Viticulteurs biologiques, attention au risque de tassement de vos sols

25-09-2016

Vignes en automne

Les agriculteurs, viticulteurs et maraîchers biologiques s’interrogent de plus en plus sur l’impact que peuvent avoir leurs techniques culturales sur la qualité de leurs sols. Ce mode de culture implique en effet une multiplication des interventions – donc des engins de passage – provoquant des problèmes de tassements des sols et de dégradation importante de leur structure. En viticulture biologique, une récente étude de l’INRA(*) a même montré que le travail du sol avait « un effet négatif marqué sur le fonctionnement biologique du sol », en diminuant fortement la présence des vers de terre.

Pour cette culture, il est par exemple assez fréquent de rencontrer des viticulteurs qui avoisinent une vingtaine d’interventions mécaniques sur une même campagne. Un nombre élevé mais nécessaire au bon entretien du sol et de l’état sanitaire de la vigne, surtout si les conditions sont humides.

Mais des leviers techniques existent pour diminuer ce risque de tassement. Concernant les interventions elles-mêmes, l’objectif principal est bien sûr de tout faire pour diminuer le nombre de passages, par exemple en associant plusieurs façons culturales : tonte et rognage, travail du sol sous le rang en même temps que dans l’inter-rang, ….

On peut également jouer sur la « géométrie » des passages d’engins dans les rangs : privilégier l’unicité plutôt que la multiplicité des voies de passages des roues, ainsi que des passages les plus éloignés possibles des ceps. Il est aussi conseillé d’utiliser des pneus basse pression, d’éviter les façons culturales profondes et, très important, de prendre en compte l’état d’humidité du sol avant toute intervention. Pour l’entretien du sol, des techniques alternatives peuvent aussi être employées : enherbement sous et/ou dans le rang quand c’est possible, sinon enherbement permanent uniquement dans les inter-rangs de passage des engins, recours à des mulchs ou encore implantation d’engrais verts pour restructurer ses sols.

Véraison

Enfin, une bonne connaissance de ses sols – état organique, calcique et texture, avec une plus grande prise en compte de celle-ci – reste un pré requis essentiel, ces paramètres influençant directement le risque éventuel de tassement. Des outils simples d’observations des sols existent et doivent être utilisés.

JC

*Thèse de Patrice Coll, qui a étudié l’évolution de la qualité de sols viticoles suite à une conversion en bio (SupAgro Montpellier – décembre 2011
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