare les performances de l’agriculture conventionnelle et de l’agriculture biologique. Les auteurs ont comparé 66 études ; ils calculent que l’agriculture biologique a un rendement à l’hectare inférieur de 25% en moyenne. Cependant les rendements comparés par type de culture sont très inégaux. On note ainsi que la culture en bio ne fait baisser que faiblement les rendements de certaines cultures.
Les légumineuses cultivées en bio ont un rendement inférieur de 8 % environ à celles issues de l’agriculture conventionnelle ; les oléagineux -11%, les vivaces -7 % environ, dont les fruits -3%. A l’opposé, certaines cultures voient leurs rendements baisser fortement quand les normes bio sont appliquées : le blé bio est quasiment à -40% de rendement à l’hectare, l’avoine -33% environ. La principale conclusion de cet article réside dans le constat que l’agriculture bio ne pourra pas nourrir la planète sans agrandir les surfaces exploitées.
Cependant les auteurs soulignent les dizaines d’années de retard en Recherche & Développement de l’agriculture biologique par rapport à l’agriculture conventionnelle. Sur les vingt dernières années, on estime à 1% la part du bio dans les budgets cumulés de R&D agronomique.
Cette étude met des chiffres sur une réalité nationale : le maraîchage, l’horticulture et les cultures fruitières sont bien représentés en bio. D’après l’AGRESTE, fin 2011, l’agriculture biologique concerne 4,5 % des exploitations françaises, avec une progression annuelle de 12,3%. Du point de vue des surfaces, en dépit d’une bonne croissance, le bio est à 3,5% de la surface agricole utile (SAU), loin des 6% fixés par le Grenelle pour 2012 et des 20% de la SAU pour 2020.
Les consommateurs et les collectivités sont toujours plus demandeurs de produits bio, la France continue d’en importer 32%. Le développement du bio localise les emplois pour nourrir les consommateurs locaux. En effet, l’agriculture bio recourt plus fréquemment à la transformation des produits et aux circuits courts de distribution. Et l’AGRESTE constate que le bio est plus consommateur de travail, à l’exploitation, quels que soient les produits concernés.
Que pensez-vous des différences entre l’agriculture conventionnelle et l’agriculture biologique que cette étude met en avant ?

Centaurée bleu agriculture nouvelle

Source : V. Seufert, N. Ramankutty et J. A. Foley, article dans la revue Nature (04/2012) http://www.nature.com/nature/journal/vaop/ncurrent/full/nature11069.html.

YGDL

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