Vendanges : récolter ni trop tôt, ni trop tard

05-11-2016
Vendanges choisir la date

CR J. Cassagnes

Pour qu’un raisin soit « mûr » et prêt à être récolté, il doit avoir atteint l’optimal de plusieurs maturités. La première, dite «technologique », est déterminée par la concentration en sucre, donc en degrés d’alcool potentiel. Leur taux augmente au fur et à mesure de la phase de maturation. La maturité technologique est atteinte lorsque l’accumulation de sucres est maximale. Elle est aussi évaluée par l’acidité du raisin, par son acidité totale (en g/l d’H2SO4) et son pH. L’acidité tend à l’inverse à diminuer fortement au cours de la maturation et à maturité, le rapport sucre/acidité est élevé. Pendant cette phase de maturation, qui dure entre 30 et 45 jours, le volume des baies est par ailleurs multiplié par deux. La maturité technologique est aussi la plus « basique », donc très couramment utilisée pour le suivi de maturité des raisins rouges et blancs.

La seconde est la maturité « phénolique ». Elle est estimée grâce à la couleur et à la quantité de polyphénols -anthocyanes et tanins- présents dans le raisin, leur qualité, ainsi que leur extractibilité. Pour les vins rouges, la maturité phénolique correspond au taux maximal d’anthocyanes facilement extractibles, provenant essentiellement de la pellicule des raisins.

Les tanins, contenus dans les pépins, pellicules, rafles ou pulpes, ont également leur importance. Ils jouent un rôle d’anti-oxydant, d’antiseptique, dans la stabilité de la couleur des vins rouges et donnent de l’astringence, donc du « corps » au vin. La maturité phénolique est choisie en fonction de l’objectif « produit » : vin plutôt « fruité », « léger » avec délai de commercialisation rapide, ou vin plutôt de garde, structuré, charpenté, à délai de mise sur le marché plus long. Dans ce cas précis, on recherchera une maturité phénolique avancée. La maturité phénolique permet donc d’affiner la meilleure date de récolte, en complément de la maturité technologique.

On parle aussi de maturité « aromatique », qui s’ajoute aux deux premières. Pendant la maturation, se forment des arômes ; leur quantité et leur qualité ne cessent d’augmenter pendant cette phase, jusqu’à une certaine limite. Les conditions climatiques sont déterminantes : un climat très chaud a pour conséquence une maturation aromatique trop rapide ; l’intensité et la qualité des arômes ne seront pas forcément les meilleures. La maturité aromatique détermine donc le moment où les arômes du cépage sont les plus expressifs, chaque cépage ayant ses arômes types.

Toute la difficulté pour le vigneron tient au fait que les teneurs optimales de ces différents composants n’arrivent pas forcément au même moment. La maturité technologique est, dans les régions méridionales, souvent atteinte avant la pleine maturité phénolique, obligeant les vignerons à devoir attendre avant de récolter, alors que les raisins ont déjà trop de degrés potentiels. Choisir la meilleure date de récolte revient donc finalement à trouver le meilleur compromis entre les différentes maturités…

Sans oublier le fait que l’état sanitaire, lui, tend à se dégrader si l’on attend trop… En résumé, la meilleure date de récolte, c’est… ni trop tôt…ni trop tard !

JC

2 réflexions au sujet de « Vendanges : récolter ni trop tôt, ni trop tard »

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