Ver de terre

09-07-2013

vers de terreLe saviez- vous ?

 

Le ver de terreLombricina ou lombric – est tout sauf un animal banal ! Sachant se rendre quasi-invisible sans être microscopique, silencieux travailleur de l’ombre et de l’extrême, il a captivé l’Homme des civilisations anciennes et fascine encore l’Homme moderne !

Quelle est son origine ? Comment apparaît-il ? Que fait-il exactement dans la terre ? Questions qui ont tout naturellement placé, dans l’Antiquité notamment, le ver de terre au cœur de légendes et de mythes sur l’origine de la vie ! D’une certaine façon, les hommes avaient compris avant que la science ne le démontre, que le ver de terre avait une fonction essentielle au sein de l’éco système.

Un peu d’histoire pour mieux comprendre

En INDE, Krishna, comme la plupart des enfants met dans sa bouche une poignée de terre avec un ver. Aussitôt, sa mère Dévahi se précipite pour lui ouvrir la bouche, on dit alors qu’en l’entrouvrant elle y a vu l’Univers.

En GRECE, dans l’Antiquité (1ère période de l’histoire connue d’une civilisation qui coïncide avec le début de l’écriture), les vers sont appelés « les intestins de la terre », formule imagée, ô combien juste si l’on considère la réalité et les découvertes à venir !

En EGYPTE, toujours durant l’Antiquité, les vers sont bien connus dans la vallée particulièrement fertile du Nil. Ils y jouissent d’une grande considération. CLEOPATRE désigne à cette époque le ver de terre « animal sacré », c’est la plus haute distinction jamais accordée au ver de terre dans l’histoire ! Il était même demandé aux agriculteurs de ne pas déranger les vers pendant leurs travaux !

En Haute Bretagne, le corps de l’Homme était selon les croyances habité par trois vers, si un homme se noyait, chacun de ces 3 vers s’incarnait en un ossement. En se séparant de l’homme noyé, ces 3 ossements se transformaient 3 mois plus tard en coquillages, eux aussi au nombre de 3 (chiffre sacré chez les Celtes).

Les exemples très nombreux, ne pouvant tous être cités, montrent combien le ver de terre hante l’imaginaire de l’Homme depuis toujours. Instinctivement, il l’associe à la fertilité, au thème de la transformation, au cycle de la vie et par-dessus tout à l’équilibre de la terre. Entre la période antique et le début du 19ème siècle (DARWIN 1809/1882), on semble moins s’intéresser au ver de terre, peu d’écrits ou d’informations paraissent  à ce sujet.

Au 19ème et début 20ème, le ver de terre est plutôt considéré comme malfaisant. Dans les cours d’agriculture de l’abbé François ROZIER (botaniste et agronome français 1737/1793), un chapitre traite des aspects nuisibles de l’animal. L’agronome  préconise même la destruction des vers, allant jusqu’à décrire les moyens d’y parvenir comme : les collecter la nuit en silence à l’aide d’une lanterne ! De rares naturalistes de cette période ont néanmoins compris l’importance des vers, dont l’anglais Gilbert WHITE (également ornithologue) considéré comme l’un des pionniers de l’écologie.

Mais c’est Charles Robert DARWIN, naturaliste anglais (1809/1882) qui redonnera au ver ses « lettres de noblesse » ! Et on peut parler de la popularité des vers de terre avant et après DARWIN. En 1881, 20 ans après « De l’origine des espèces » qui a révolutionné la biologie, DARWIN publie son dernier ouvrage : « La formation de la terre végétale par l’action des vers de terre avec des observations sur leurs habitudes ». C’est un ensemble de textes qui remet totalement en cause les idées que l’homme a de la nature et de sa vie souterraine.

L’utilité des vers de terre mise au jour par DARWIN s’est vite imposée en agriculture mais aussi bien au-delà, en dehors des milieux spécialisés. Ce savoir n’a depuis cessé de s’enrichir.

NP

4 thoughts on “Ver de terre

  1. Merci pour cet article très intéressant !
    Pour ajouter encore au rôle primordial des vers de terre, on peut préciser qu’ils représentent la plus grosse biomasse animale sur terre. Près de 80% du poids total des animaux terrestre sont constitués de vers de terre ! Avec en moyenne une tonne hectare et jusqu’à 4 tonnes ha dans une praire permanente en bonne conditions (jusqu’à 4 millions d’individus).
    Et lorsque l’on sait que ces travailleur infatigables peuvent creuser plus de 500 galeries au mètre carré, que ces galeries, en l’absence de travail du sol, peuvent rester en place plusieurs années, on obtient alors l’équivalent d’un tuyau de plus de 10 cm de diamètre par mètre carré de sol ! Dans ces conditions, plus de problèmes d’infiltrations ni d’aération ! Un bon argument en faveur des techniques sans labour.
    Et c’est sans compter leurs intérêts pour la fertilité du sol. 40 à 100 tonnes de turricules sont produits annuellement sur un hectare. Ces « cacas de vers » contiennent en moyenne 5 fois plus d’azote, 7 fois plus de phosphore et 11 fois plus de potassium que la terre environnante.
    Oui, décidément ces sacrés animaux méritent bien d’être des « animaux sacrés » !
    Bravo pour cet article qui leur rend l’hommage qu’ils méritent !
    A Darwin de conclure mon commentaire : « J’ai donc été amené à la déduction que toute la terre végétale du pays est déjà passée de nombreuses fois par les voies digestives des vers, et y passera encore beaucoup »

  2. avez-vous entendu parle d’un vers plat qui parasiterait les lombrics ? il serait originaire de l’hemisphere sud et il me semble avoir vu passer une actualite provenant de Bretagne ?