Viticulture : témoignage d’un passage en bio

04-09-2016

Viticulture : le témoignage du passage en bio, par Arnaud de Labarre, propriétaire exploitant du Château Laplanotte Bellevue dans le Saint Emilion.
Le travail de sa terre a peu changé par rapport à avant la conversion. Depuis les 3 années de conversion la lutte contre les maladies, elle a changée. Pour rebondir sur sa remarque concernant le tassement des sols, nous en parlons aussi !

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2 réflexions au sujet de « Viticulture : témoignage d’un passage en bio »

  1. J’aimerai comprendre les réelles motivations de cette reconversion chez ce sympathique viticulteur.

    Il évoque la reconnaissance de son travail :
    « J’ai toujours travaillé mes sols et mon travail n’était pas encore vraiment reconnu, donc j’ai décidé de franchir le pas et de passer au bio sachant que pour moi il y avait une différence principalement au niveau des traitements, au niveau de la protection phytosanitaire pour le vignoble. »

    Avant cette reconversion, il était dans une démarche raisonnée : adaptation de la lutte phytosanitaire en fonction du risque parasitaire. Travailler le sol ou laisser le couvert végétal sur la moitié ou la totalité des allées n’est pas un critère de viticulture biologique. En travaillant le sol, on amplifie la minéralisation de la matière organique apportée au sol, mais cultiver la terre à des inconvénients, notamment sur la vie des lombrics, précieux alliés des agriculteurs.

    Combien de traitement phytosanitaire en plus sur cette campagne ? Quelle consommation de carburant supplémentaire par rapport au conventionnel (j’y incorpore la viticulture raisonnée) ?

    Le métier de viticulteur passe par la lutte incessante contre une biodiversité menaçante : contrôler les mauvaises herbes, combattre les parasites. Bio ou pas, les objectifs sont les mêmes. Les traitements flavescences sont obligatoires chez tous les viticulteurs lorsque le vignoble se situe dans le périmètre de protection. La lutte prophylactique est la clef de voute à ce fléau, en arrachant les ceps atteints par le virus mais, elle ne peut-être vraiment efficace que complétée par la lutte insecticide. Le Pyrévert est-il un produit vraiment performant ? La viticulture conventionnelle n’assure t-elle pas la meilleure protection phyto contre cette cicadelle vectrice du virus en protégeant la majorité des vignobles ?

    Concernant l’accumulation du cuivre métal provenant de l’utilisation répétée de la bouillie bordelaise (responsable de la stérilité des sols dans certaines situations et de la baisse des populations des vers de terre) qui ne se dégrade pas dans le temps contrairement aux produits de synthèse : Est-ce vraiment une avancée en termes de protection environnementale ?
    En fonction des millésimes, à la récolte, le cuivre peut se retrouver en forte concentration dans le moût, de plus, il nuit à l’expression aromatique du vin, en terme de qualité produit, le choix de cette culture débouche t-il sur une amélioration qualitative du vin que l’on déguste ?

    Le cahier des charges trop strict et sectaire du Bio ne va-t-il pas à l’encontre de ses objectifs premiers, moins polluer l’environnement et produire meilleur ?

    Je trouve navrant que ce vigneron (qui me parait pourtant honnête et charmant) puisse tomber dans cette mouvance imposée par la croyance naturaliste actuelle. Et pourquoi dans ce cas là, ne pas passer directement à la biodynamie ?

    Je conçois que mon commentaire peut paraître un peu dur envers cette agriculture, mais j’ai tendance à penser que le bio est la nouvelle religion à laquelle il est obligatoire de se convertir pour que le Dieu Nature veuille bien absoudre tous nos péchés terrestres…

    Amicalement,

    Un conventionnel viticulteur.

    PS : Un grand bravo à ce blog. Continuez, c’est passionnant !

    • Bonjour Olivier,
      tout d’abord merci pour vos encouragements. Vous prenez le temps d’argumenter. C’est toujours intéressants pour nos lecteurs et pour nous !
      Votre avis est aussi très intéressant. Il met sur la table des questions redondantes sur l’agriculture biologique (le cuivre et son accumulation, traitement de la flavescence, nombre de passage…) auquel il serait intéressant d’avoir des réponses. Nous avons d’ailleurs parlé du tassement de sols en viticulture bio dans un autre article. Nous ne manquerons pas de demander à Arnaud de Labarre s’il peut donner son sentiment, mais quoi qu’il en soit le débat est ouvert !!
      Dans tous les cas, le « BIO » étant le seul label vraiment reconnu par le consommateur final aujourd’hui, c’est peut-être pour ça que certains « franchissent le pas ».
      A très bientôt